dimanche 19 février 2012

Interroger les mystères

Mosa, fillette de la tribu  Mohave -Edward Curtis

Le regard de cette petite fille (qui ressemble beaucoup à ma fille...) semble interroger les mystères de ce Féminin que l'être humain a relégué au royaume des ombres. Elle pourrait être la pure Vassilissa cheminant dans la forêt profonde, à la recherche du feu perdu par des générations de femmes et d'hommes réduits en cendre (ou en Cendrillon...). Je lis une immense tristesse dans ce regard; elle regarde certainement celui qui la photographie. Elle semble parfaitement comprendre qu'il la considère comme un animal en voie de disparition dont on garde un trophée... J'ai été d'abord frappée par la beauté des clichés d'Edward Curtis puis j'ai lu sa biographie et mon enthousiasme est retombé:

"En fait, il ne s’intéressa guère à ceux qui présentaient des signes trop évidents d’acculturation ; il exigeait de ses modèles une certaine pureté des mœurs. Son projet était soutenu par le grand industriel, financier et philanthrope new-yorkais John Pierpont Morgan et par le président Theodore Roosevelt, pour qui il entendait enregistrer « tous les aspects de la vie dans toutes les tribus demeurées à un stade primitif » afin d'immortaliser ce qui pouvait être sauvé de ces cultures sur le point de disparaître, dans leur forme originelle." "(wikipedia)

Il est étrange de voir à quel point ceux qui ont perpétré le génocide des cultures amérindiennes ont éprouvé le besoin de collecter autant d'informations sur eux...Il faut bien comprendre pour séparer ceci de cela que ceux qui ont fondé notre monde dit "civilisé", établissant la raison cartésienne, humaniste et le matérialisme au-dessus de toute valeur, n'ont jamais en réalité partagé cette vision réservée aux masses incultes pour les rendre manipulables à souhait (en les coupant de leur nature véritable). Nos maîtres fondateurs (et leurs successeurs)  au contraire, extrêmement superstitieux,  ont toujours secrètement rêvé à l'instar de la marâtre du conte, de dérober le feu sacré à Baba Yaga. Ne pouvant y aller eux-même - n'ayant pas le coeur pur leur permettant de bien répondre aux questions-piège de la redoutable sorcière - ils utilisent des moyens détournés, sacrifiant ce que l'humanité a de plus beau.

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Tout le monde interroge les mystères. Mais tout le monde n'a pas les mêmes intentions.

Tout comme Vassilissa, on se pose des questions; des questions qui nous brûlent la langue ou qui nous brûlent tout court, en particulier dans des moments critiques de notre vie, quand décidément, malgré le système bien huilé qu'on veut nous vendre, tout va mal.

De façon très ironique, la formule "gagner sa vie" est une réalité en ce monde. Être vivant, réellement, je veux dire, de façon authentique et complète, ne peut se faire par les chemins communs qu'on nous fait emprunter. Pour être pleinement en vie, non seulement ces questions sont incontournables, mais il faut avoir le courage de tout désapprendre pour pouvoir espérer en trouver la réponse. Désapprendre par exemple que la mémoire a un rôle a jouer dans la véritable connaissance. Désapprendre que cette connaissance doit être acquise alors qu'elle est innée, lovée dans nos profondeurs, dans le silence de l'oubli, là où nul ne pense aller (comme la forêt de Baba Yaga), telle une graine minuscule (voir la magnifique parabole du grain de Sénevé...) que Dieu aurait planté en nous.

Avant même de chercher à décoder l'univers extérieur (sans fin), il faudrait commencer à décoder son intériorité. Suivre la voie ésotérique dans le sens premier du terme: aller vers l'intérieur, aller vers soi...(voir le rêve du Ver à soie!). Interroger les mystères, c'est comme accomplir les mystères d'Eleusis; c'est descendre dans nos profondeurs  afin de trouver la réponse, cette graine divine que nous devons éclairer afin d'en permettre la germination. La graine pour germer n'a-t-elle pas besoin de lumière?
Source

Et si la réponse ne peut être accessible par le mental c'est qu'en réalité, ce que nous recherchons n'est pas une formule mathématique, philosophique ou même magique, mais bien une énergie. Le Verbe de Dieu est une énergie infiniment disponible à chaque instant qui demande pour nous remplir de son Souffle une pleine attention. Une pleine attention qui signifie en réalité faire le vide. C'est aussi la véritable prière: laisser en soi toute la place à Dieu en se faisant petit, humble, en se retirant assez pour qu'Il nous remplisse.

Les héros des contes de fée, les archétypes, les dieux de la mythologies représentent bien des énergies particulières. Or qu'est-ce que l'énergie?
C'est un vide-plein, c'est à dire un potentiel. Il y a dans l'univers des rythmes précis qui ordonne les flux d'énergies; or si nous ne sommes pas connecté à la part de nous qui "connait" ces rythmes,  nous laissons le chaos régner en nous. Et le chaos appelle le chaos par la loi incontournable de l'attraction. Et la part de nous qui "connait" dans l'instant, sans même un effort de mémoire, c'est bien notre part divine, cette graine minuscule qu'il nous revient de cultiver.

Plonger en soi en interprétant les rêves nocturnes par exemple, permet de comprendre comment s'articule nos énergies intérieures. Nous découvrons alors qu'il y a des discordances, des déséquilibres,  qui se sont installés au fil de temps, parce que nous avons appris depuis l'enfance à vivre extérieurement, à vivre coupés de nous-même et de ce potentiel en friche qui nous habite. Tout ce qui a trait à ces énergies intérieures a été 
relégué au monde irréel, inaccessible comme celui des contes de fées réservés aujourd'hui exclusivement aux enfants. On nous apprend que devenir adulte c'est renoncer à croire au monde merveilleux du "il était une fois" et rentrer de plein pieds dans la monde glacé du rationnel et de l'extériorité. Quelle erreur!

Devenir adulte, c'est justement passer comme Alice de l'autre côté du miroir, et visiter ce "merveilleux", cet infini possible qui nous habite. C'est l'histoire du héros pauvre et démuni qui découvre un royaume et qui au final, en épousant la princesse (le Féminin retrouvé ce pouvoir caché de notre intériorité) va en devenir le souverain. Être adulte n'est-ce pas se connaître et accéder à une certaine maîtrise de soi?

Ces énergies intérieures sont à harmoniser; elles sont ce fameux mystère que nous interrogeons non pas pour obtenir une réponse figée, définitive, mais pour connaître la façon de les gérer au mieux, selon les mouvements de la vie. Elles sont notre réalité car tout ce qui va advenir du monde extérieur, les rencontres que nous allons faire dépendent d'elles. Elles sont la source dans laquelle naissent nos pensées, nos désirs, et la matière qui nous compose et compose le monde (c'est pourquoi beaucoup cherchent à en connaître le fonctionnement...). Tout ce qui nous arrive est en pleine résonance avec ces énergies. Cette loi de l'attraction des énergies explique aussi le phénomène de la synchronicité.

Interroger les mystères, c'est commencer à tracer une carte à travers ce territoire inconnu que nous sommes, afin de retrouver le chemin vers l'unité, seule possible à celui qui reprend les rênes de son royaume.





11 commentaires:

  1. Magnifique, comme d'habitude.

    Je me demande comment il est bien possible que tu puisses aussi bien exprimer ce qui à la fois est au plus proche de nous et est autant universel.

    C'est certainement que la vie, connectée à elle-même est, dans le principe, profondément universelle.

    Je crois, Nout, que "ceux qui ont fondé notre monde dit civilisé" ont non seulement massacré les cultures extérieures mais ont également massacré les cultures locales. Emile Guillaumin, dans son livre "la vie d'un simple", décrit bien ce que pouvait être un paysan français au XIXème siècle. En bien des points, il peut nous faire penser à certains amérindiens. Peut-être ce paysan français était plus "infantilisé" car longtemps conditionné par des des siècles de domination "religieuse" mais il pouvait tout à fait avoir des expériences mystiques.

    L’histoire de la troisième République nous apprend aussi que son entreprise a été celle d'un lissage complet des particularités régionales, d'une complète rupture avec le soi profond.

    La seule différence entre ces deux types de massacres est que si le premier a été expéditif et exclusivement contraignant, le second s'est échelonné dans le temps et a pu se faire avec le concours de quelques "autochtones". En effet, ces derniers ont pu être séduit par la toute puissance et l'enrichissement que conféraient la logique cartésienne.

    Aujourd'hui, pour que s’opère un véritable changement, il nous faut prendre conscience de cette cupidité qui est en chacun de nous. Il nous faut comprendre que, d'une manière générale, la jouissance, la richesse et la réputation ne sont pas synonymes de bonheur (et que de toute manière la Terre ne produira jamais assez pour l'avidité de tous (cf Gandhi)). Seule cette prise de conscience collective parviendra à nous faire prendre nos responsabilités et à nous faire sortir de l'impasse politique dans laquelle nous sommes. Les "systèmes" économiques occidentaux fonctionnent essentiellement grâce à l'espoir que les occidentaux entretiennent d'être riche "extérieurement" ou de le rester. Il nous faut prendre conscience que nous ne serons peut-être jamais riche et qu'il est vain d'espérer conserver cette pseudo richesse. Ce n'est pas pour ça que l'on ne sera pas heureux. Au contraire ...

    A mon sens, il ne s'agit pas de s'imposer une quelconque pauvreté, encore moins de retourner vivre dans "une caverne". Il s'agit simplement de vivre justement, de vivre sans démesure.
    C'est à nous de relever ce défi. Nos responsables politiques ont assez fait preuve de leur incapacité à gérer correctement nos sociétés pour que nous puissions encore croire qu'ils puissent réellement faire quelque chose.

    Il nous faut avoir confiance en nous. Ce n'est pas parce que certains ont utilisé le pouvoir à leurs propres fins ou à des fins mercantiles que nous ferons la même chose. L'intérêt général existe bel et bien. Ce n'est pas parce que nos politiques l’ont oublié, qu'il n'existe pas et qu'il nous faut faire une croix dessus.

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    1. Bonjour Kevin,

      et merci pour ta lecture et ton bel écho.:)


      [C'est certainement que la vie, connectée à elle-même est, dans le principe, profondément universelle. ]

      Je crois qu'il faut comme elle rester libre, ne s'enliser dans aucun courant religieux, philosophique, essayer d'être libre au maximum de ses croyances. N'appartenir à rien. Appartenir au Rien (source de toute vie). Courir comme un ruisseau, souple, entre les herbes, les pierres, ne laisser derrière soi qu'une caresse, un chant, mais continuer son chemin.
      Vouloir appartenir à quelque chose dans la matière c'est figer notre nature sauvage.

      Ne pas croire en ce monde c'est faire la paix avec soi. Ce monde qui se coupe de la nature, de la simplicité de la vie n'a aucun sens.


      [Je crois, Nout, que "ceux qui ont fondé notre monde dit civilisé" ont non seulement massacré les cultures extérieures mais ont également massacré les cultures locales. Emile Guillaumin, dans son livre "la vie d'un simple", décrit bien ce que pouvait être un paysan français au XIXème siècle. En bien des points, il peut nous faire penser à certains amérindiens. Peut-être ce paysan français était plus "infantilisé" car longtemps conditionné par des des siècles de domination "religieuse" mais il pouvait tout à fait avoir des expériences mystiques.]

      Je crois comme toi, bien sûr. L'expérience mystique est à la portée du plus ignare. La véritable connaissance ne s'apprend pas dans les livres, à la télé, ou dans les écoles. Elle s'apprend par le coeur, dans le silence d'un soir d'été, dans les champs de fleurs, dans le bourdonnement des abeilles. Quand on touche une fois cette réalité, on devient un "enfant" profondément savant...;)

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    2. (suite)


      [Aujourd'hui, pour que s’opère un véritable changement, il nous faut prendre conscience de cette cupidité qui est en chacun de nous. Il nous faut comprendre que, d'une manière générale, la jouissance, la richesse et la réputation ne sont pas synonymes de bonheur (et que de toute manière la Terre ne produira jamais assez pour l'avidité de tous (cf Gandhi)). Seule cette prise de conscience collective parviendra à nous faire prendre nos responsabilités et à nous faire sortir de l'impasse politique dans laquelle nous sommes. Les "systèmes" économiques occidentaux fonctionnent essentiellement grâce à l'espoir que les occidentaux entretiennent d'être riche "extérieurement" ou de le rester. Il nous faut prendre conscience que nous ne serons peut-être jamais riche et qu'il est vain d'espérer conserver cette pseudo richesse. Ce n'est pas pour ça que l'on ne sera pas heureux. Au contraire ...]

      La cupidité est un péché dans le sens "viser à côté". C'est vouloir remplir sa vie de choses matérielles pour combler un manque toujours plus profond. Ce manque ne peut être comblé que par le noyau de l'être, source de vie; ne pas le chercher en soi c'est se condamner à chercher toujours. "Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux."(matthieu XIX)
      Celui qui trouve ce trésor, ou même le chemin qui y mène, devient riche "quelque soit sa condition matérielle". Mais avant de gagner le "gros lot" il faut se dépouiller. Pas forcément de ses sous , mais surtout de tout ce qui nous remplit, tout le fatras intérieur qui nous empêche de trouver ce noyau précieux: croyances, schémas familiaux, projections etc.

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    3. Mais, tu as raison, dans ce monde on exalte sciemment les êtres à désirer ce qui est "extérieur", à les détourner d'eux-même, de ce trésors qu'ils possèdent. Dieu les a fait riche et ce monde les fait pauvres, esclaves.


      [A mon sens, il ne s'agit pas de s'imposer une quelconque pauvreté, encore moins de retourner vivre dans "une caverne". Il s'agit simplement de vivre justement, de vivre sans démesure. ]

      Ou alors vivre, vivre vraiment et avec démesure mais de l'intérieur, en trouvant une véritable intimité avec ceux qui nous côtoient, en trouvant le vrai sens du partage, le vrai "sens" tout court qui peut rendre magique n'importe quel endroit même le plus austère.

      [C'est à nous de relever ce défi. Nos responsables politiques ont assez fait preuve de leur incapacité à gérer correctement nos sociétés pour que nous puissions encore croire qu'ils puissent réellement faire quelque chose. ]

      Il faut cesser d'être naïf et de refuser d'ouvrir les yeux. Si ils "voulaient" changer les choses, ceux qui ont les clés du monde en main, le pourraient. Mais ils ne le font pas. Parce que tout cela suit un plan bien précis et la mascarade des politique n'est qu'une façade pour endormir les gens, les disperser, détourner l'attention. C'est du grand spectacle, les jeux du cirque romain.

      Nous sommes dans une situation d'esclavage et nous regardons avec pitié les voisins en les plaignant d'avoir si peu de libertés...
      Nous n'avons qu'une liberté: nous divertir (en donnant notre argent bien sûr!). Les gens se sentent libres parce qu'ils peuvent laisser libre courts à leurs instincts les plus bas. Ils croient qu'ils ont la liberté d'opinion mais ils ignorent que leur opinion leur a été pré-machée. Ils ne sont que des perroquets qui expriment ce qu'ils ont lu ou entendu. Même les milieux spirituels ne sont pas épargnés. On assiste à une catégorisation dans ce domaine aussi: new-âge, écolo, non-dualistes, mystiques...quel fatras!

      Bref, le bilan terrestre n'est pas fameux. Je ne sais pas si ce monde sortira de cet étau. Si il est détruit, la vie repartira ailleurs. C'est pourquoi, nous devons la suivre, suivre la vie là où elle va...Retrouver le noyau et germer enfin!

      Bien à toi,

      Nout

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  2. " laisser en soi toute la place à Dieu en se faisant petit, humble, en se retirant assez pour qu'Il nous remplisse. "

    ça c'est très beau ! Ce retrait que vous évoquez serait-il un écho du "tsimtsoum" de la kabbale lourianique, retrait divin permettant au monde d'exister ? Reflet en miroir, dont l'humain serait chargé afin de permettre au divin, à son tour, d'exister en ce monde ?

    En écho à Kevin : Peut-être les hommes les plus "à-vides" sont ils, dans leur fond secret, les plus puissament affamés de leur Dieu ? Il y a une soif, un vide en eux que rien ne peut combler... Sinon leur Créateur ! Nul besoin, en ce cas, de lutter contre "avidadollars", mais simplement peut-être de (re)donner le goût des plus Vraies nourritures ?

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    1. Cher Âmi,

      [Ce retrait que vous évoquez serait-il un écho du "tsimtsoum" de la kabbale lourianique, retrait divin permettant au monde d'exister ? Reflet en miroir, dont l'humain serait chargé afin de permettre au divin, à son tour, d'exister en ce monde ?]

      C'est je crois la plus beau geste d'amour, se retirer pour laisser toute la place à l'autre...c'est à l'image de ce qu'on appelle "élever un enfant". C'est élever l'autre au-dessus de soi, pour qu'il soit pleinement quand on ne sera plus...ou quand on EST autrement!

      C'est tout le mystère de la relation de l'homme à Dieu. L'un se retire mais il est encore plus présent en l'autre...

      Quelle plus belle oeuvre que de poursuivre l'Oeuvre déjà parfaite?

      En cela, l'humanité est la fiancée promise...

      Bien à vous, Nout

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  3. En effet, Frank, les plus avides sont certainement les plus affamés de Dieu. Cependant, tant qu'ils restent en exil d'eux-mêmes, leur quête d'absolu, qui ne peut être comblée matériellement, entraîne une spoliation de biens dont ils n'ont même plus le besoin alors que d'autres en manquent cruellement. Aussi, s'il est inutile de lutter contre les "avidollars", il serait peut-être sage de ne plus croire aux programmes politiques qui nous promettent de la croissance.

    Bien à vous

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  4. Y'a pas plus d'accord que moi...! :-)
    Voir fabulo.blogspot.com

    Merci Nout, pour ton magnifique texte et pour la vidéo (Annick Souzenelle m'a d'ailleurs bien inspirée pour l'article que j'éatis en train de rédiger sur mon blog de rêves...)

    Sans doute est-il temps de comprendre que ce n'est qu'en nous tournant vers l'"intérieur" que nous pourrons nous harmoniser...et du même coup changer "l'extérieur"...il n'y a pas d'autre "voie"...

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  5. Nout, tu signes là un magnifique billet et les commentaires entre Kevin et toi sont splendides à mes yeux. J'aimerais avoir vos talents respectifs en matière d'écriture... Tout est "juste" limpide et si bien vu. C'est la cupidité de certains hommes qui est à l'origine de ces impasses. L'histoire des Amérindiens est une tragédie de l'histoire, une plaie ouverte dans l'inconscient des hommes, une plaie qui saigne et que l'on a recouverte de mensonges et autres petits arrangements. Le monde aurait été tout autre si C.Colomb n'avait pas fait son voyage... MAIS, je m'interroge, l'homme doit-il ou non vivre des expériences dans sa chair pour accoucher de lui-même ? Nous n'aurons il me semble de réponse que plus tard, nous devons vivre comme tu le dis : comme le ruisseau... Belle journée Nout, merci pour ce beau moment. brigitte

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  6. Merci Plumes d'Anges pour ton passage toujours bien-veillant ;)

    [MAIS, je m'interroge, l'homme doit-il ou non vivre des expériences dans sa chair pour accoucher de lui-même ?]

    Les plaies de l'être humain sont en effet innombrables; on ne compte plus les innocents sacrifiés, les cultures disparues, les forêts dévastées. Mais je pense au chemin de croix de jésus qui endosse sa croix (le patibulum qui était en fait la partie transversale, horizontale de la croix en T des romains).
    Cette croix est bien l'horizontalité, cette descente dans la chair qu'est la naissance qui doit trouver un équilibre dans la verticalité afin d'être transcendé.

    L'homme doit certainement passer par des chemins tortueux pour arriver à la délivrance au coeur de l'illusion dense de cette réalité.

    Il suffit de regarder nos vies et notre expérience pour s'en apercevoir...

    Belle journée à toi aussi chère Brigitte! :)

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