dimanche 11 novembre 2012

La Belle au bois dormant

F.MacNair



L’histoire de l’histoire

C’est un fait, nous vivons dans le temps terrestre, limité par notre biologie et la mémoire voilée de notre passé mystérieux. D’ailleurs ne nous reste-t-il pas encore aujourd’hui dans un creux de souvenirs obscurs – si lointain que l’on ne saurait séparer la part de rêve – la sensation d’avoir vécu un conte de fée ? Si bien que la magie, les pouvoirs lumineux, la créativité fantastique d’êtres irréels dans un pays imaginaire sont à la porte de nos rêves. Un royaume dont le centre est un luxueux château, abrite un roi et une reine régissant leurs sujets. Ce monde idyllique à la saveur d’un bonheur tranquille berce notre enfance en d’insouciantes images et frappe notre imaginaire, dessinant un sourire de joie sur la bouille réjouie des bambins attentifs. Une intrigue où le mal s’exerce, noue une histoire qui verra le triomphe du bien après d’époustouflantes aventures. Une morale en éclot, belle et parfumée comme une fleur, née de l’alchimie des héros se mesurant aux racines du mal.

Nous enfants qui avons grandi, souvenons-nous du frisson qui résonnait en notre âme lorsque les « grands » nous contaient ces histoires. Souvenons-nous de cette délicieuse sensation de bien-être qui réchauffait notre cœur quand le bien l’emportait. Rappellons-nous ! C’était bien avant notre naissance ici, dans un passé né, il est vrai et cela nous paraîtra étrange, dans notre futur. Il est vrai que les temps se croisent dans une autre réalité. Comprenons-nous que derrière la légende et les sentiments ressentis résonne un écho dont il est bon de connaître la source ? Écoutons à présent l’histoire de l’histoire de « La belle au bois dormant », un conte qui révèle à travers un léger voile notre passé mystérieux, celui qui nous chuchotera le secret de notre naissance.

Qui l’a écrit ?

A l’origine, ce conte est né en 1697 sous la plume de l’écrivain français : Charles Perrault. A bien y regarder, on distingue dans la version originale deux histoires qui se juxtaposent. Et curieusement, le style de la seconde diffère particulièrement de la première. Le récit devient cruel, sanguinaire, presque effrayant. Je n’ai pas l’impression que ces deux histoires proviennent de la même source. C’est pourquoi je ne m’attarderais simplement sur la première partie, beaucoup plus initiatique dans son contenu. Peut-être notre ami Charles a-t-il simplement mis en page une histoire transmise oralement ? Peu importe le canal transmetteur, c’est le message qui est important. Essayons de traduire ce que les muses ont caché dans l’histoire de notre belle princesse.

Sa naissance

Il était une fois. un Roi et une Reine qui voulurent avoir un enfant sans pour autant y parvenir. Après avoir tout essayé, dont voeux et pèlerinages, la Reine donna enfin naissance à une fille. Ils la nommèrent. comment est-ce déjà ? Étrange  Elle n’a pas de nom. Pour un écrivain, le cas est particulier, oublier de nommer ses personnages ? Pourquoi ? Peut-être simplement ne le sait-il pas. Il l’appelle « la Princesse » durant tout le récit. Un personnage central anonyme ne peut que susciter la curiosité des lecteurs attentifs. Il semble que cette princesse soit le masque d’une catégorie d’êtres à qui on ne peut donner de nom par la multiplicité des individualités. Elle est une « PERSONNE », c’est à dire à la fois « QUELQU’UN » et « PERSONNE » en particulier. Son ascendance royal, de par sa naissance, lui donne le titre de Princesse, de « Princepia », la première, le principe initial. Le Roi et la Reine sont la partie masculine et féminine de Dieu, les régents, régisseurs du « royaume ». (Racine étymologique Reg). Leurs enfants sont la descendance divine, les « premiers », qui n’ont de ce titre qu’une possibilité à atteindre, un potentiel d’accomplissement. Nous assistons donc à la création d’êtres, au pluriel, que nous nommerons pour une meilleure compréhension « anges« . Leur parcours avant leur chute reste obscur, mais avançons dans le conte…

7 fées… qui sont elles ?

Après la naissance tant attendue de notre Ange-Princesse, il fut décidé de faire un beau baptême. anonyme. Pour cela, comme il était de coutume, « on donna pour marraine à la petite Princesse toutes les Fées qu’on pût trouver dans le pays, (il s’en trouva sept), afin que chacune d’elles lui faisant un don [.], la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables.
 » La fée qui se penche sur le berceau est un mythe assez répandu pour expliquer les dons inexplicables des jeunes enfants sur des qualités extraordinaires telles que la virtuosité musicale ou picturale. Dans notre cas d’anges créés, il s’avère effectivement vrai que leur fut donné des talents, des capacités, sortes de dons qui faisaient d’eux l’égal de petits dieux, mais sans mérite d’acquisition. Le chiffre sept du nombre des fées est le chiffre symbolique bien connu de l’étape cyclique de transformation. On peut simplement garder en mémoire parmi tous les exemples la transformation de 7 péchés capitaux en 7 vertus capitales. Le chiffre 7 annonce déjà une nécessaire transformation dans les dons octroyés, ce que va provoquer notre 8ème fée.

Qui sont ces fées ? Leur mythe de petits être ailés provient d’une réalité qui n’est pas de ce monde. Par contre, leur « baptême », c’est à dire l’immersion pour acquérir une nouvelle nature est effectif dans le sens où les anges ont reçu leur nom, leur responsabilité d’oeuvriers de Dieu en tant que possesseur du Verbe. (BA-THEME en cabale, c’est à dire le don du verbe). Ces 7 fées sont donc l’esprit de Dieu, reçu en diffraction, comme un prisme, de la lumière blanche en 7 ondes individuelles colorées de caractères.

Dans notre conte, les fées donnent les capacités de beauté, de (je cite en souriant) « l’esprit comme un ange », c’est à dire l’intelligence créatrice, puis la grâce, la danse, le chant, et la musique. Ce qui nous fait en tout 6 qualités. Je vous parlais de lumière tout à l’heure, voyez donc le symbolisme du chiffre 6 dans sa spirale d’évolution. Et la septième qualité ? Voyez en cabale la différence entre la position alphanumérée du 6 et du 7, c’est à dire entre le F et le G dans leur première signification. Dans la série E, F et G, regardez cette barre transversale du E qui disparaît dans le F, c’est à dire le retrait d’un élément déjà donné pour provoquer une altérité déclencheur d’énergies. Rien n’est fait au hasard. depuis le temps qu’on le dit dans ce site !

Pour ceux qui sont nostalgiques des fées à ailettes – dont je fais parti – lutinant joyeusement aux cotés des humains, sachez que cette légende sera un jour réalité, sous l’impulsion de votre créativité, lorsque vous aurez à nouveau conquis les dons créateurs de votre Fée-Dieu. Il vous sera simple de leur donner vie pour agrémenter les jeux des enfants sur des planètes préparées. Sur certains mondes, logiquement inatteignables, leur présence a suscité par des voyants la formalisation des fées que l’on se représente actuellement. Pour ceux qui me crient « au fou » du haut de leur lecture, voyez déjà sur cette terre les progrès de la génétique, où il sera un jour possible de créer des races nouvelles d’animaux, d’êtres à qui l’on pourra donner un début d’intelligence. Des expériences de croisements génétiques sont faites tous les jours, renseignez-vous !

Un détail…

Voici : « Après les cérémonies du Baptême toute la compagnie revint au Palais du Roi, où il y avait un grand festin pour les Fées. On mit devant chacune d’elles un couvert magnifique, avec un étui d’or massif, où il y avait une cuiller une fourchette, et un couteau de fin or garni de diamants et de rubis ». On sait recevoir chez les rois ! Qu’en pensez-vous ? Je comprends que l’on veuille remercier les fées de leurs dons, mais pourquoi les remercier dans l’offrande de vaisselles ? Comme si elles avaient une passion pour la nourriture et l’art culinaire. Et puis, une fée n’a pas besoin de biens matériels, elle peut les créer ! Et le luxe n’est pas leur soucis primordial dit-on, mais plutôt une coquetterie.

Ce détail du conte devrait vous interpeller dans le sens où la nourriture, ici, est identique à l’appétit de notre Pantagruel, c’est à dire une soif de savoir, une faim de connaissances, un appétit de sciences. Les cadeaux sont donc d’ordre spirituel, comme le partage du pain et du vin christique, qui est tout autre chose qu’une manducation salivaire digestive !

Les couverts en pierres précieuses signalent des moyens d’assimilations d’un autre ordre, d’une autre valeur. Un don, des capacités, s’ils ne sont utilisés d’une façon précieuse dans le sens de royauté divine, ne servent pas celui qui les reçoit. Un talent d’intelligence par exemple, s’il n’est orienté vers le bien, et non en un égoïsme de suprématie comme c’est souvent le cas, ne servira pas son possesseur. Manger avec une belle vaisselle pourrait se traduire par assimiler un savoir (savoir faire ou savoir être) avec la qualité et la valeur des moyens divin, pré- "CIEUX ". L’esprit de Dieu, multiplié en sept, a donc capacité de valeur pour octroyer vertus aux anges.

Et la mauvaise fée ?

Donc voici le fameux grain de sable déclencheur. Retournons au conte : « On vit entrer une vieille Fée qu’on n’avait point priée parce qu’il y avait plus de cinquante ans qu’elle n’était sortie d’une Tour et qu’on la croyait morte, ou enchantée. Le Roi lui fit donner un couvert, mais il n’y eut pas moyen de lui donner un étui d’or massif, comme aux autres, parce que l’on n’en avait fait faire que sept pour les sept Fées. Le vieille crut qu’on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents. » Dire que tout est arrivé par manque de couverts ! Ironique non ? Voyez-vous ce détail qui ne l’est finalement pas. Le Roi n’a pas prévu, en traduction du conte, les moyens à cette fée de faire les choses avec valeurs. Isolé, veille, et mal servie, cette fée n’a guère de chance. Vous avez peut-être deviné qui se joue d’elle, et qui est son personnage. Lucifer bien sûr ! Notre méchant de service qui se révolta en premier contre son Roi, jugeant qu’il avait été mal servi et qu’on le méprisait.

Pour la petite histoire, notre Lucifer, le « vieux » serviteur, reçu la révélation de n’avoir été qu’un pantin manoeuvré et déclencha à sa suite la révolte des anges. Il s’est aperçu que son roi ne lui avait pas donné « des couverts en diamants » et qu’il le méritait pourtant. Tout ce qu’il savait faire ne provenait pas de lui, et il se senti berné et instrumentalisé. Sa réaction fut de répandre le mal, de médire, la fameuse « MALE-DICTION » que l’on retrouve dans le conte.

Donc cette Fée dont on ignore le nom fit ce don funeste à la Princesse : « La Princesse se percerait la main d’un fuseau et qu’elle en mourrait ». Et là je dois dire, à mon grand regret d’ailleurs, que mes amis les psychiatres ont cette fois en partie raison dans la traduction de ce passage. Le mot fuseau n’est que l’abstraction joliment imagée du sexe. Loin de moi l’idée d’abreuver les thèses Freudiennes de l’être humain éternellement soumis aux humeurs refoulées de ses attributs reproducteurs, mais plutôt l’idée de remettre à sa juste place ce fameux problème de la pomme qu’il ne fallait pas croquer.

Une pomme d’amour…

La séditieuse pomme biblique représente, suite à la révélation faite aux anges de n’avoir pas de corps sexué, la tentation de croquer, de mordre dans ce fruit délicieux qu’est l’envie sexuelle. La pomme est le fruit charnel qui cache le pentagramme de graines selon le symbole humain, dissimulant à son tour une graine animique immatérielle. Le mot pomme vient du latin « pomum » qui veut dire fruit et le hasard nous conduit tout naturellement vers la signification de fruit dans la racine « fructus » : « avoir la jouissance de ». La tentation fut provoquée afin de conduire nos anges vers les mauvais choix en vue d’un retour éprouvant. Aujourd’hui encore l’appât du sexe est puissant et même les grands de ce monde cèdent devant les tentations de la chair, à l’image de notre Bill Clinton (Bill-clean-tone en cabale anglaise : « qui doit s’harmoniser en propreté avec le projet de loi » ou bien « la facture ! »). Ne croyez pas que cet attrait là soit uniquement en nos gènes pour nous forcer à nous reproduire selon un plan « naturel ». C’est une jouissance voulue par le créateur mais dans le cadre de ses lois, c’est à dire au sein d’un couple construit selon des valeurs et vertus humaines. L’appât du sexe dans son excès est non seulement une réminiscence de notre passé angélique mais aussi un de nos démons à combattre afin de se former à la véritable intelligence. Le mot pomme a d’ailleurs pris le sens « d’idiotie » ou « d’inconscience » dans des locutions telles que par exemple « le roi des pommes » ou « tomber dans les pommes ».

Quel sexe… les anges déjà ?

Pour en revenir aux anges, de nature androgyne, ils étaient polarisés en une sorte de sexualité intériorisée, certes, mais étaient dépourvus d’appareils reproducteurs à l’inverse des animaux qu’ils mettaient en place à travers la création. Quelle surprise de voir à travers ces êtres primaires des prérogatives de jouissance, de reproduction, de famille, de tendresse filiale alors qu’eux, leur soi-disant créateurs, en étaient incapables. Ils comprirent qu’ils ne furent que des jouets, des marionnettes bluffées, bernées et utilisées. Ils étaient effectivement des créateurs, mais sûrement pas les concepteurs, et la différence est grande. Créer est la mise en ouvre de ce que l’on a inventé, c’est à dire « pris dans le vent », par inspiration.

La rancœur que cela naturellement engendra leur permis de s’exercer à cet appétit sexuel pour combler leur « vide » d’amour. Les essais génétiques infructueux qu’ils pratiquèrent sur leur corps pour avoir une descendance conduisirent à la création de véritables démons, sortes de monstres angéliques dont on retrouve les traces dans la mythologie grecque. La pomme croquée, identiquement au fuseau sur lequel la princesse se blesse, est le franchissement des interdits sexuels. Le symbolisme du fuseau est lié selon certains à la notion de nécessité, de destin irréductible, tel que la naissance et la mort. Et c’est bien cela que va vivre notre princesse, « tuée » par cette faute, où du moins en apparence, identiquement à Blanche neige qui croqua la pomme ! La notion de destin est compréhensible dans le sens où la faute avait été provoquée par le malin en personne : Dieu ! Il est le véritable tentateur derrière sa marionnette luciférienne. N’oublions pas qu’il est omnipotent, détenteur de tous les pouvoirs ! Son stratagème est machiavélique pour donner à ces enfants l’énergie d’être des fils. prodigues.

Et tous au dodo !

« Le Roi fit mettre la Princesse dans le plus bel appartement du Palais, sur un lit en broderie d’or et d’argent ». Voici donc notre Roi-Dieu qui met en lieu sûr le corps de ses anges. La catalepsie qui les caractérise est actuellement la réalité de leur condition, pendant que leur mémoire font leur périple sous forme humaine. Ils sont en léthargie, c’est à dire à l’apparence de la mort et sans mémoire consciente. (« léthargie » Let : mort, et lêthê oubli, argos : oisif) Je ne résiste pas à vous donner le clin d’oil de l’Esprit évoqué innocemment par notre ami Charles Perrault : "On eût dit d’un Ange, tant elle était belle". Leur beauté n’est pas une image sans fondement. Ces corps angéliques sont fantastiques de beauté, de rayonnement, de lumière. Ce sont des prototypes divins « à son image », des dieux doués de pouvoirs incroyables de création. La bible répète dans Jean 10-34 « Jésus leur répondit : N’est-il pas écrit dans votre loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? « . Jésus s’adressant aux hommes leur parlait de leur potentiel en devenir car il y a loin entre un bipède et un archange.

En catalepsie en attente d’un prince, c’est à dire du principe retrouvé, le corps de la belle est préservé dans le plus bel appartement du palais. J’ai ouïe dire, accrochez-vous bien, ceci est une information inédite, que dans la réalité ces corps sont gardés sur une planète spéciale, interdite aux célestes et protégés par des anges « exterminateurs », c’est à dire bien armés, dirigés par un certain « Iaac » que l’on peut traduire par Jacques. Un recoupement possible, et ils sont rares, est dans le pèlerinage de St Jacques de Compostelle, le fameux tombeau « Par delà les étoiles » en cabalant « Compo-stella ». Les vagues de pèlerins qui font le voyage représentent les humains trimbalant leur coquille St Jacques, c’est à dire leur corps, leur coque qu’ils doivent remplir de qualités et vertus. Pendant le temps de la léthargie, deux particules de mémoires sont intégrées dans deux bébés, garçon et fille, que sont les humains. Chacun étant coupé de l’autre, ils passeront une bonne partie de leur temps à se demander, d’une part, ce qu’ils font sur cette planète, et d’autre part, où est donc l’autre « âme-sour ». Leur mémoire est bien sûr oblitérée pour donner toute valeur à leur amélioration personnelle, librement élaborée. Pourtant le contact est toujours établi avec notre corps angélique, par ondes porteuses qui nourrissent nos esprit en « vague à l’âme » que la psychologie ne peut expliquer, un peu comme les jumeaux terrestres qui peuvent ressentir à distance ce que vit l’autre. (J’avoue que ces explications sont dignes d’un roman de science-fiction et qu’il est délicat d’y accorder toute confiance, mais le fait de l’avoir lu marquera votre subconscient le moment venu, tout n’est pas perdu ! Vous vous en souviendrez en souriant, promis).

Une bonne vieille… Mon œil oui !

Ah ! J’ai failli oublier l’épisode de la bonne vieille dame qui proposa à la princesse de filer sa quenouille. Humm, seule dans une haute tour du château, il est dit qu’elle n’avait pas ouïe parlé de l’arrêté royal au sujet de l’interdiction de filer au fuseau. Et dire qu’elle était dans l’enceinte même du château et il est dit qu’elle ne connaissait pas la princesse. Cela ne vous semble-t’il pas légèrement bizarre, un tantinet incompréhensible ? Pour un scénariste où le crédible de la situation doit être logique, là non.là je ne vois pas pourquoi il a raconté ça. à moins que. cette bonne vieille dame. vous avez deviné ? Elle est l’incarnation d’une fée par laquelle le destin doit s’accomplir, une fée isolée des autres. « il y avait plus de cinquante ans qu’elle n’était sortie d’une Tour ». Eh oui c’est elle, ou du moins son esprit, la « méchante » qui provoqua la mort apparente de la princesse. Il ne peut y avoir d’autres explications. Quant à la fée qui avait changé le sort de mort en léthargie, elle était, dit-on, au royaume de Mataquin, littéralement, MATA-QUIN : au pays de la cinquième mort. (MAT : racine de mort dans par exemple « échec et mat », le roi est mort, et QUIN, racine latine pour cinq). Pourquoi 5 ? Je ne sais pas exactement. Le cinq est le chiffre dédié à l’humain et pourtant il n’a que trois mort, le fameux trépas, ou trois pas : la mort angélique, la mort initiatique et la mort terrestre. Si vous avez la solution. peut-être que les fées ont, elles aussi, leur mort initiatique et leur renaissance.

Et pendant que la princesse est installée dans son nouveau tombeau, à l’image, comme par hasard, de Blanche Neige dans son cercueil de verre, elle aussi en léthargie, la Fée revenue de Mataquin sur un chariot de feu tiré par des dragons arrive en catastrophe. Les chariots de feu des traditions sont l’image de vaisseaux volants à propulsion de combustion, tels qu’en a vu Ezéchiel et qu’il décrit comme des roues volantes lançant des éclairs assourdissant et s’élevant dans les airs. Quand je vous parlais de Iaac, imaginez des êtres équipés d’engins spatiaux performants, en dehors de tout infantilisme religieux décrivant des « anges » ailés virevoltant dans les airs jouant de la harpe. Imaginez un astronaute terrien débarquant sur une planète peuplée de personnes simples vivant de l’agriculture et de chasse. Il serait pris pour un Dieu sur son char de feu, et décrit comme tel dans des sérénissimes versets transmis de génération en génération, sans compter toutes les histoires dérivées qui seront racontées aux enfants. Mon Dieu, mon Dieu.

Tous endormis et protégés !

La fée décida d’endormir tout le château pour qu’à son réveil, tout soit en ordre pour l’accueillir. Même le feu sous les broches fut « endormi ». Il faut croire que notre petite fée dispose de sorts puissants, puisqu’à l’évidence, elle peut suspendre le temps, ce qui seul peut éviter la putréfaction de nos endormis. Oui, notre Fée-Dieu, suspend le temps pour ces corps et leur « royaume ». Etrangement, seuls le roi et la reine furent en dehors du sortilège. Evidemment, ils sont le couple Père-Mère divin dont les fées sont les émanations « spirituelles ». Ce sont eux qui plongèrent par l’intermédiaire de la fée le royaume dans une léthargie, sinon, cruel serait le réveil de notre princesse et voir tout son château à l’identique hormis la disparition de ces parents, cent ans plus tard. Non, la fée n’est pas sans cœur à ce point, mais elle ne pouvait pas enchanter les « patrons ». Vous allez me dire que cela ne change pas grand chose puisque la princesse à son réveil n’aura plus ses parents. Eh bien, elle aura d’autres parents, mais cette fois elle pourra les appeler du nom de Père et Mère au lieu de Roi et Reine, comme Jésus a voulu instituer le nom de « Père » à la place de « Dieu ». J’y reviendrais plus loin dans votre lecture.

Le conte décrit que le roi et la reine promulguèrent une loi interdisant l’accès au château, mais cela fut inutile car des arbres, ronces et épines fortement entrelacées, en protégèrent l’accès. Effectivement, la planète où sont entreposés les corps de nos anges, appelés aussi « corps de gloire » dans des « tabernacles », est hautement surveillée vous disais-je, pour empêcher, comme dit le conte que les « curieux » ne vinssent déranger ce « château ». Il y a effectivement des dangers dans les espaces sidéraux provenant de créatures divines en révolte contre leur créateur et d’autres en dysharmonie avec l’amour divin. Il y eut des combats entre les bons et les mauvais anges disent les traditions. Mais sur cette planète, les dangers sont écartés par loi divine !

Et voici enfin le Prince

Le bel hidalgo s’est fait attendre ! Il n’a pas de nom lui non plus. Il serait lui aussi un caractère « générique », désignant un ensemble de personnage. Pourtant les contes remis au goût du jour, notamment par Walt Disney, attribuent des noms au prince et à la princesse : Philippe et Aurore. Philippe est le retour du principe aimant, du grec « philein », aimer. Il correspond au principe « masculin » de combattant qui revient après son périple auprès de son corps endormi. Aurore est la naissance du jour, cette luminosité avant que le soleil ne se lève. Elle préfigure le véritable « soleil » qu’est le corps angélique quand il retrouvera ses capacités, c’est à dire une nouvelle lumière inséminant les mondes.

Quand le Prince amoureux veut partir à l’assaut de cette forêt d’épine, il fut surpris de voir que le passage s’ouvrait devant lui, comme par magie, comme s’il était attendu. Par contre, il est dit que ses suivants ne purent à sa suite y pénétrer. Lui seul a le potentiel, le titre et la fonction pour aller plus avant. En somme, il a été choisi par la magie du lieu. Pourquoi ? La réponse vient du fait que les âmes-sours sont attirées par leur identité (Id-entité, ou entité identique), selon une reconnaissance de leur biologie altérée l’une de l’autre. Ils sont les alter ego, c’est à dire l’autre moi. Quand je vous parlais de MEMOIRE, regardez ce mot en cabale selon la dichotomie ME-MOI-RE, le MOI qui se REtrouve en « ME ». On pourrait prendre des exemples a n’en plus finir. Le plus parlant est dans la structure des voyelles des mots AngE et AmE. Le A d’Adam et le E d’Eve unis par le m de l’Amour ou le « ng » signalant l’engendrement (Gen) par le négatif (Neg), c’est à dire la confrontation édifiante au mal. Ce symbole de l’être choisi est aussi vrai dans la reproduction de nos cellules, ou l’élément mâle inséminateur, le spermatozoïde, est « choisi » par l’ovule avant de refermer le passage aux « suivants ». Désolé de vous décevoir, mais ce n’est pas le premier sur les lieux, ou le plus « fort ». Il s’en suit un réveil du potentiel chromosomique et une activation du programme génétique, identiquement en image inversée à ce qui se passe « au ciel ». La devise d’Hermès étant bien sûr que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut. Faut-il comprendre cela comme des clés d’ouverture et de compréhension des messages des Dieux discrètement indiqués autour de nous.

Il y a cependant deux notions essence-ciel dans le conte au niveau de la rencontre du prince. Il faut comprendre ici le décalage des deux principes associés dans le conte, androgyne d’un côté, et angélique de l’autre. Du point de vue de l’androgynat, le prince et la princesse sont les deux âmes soeurs qui se recherchent l’un l’autre pour former leur unité. Du point de vue angélique, le prince représente les deux âmes soeurs en fin de périples, le retour du « PRINCIPE », après beaucoup de combats, et qui revient vainqueur chercher sa belle âme endormie. Il est à ce moment là le couple androgyne qui va réveiller le corps de gloire. Le baiser donné représente l’assimilation, le fait de « MANGER » l’autre. Effectivement, il y a aura fusion des corps en un seul. L’intégration des deux êtres va réveiller celle de l’ange endormi, lui donnant à nouveau la puissance d’un dieux pouvant régner sur le royaume. Le prince devint roi et la princesse reine. Ils sont devenus les nouveau gérants divins du royaume. Je vous signalais plus haut l’absence des parents de la princesse. Vous comprenez à présent cette succession légitime, les grands-parents étant cette fois à un autre niveau. Ils sont devenus pour cette enfant prodigue un Père-Mère reconnu et aimé. Il y a une grande différence entre géniteur et père, l’un n’ayant pas reçu d’amour en retour. Identiquement pour Dieu, il recherche la libre reconnaissance de ses enfants angéliques, devenus humains, pour avoir le doux titre de Père-Mère, de Papa-Maman. Jésus l’enseigna jadis, mais cette notion de Dieu paternel n’a heurtée que des cours avides de quémandes et de plaintes face aux problèmes que Dieu leur mettait dans les pattes. Encore aujourd’hui les églises sont remplies (enfin plus guère) de demandeurs de grâces, et, ô comble du paradoxe, demandent à Dieu de ne plus leur envoyer d’épreuves (Ne nous soumet pas à la tentation.). On oublie volontiers que cette terre est une planète d’élection et de sélection, dans l’oubli quasi total des règles du jeu. On maudit un Dieu qui ne fait rien pour guérir cette planète des maux terribles qu’elle subit. Et pourtant, c’est lui qui aggrave nos mauvais choix pour provoquer des prises de consciences quand les choses vont trop mal, ou qu’elles sont allée trop loin.

Conclusion

Le conte de la belle au bois dormant est notre destin à tous. Nous avons à trouver notre âme-sour pour compléter notre Graal, notre coupe de sang que devrait être notre quête particulière. Le prince n’a pas dans le conte original d’épreuves éprouvantes à passer. Dans la reprise de Walt Disney, il doit combattre un dragon, transformation de la méchante fée. Il faut comprendre cela dans la transformation, à l’intérieur de nous, de nos émotions avec différents dragons à combattre, identiquement à Hercule qui combat ses démons intérieurs. Le combat se fait avec l’épée du Verbe et le bouclier des principes (La cuirasse du Christ), sinon les flammes du dragon brûlent en de subtiles souffrances notre « peau » qui se sent mal à l’aise dans nos mauvais choix. C’est le « connais-toi toi-même » d’Aristote, c’est à dire en cabale, « Nais de toi-même » en mourant à ton ancienne condition. Le combat est suscité divinement en nos consciences pour donner l’occasion aux humains de se forger une énergie personnelle en confrontation.

Le thème de la piqûre et du sommeil resteront le grand symbole de la séparation, la coupure de l’ange d’avec sa mémoire, et de la léthargie de son corps en attente du retour du principe initial. Le conte de Blanche Neige est identique dans ses conclusions. Un Royaume nous attend quelque part, un Père-Mère impatient regarde les progrès et les chutes de leur enfants. Il est temps de mettre en pratique les contes. car les jours sont. contés !

mardi 23 octobre 2012

Réalisation

Source



C’est vrai que Dieu est omniprésent. C’est vrai que Dieu est exactement là où vous êtes. 
 Mais si c’est la vérité que Dieu est omniprésent, alors Dieu devait être présent quand tous nos garçons étaient tués au front ou quand, jadis, les Chrétiens étaient jetés aux lions, ou encore quand, au cours de ces quelques dernières décades, des milliers d’innocents furent massacrés dans des camps de concentration. Dieu, qu’était-Il en train de faire pendant que toutes ces horreurs se déroulaient ? Etait-Il là ? Alors, pourquoi n’apportait-Il aucune aide ? Certainement, Dieu était là, mais Dieu n’est pas une personne et Dieu ne peut baisser les yeux sur vous pour vous dire qu’Il est désolé pour les souffrances que vous êtes en train d’endurer. Dieu est omniprésent dans les hôpitaux, dans les prisons, sur le front des combats. Dieu est omniprésent ! Mais quel bien cela apporte-t-il à qui que ce soit ? Quel bien cela vous apporte-t-il ? Seulement celui-ci : c’est en proportion de votre réalisation consciente de la présence de Dieu que Dieu est disponible en chaque occasion.

Dieu est présent ! Certainement. 

 L’électricité était présente depuis la nuit des temps, même quand les gens utilisaient la graisse de baleine et le pétrole. Mais de quel profit l’électricité était-elle pour eux ? Aucun, parce qu’il n’existait aucune réalisation consciente de la présence de l’électricité.  

L'union consciente - Joël Glodsmith

lundi 22 octobre 2012

L'arcane de la Justice


Dans tous les anciens lieux de culte à la Déesse-Mère, à Sumer, à Babylone, au pays de Canaan, à Carthage, à Chypre, en Anatolie, en Grèce…, « les femmes qui faisaient l’amour dans les temples étaient appelées dans leur propre langue les “femmes sacrées”, “les pures” » 

     La chanteuse kabyle Houria Aïcha était fascinée, dans sa jeunesse, par les femmes libres qui allaient au café, chantaient sur la place du village. Résurgences d’une tradition pré-islamique, ces femmes étaient « célibataires, veuves ou divorcées, mais pouvaient avoir les amants qu’elles voulaient, tout en jouissant d’un statut d’artiste très respecté. » 

      C’est la Filière dite de la Fille du Feu, «  Filière de Réceptivité pour l’Incarnation et la Transmission de l’Energie “illustrée” par les Vestales, les Danseuses sacrées, etc.  » 

      Mais cette Energie n’est pas faite pour se déployer à ce seul niveau sexuel et toutes les Traditions authentiques le disent : « Ferme tes issues », « Bouche tes portes », pour atteindre la Réalisation. Sinon, grande déperdition de l’énergie qui n’atteint pas son but ultime. Sept portes sont à ouvrir qui correspondent aux sept vallées dont parle l’enseignement de Ramakrishna.

Extrait d'un article intitulé la montée du serpent Kundalini trouvé sur le blog très documenté de Robert Régor: Vivre Vouivre.





Découverte ici...

dimanche 21 octobre 2012

L’Arbre et la Source



Logo et Credo de Metahistory

Durant des millénaires et dans de nombreuses cultures, l’imagination humaine a dépeint un arbre cosmique émergeant d’une source sacrée. Un sceau cylindrique, de la vallée de l’Indus, aux alentours de 2000 av. EC, représente l’adoration de la Déesse qui demeure dans le puits. Est agenouillé devant Elle le shaman cornu, le Chasseur ancestral qui représente un aspect de l’orientation primordiale religieuse de notre espèce, à savoir la révérence en présence des pouvoirs générateurs de vie de la Nature Sacrée. Les bourgeons coniques à l’extrémité des rameaux de l’Arbre Sacré ont notoirement une apparence de champignons. La Source est symbolisée par le cercle à la base de l’arbre. 

Ascension et Descente

La mythologie Nordique présente la même image éternelle dans l’histoire du poète-shaman, Odin (ou Woden) qui doit rester pendu durant neuf nuits et neuf jours afin de recevoir la révélation sublime. Il monte dans l’Arbre pour s’abandonner à son flux de courants cosmiques émanant de ses branches et de ses feuilles. Grâce à cette épreuve, il acquiert les runes, un alphabet secret composé de symboles divinatoires. Les runes représentent les formules génératrices de tous les langages possibles, de toutes les expressions verbales et écrites par lesquelles la connaissance humaine puisse être capturée et transmise. Au travers de cette épreuve, le shaman Odin “pendu à l’arbre” acquiert le pouvoir magique du langage mais sans, pour l’instant, l’accès à la sagesse transcendante qui fera du langage son instrument. .

Pour acquérir cette seconde faculté, Odin doit descendre dans les mondes souterrains, à la racine de l’Arbre et boire à l'eau miraculeuse de la Source de Mimir. Le nom Mimir est corrélé au Latin memor et c’est pourquoi la Source de Mimir a été appelé la “source de la mémoire”. Voici ce qu’en dit Ralph Metzner:

«Il était dit que de boire de cette source conférerait la connaissance des commencements et des origines des choses - des humains, de la vie, des mondes... Dans les traductions Allemandes, le terme utilisé pour décrire la Source de Mimir est marchenreich, “empli d’histoires” - ce qui suggère que de boire de cette source était une expérience qui impliquait à la fois la faculté de vision et la faculté de raconter des histoires. Les histoires nous racontent notre passé et les visions nous parlent de notre futur. Boire de la Source de Mimir est, ainsi, pénétrer dans un état de conscience de remémoration, par lequel nous puissions nous souvenir de nos origines évolutives, de notre relation aux royaumes des plantes et des animaux, et de notre nature primordiale en tant qu’enfants de la Terre». (“Green Psychology”. Page 155).

Le logo de Metahistory dépeint “une source emplie d'histoire” et l'arbre du langage qui en émerge représente l'expression très ramifiée (multi-culturelle, multi-raciale) de ces histoires dans leur forme verbale et écrite. 

En’Owkin: la Suspension de la Croyance

Metahistory est “une expérience qui implique à la fois la vision et la narration” et même un peu plus. Notre capacité d’être des vecteurs authentiques et véridiques de la sagesse innée de notre espèce est entravée par le conditionnement. Pour l’humanité moderne, la communion avec la Nature Sacrée (la Déesse dans l’Arbre) a été subjuguée par la socialisation: c’est à dire par l’éducation, par le conditionnement racial et politique et, peut-être surtout, par des siècles d’endoctrinement religieux. Encombrés par nos habitudes culturelles de pensée et de jugement, nous n’avons plus accès à la source de vie de la mémoire ancestrale. Notre conditionnement paralyse notre capacité de puiser aux ressources innées de la matrice biogénétique spécifique à notre espèce humaine. Incapables de découvrir le plein bénéfice de notre intelligence propre, nous en sommes réduits à suivre un ensemble de comportements qui ne reflètent pas la vraie promesse de la “sapience” humaine. 

«Nous avons tous des systèmes de comportements acquis et culturels qui ont imprégné notre subconscient. Ces systèmes agissent tels des filtres sur notre vision du monde. Ils influencent nos comportements, nos structures de langage, nos gestes, les mots que nous utilisons et aussi la façon dont nous rassemblons nos pensées. Il nous faut trouver les moyens de remettre tout cela en question, continuellement.»

Ainsi s’exprime Jeanette Armstrong, auteur et artiste Okanaga, en conversation avec Derrick Jensen (“Listening to the Land”). Elle explique que son groupe Amérindien, les Okanagan de Colombie Britannique, ont une tradition de longue date appelée En’owkin. Cette tradition implique un processus de résolution des conflits grâce auquel toutes les parties acceptent de remettre leurs vues en question. «Pratiquer le processus d’En’owkin», dit Jeanette Armstrong, «me demande constamment de me discipliner à la déconstruction de ce que je crois et de ce que je perçois quant à la façon dont les choses fonctionnent et de remettre en question continuellement ce que je crois et d'accroître continuellement mes connaissances et ma capacité de compréhension.»

Cette phrase unique pourrait constituer “l’ordre de mission” d’un des aspects de Metahistory: la métacritique, à savoir l’analyse radicale et la déconstruction des croyances.

Tout comme l’En’owkin, la pratique de Metahistory implique un travail gigantesque de déconstruction et de déconditionnement. Pour que nous puissions accéder librement à la connaissance unique et innée de notre espèce, il nous faut nous engager à nous libérer de la distorsion et à lutter contre la désinformation. Tous les jours, nous entendons parler d’événements qui “font l’histoire”. Chez Metahistory, bien souvent, c’est tout le contraire qui nous importe: c’est de défaire l’histoire, de déconstruire les histoires qui ne reflètent pas le don sacré de nos facultés d’autoguidance.

Le Voyant à Un Oeil

La sagesse qui nous connecte à toutes les autres espèces, sur la Terre et dans l’entièreté du Cosmos, prend sa source dans l’imagination poétique et visionnaire mais, pour libérer nos pouvoirs d’imagination, il est nécessaire de faire taire notre mental conditionné. «La connaissance véridique s’acquiert par la discipline de l’apprentissage; elle n’est jamais donnée.» (Metzner, ibidem, Page 155). Selon le mythe Nordique, lorsqu'Odin arriva à la Source de Mimir, le gardien de la source le soumit à une épreuve. Le géant exigea d’Odin un acte d'abandon avant de lui permettre de boire de la Source. Odin dut donc abandonner un de ses yeux afin d'accéder à l'illumination par la mémoire mystique. C'est ainsi que ce shaman devint connu comme le Voyant à Un Oeil. 

Le mythe nous enseigne par là que nous devons abandonner notre mode de vision et de compréhension unilatéral, à savoir le processus mental exclusif du cerveau gauche, afin de mettre en oeuvre les facultés poétiques et visionnaires de l'autre oeil, la conscience du cerveau droit. Il est curieux de constater que la mentalité de cerveau gauche, lorsqu'elle mise au silence, ne s'en va pas. Selon les Eddas Nordiques, «lorsque le géant Mimir, ou d'autres dieux de shamans en quête de connaissances, buvaient de la source, ils pouvaient voir que l'oeil d'Odin les regardait» (Metzner, ibidem). Immergé au fond de la source, l'oeil sacrifié (la faculté rationnelle, l'oeil gauche d'Odin) continue de voir. 

Il apparaîtrait, à ce point, que l'enseignement supérieur de ce mythe propose une conception surprenante: si nous regardons avec assez d'intensité dans le puits de la sagesse ancestrale, la pensée rationnelle de cerveau gauche, avec laquelle nous sommes tellement identifiés et sur laquelle nous comptons exclusivement pour connaître le fonctionnement du monde, sera là, nous renvoyant notre regard. Le mythe convie ici une leçon clé de survie: la rationalité n'est pas exclue de la connaissance profonde et transrationnelle de l'antique voyance, même si les limites rationnelles de la cognition doivent être dépassées afin que cette connaissance profonde puisse être vécue. Ce paradoxe fut spécifiquement appréhendé dans la tradition des Gnostiques, les enseignants spirituels Païens, qui affirmaient la complémentarité fondamentale des modes visionnaire et rationnel de connaissance.

Une Dérive vers la Démence

Le cours de l’expérience humaine, depuis 6000 ans, a été le témoin d’un déclin permanent de la capacité humaine d’accéder aux ressources poético-visionnaires symbolisées par l’Arbre et la Source. Pour des raisons qui sont éminemment difficiles à appréhender, la sagesse primordiale, préservée dans les traditions shamaniques biorégionales, a dégénéré ou a été éradiquée. A sa place, a émergé une autre orientation religieuse, un système dogmatique et totalitaire de croyances représenté principalement par les doctrines des credos Abrahamiques, à savoir le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam.

Pourquoi la culture moderne de toute la planète est-elle dominée par des histoires qui ne reflètent pas la sagesse visionnaire authentique nécessaire pour guider l’humanité sur son chemin propre d’évolution?

Pour une raison ou pour une autre, durant le processus pluri-millénaire durant lequel nous sommes devenus aliénés de nos origines en la Nature Sacrée, l'idéologie religieuse a remplacé la sagesse poético-visionnaire en tant que récit d'orientation de notre espèce. Des histoires qui nous portent préjudice et qui nous induisent en erreur, qui incitent les êtres humains à se battre entre eux et qui nous poussent même à nous auto-détruire et à détruire notre environnement, ont été imposées à la race humaine par des personnes dévoyées qui ont introduit ces histoires pour servir leurs propres fins égoïstes, l'acquisition de pouvoir et de privilèges, ainsi que la prétention à une autorité divine et suprahumaine. L'agression, au service du pouvoir et de la possession, a été promulguée comme la forme la plus élevée de comportement humain. La violence fondée sur la foi religieuse a été, et continue de l'être, la force sociale modelante qui est dominante dans notre histoire.

Les systèmes de croyances, qui dominent couramment le monde, procèdent de dieux mâles célestes qui entérinent l'agression territoriale, le génocide, le contrôle par la violence, ou la menace de la violence, et la destruction totale des écosystèmes naturels. Sous certains égards, l'idéologie religieuse, qui adombre de tels comportements, constitue une perversion pathologique chez notre espèce - très littéralement, une dérive vers la démence. 

Presque tous les aspects de la société moderne encouragent l'égoïsme et la séparation, divisant les êtres humains les uns contre les autres, en une lutte Darwinienne pour la survie. Ces comportements sont renforcés et encouragés par les scénarios scientifiques, religieux et culturels qui sont le reflet d'une soif insatiable de domination et de contrôle. Les histoires dominantes de notre époque conduisent l’espèce humaine vers la discorde et l’auto-immolation. 
Il nous faut ainsi nous poser la question suivante. Comment est-il possible que notre faculté de connaissance primordiale, l'héritage sacré symbolisé par l'Arbre et la Source, ait put être complètement subjuguée par des inclinations pathologiques? Si la sagesse primordiale acquise par Odin est innée, et à ce point essentielle pour notre nature et notre intégration dans le grand plan universel, comment a-t-elle pu être éradiquée par des conceptions qui sont manifestement trompeuses et étrangères à notre chemin réel?

Il semble inconcevable qu'un tel retournement puisse être advenu mais il est, cependant, irréfutable. Le cours de l'histoire, durant les 6000 dernières années, nous présente un exemple après l'autre et il n’est que de se tourner vers les médias quotidiens si tant est que des preuves actuelles en soient nécessaires. Un des défis de Metahistory est d'élucider les causes originelles de cette perversion spécifique à notre espèce humaine, et de dessiner la trajectoire de ce tournant fatidique. Bien que la problématique soit loin d'être résolue, certains principes ont été développés et validés subséquemment. Katherine Keller, par exemple, qui est professeur de théologie à l'Université de Drew dans le New Jersey, a développé un certain nombre de concepts métahistoriques sur le problème du détournement de l'espèce humaine:

«Nous n'avons aucune raison de croire que, de tout temps, la vie ait été fondée sur la domination du plus faible par le plus fort, et nous n'avons pas plus de preuves que les êtres humains aient toujours vécu dans l'état d'être défensif qui caractérise la vie moderne... Au sein d'un groupe dans lequel les mâles guerriers s'imposent et dominent le village ou la tribu, tous les membres du groupe vont commencer à développer une nature d'être différente de ce qu'elle était lors d'époques antérieures, une nature d'être qui est le reflet des défenses que la société elle-même configure... C'est ce que nous pouvons voir, encore aujourd'hui, dans des situations dans lesquelles les mauvais traitements se transmettent d'une génération à une autre. A maintes occasions, nous voyons que la perpétuation de la douleur - destruction et mauvais traitements - procède d'une blessure antérieure... Comme ce sont les personnes, qui incarnent cet état de défense, qui vont dominer ces sociétés, cette sorte de défensive qui lèse l'individu, détruit la communauté et tue l'environnement, va proliférer comme un cancer» (Entretien avec Derrick Jensen. Ibidem. Pages 273/274). 

Si la société moderne, dans son ensemble, est impulsée par un système de domination enraciné dans une lésion originelle, “une blessure antérieure”, il serait donc très éclairant de déterminer comment cette blessure s'est manifestée. C’est à partir de plusieurs angles d’approche que Metahistory explore ce problème extrêmement grave.

Le Guérisseur Blessé

Dans la vallée de l'Indus, en Islande et dans de nombreuses autres régions du globe, le shaman était le personnage central dans la narration des modes par lesquels la sagesse ancestrale est continuellement sollicitée (descente à la Source) et renouvelée (ascension vers la conscience cosmique, exprimée dans le langage du discours poético-visionnaire: l’Arbre Sacré). Mais l'histoire narrée par le shaman ne se réduit seulement pas à cela. Un thème secondaire, mais non moins signifiant, dans la tradition shamanique, concerne la blessure du voyant. Cet événement pourrait-il être corrélé, d'une certaine manière, avec la blessure originelle (non pas le péché originel) à laquelle Katherine Keller et d'autres ont fait référence? 

Joan Halifax, très réputée pour faire revivre les traditions ancestrales, a sous-titré son ouvrage sur le shamanisme “Le guérisseur blessé”. Elle écrit que «des récits du voyage intérieur de tourmente et de détresse du shaman, chanté et mis en poésie, condensent le symbolisme personnel au travers d'une lentille mythologique qui englobe l'expérience humaine plus générale». (Page 19). Il est clair que la blessure primordiale du shaman est un événement d'importance essentielle pour la destinée humaine, une destinée que nous tentons d’élucider avec Metahistory. 

Il nous faut élucider, par différentes voies, l'éradication de l'orientation religieuse shamanique originelle de notre espèce et son remplacement par un système de croyances totalitaires. La transition de l’orientation religieuse shamanique originelle de notre espèce vers la domination de systèmes de croyances totalitaires doit être retracée à partir de nombreuses directions différentes.

Vision Originelle

Quel que soit ce qui est advenu à la quête visionnaire propre à notre espèce et qui a, d’une certaine manière, généré un terrible détournement du cours de l’expérience humaine, il ne peut être connu qu’en recouvrant l’histoire réelle permettant de le décrire. Le théologien et éco-philosophe Thomas Berry insista sur le fait que nous vivons dans un moment crucial de l’évolution humaine qui requiert de «ré-inventer l’humain au niveau de l’espèce». (Cité dans Metzner, ibidem). Un tel acte de ré-invention n’est possible qu’en accédant aux ressources de la vision originelle symbolisée par l’Arbre et la Source. 

Il y a moins d’un siècle de cela, la Déesse de la Vallée de l’Indus dans l’Arbre était encore une image vivante, incarnée et ressentie. Les facultés visionnaires étaient cultivées par des pratiques shamaniques, préservées dans les biorégions, de diverses cultures indigènes de par le monde. La machi, la shamane des Mapuche du Chili, se tient en transe dans l’arbre sacré en battant son tambour cérémonial. La photo ci-contre est celle de la Déesse de la Vallée de l’Indus dans l’Arbre incarnée sous une forme humaine. Elle nous offre le témoignage d’une continuité millénaire qui est, de nos jours, menacée d’être brisée par un coup final et dévastateur. Les traditions shamaniques se meurent sur toute la planète. Nous sommes témoins, au 21ème siècle, d’une extermination délibérée de la petite poignée restante de shamans qui représentent cette continuité. 

Alors que j’écris ces lignes, les San Bushmen du désert de Kalihari ont été finalement déplacés de leur habitat par les agents du développement des multinationales. Relocalisés dans des camps où ils ne peuvent plus survivre en comptant sur les savoir-faires qu'ils ont développés depuis 16 000 années, ils reçoivent des rations de nourriture industrielle et de la bière en cartonnages de deux litres. Leurs adolescents portent déjà des walkman et sont atteints du sida. Un journaliste de CNN interviewa une femme de la tribu qui refuse de quitter la terre de ses ancêtres. Elle est de petite taille et semble frêle, tout comme les Bushmen le sont par nature. Son visage doux est tendu, tel un masque de douleur indicible et violente mais ses yeux lancent des éclairs de défi farouche lorsqu'elle dit dans un Anglais haché qu'elle ne partira pas, qu'elle ne sera pas enlevée par la force, qu'elle mourra là où elle est plutôt que d'aller dans un camp de relocalisation...

Réfléchissant sur l'appel de Thomas Berry pour un mythe spécifique à notre espèce humaine, Ralf Metzner observe que «Je considère que cela signifie que les paradigmes culturels existants ne peuvent pas solutionner adéquatement les problèmes auxquels nous faisons actuellement face et cela signifie donc que nous devons puiser à la sagesse évolutive de l'espèce humaine dans ses relations avec les autres espèces et les écosystèmes. La survie de l'espèce humaine et son mode d'adaptation au monde naturel sont menacés. Tous les systèmes de vie de la biosphère sont dans une impasse dangereuse de par les conditions que nous avons créées». (Ouvrage cité. Page 171). De par son cadre favorisant l'imagination et la déconstruction, Metahistory met en exergue l'importance de la narration pour une réorientation cruciale de l'humanité vers un mode de vie harmonieux et soutenable. «L'espace participe de l'endroit tout comme le temps participe du récit» (Metzner. Page 183). Nous sommes des histoires vivantes dans un double sens: nous vivons des histoires (nous en sommes les acteurs) et nous sommes des histoires qui vivent. Toutes nos histoires personnelles sont entrelacées avec l'histoire qui embrasse toute l'espèce humaine mais nous avons perdu le fil-clé du récit de cette suprême aventure. Metahistory est une approche, une préparation pour recouvrer ce fil.

Pour Célébrer et Aimer

Quelle que soit la forme de la vision originelle que nous recherchons, elle doit révéler le mystère de la blessure du shaman, à savoir l'événement unique qui a désorienté notre espèce au point que nous risquons de perdre totalement notre chemin. La découverte de la blessure est la seule façon d'éliminer le schéma de domination et de violence infligée qui, de nos jours, se propage de lui-même dans les vagues de la douleur qui se répand de la blessure. La poétesse et nouvelliste Chickasaw, Linda Hogan, a dit que «notre régénération procède souvent de la perte, de la douleur et des cendres; nous sommes tels des sequois géants, avec une vie nouvelle émergeant de nos êtres tombés» (Entretien avec Derrick Jensen. Page 122). Ces paroles expriment la douleur qui fonde le processus rédempteur de guérison à l'échelle de l'espèce. Ensemble, l'Arbre et la Source représentent la puissance du langage comme instrument de notre connaissance primordiale, la sapience qui nous rend humains. 

Le commentaire de Linda Hogan sur le langage pourrait bien être le credo de Metahistory. «L’histoire est la chose essentielle que nous ayons. D'une certaine manière, c'est la seule chose que nous possédions. Certaines personnes qui ont besoin de guérison vont voir un thérapeute auquel ils racontent l'histoire de leur vie. Ils perçoivent alors cette histoire d'une manière différente, changent de schémas de vie et cela les guérit. Les histoires fournissent un raccourci vers le monde de l'émotion, un chemin direct vers le mythique et l'inconscient...

Le langage est. Il a de la force. Quelqu'un comme N. Scott. Momaday dirait que le langage est une entité, un être vivant. Il se peut que tout langage soit une prière ou un chant. Octavio Paz écrivit que lorsque l'on va vers des modes plus primitifs de pensée, le mot et le sujet sont une même chose. Il n'y a pas d'abîme entre le mot et ce qu'il évoque. 

Vus de cette façon, les mots possèdent un grand potentiel de guérison, sous tous aspects. Et nous avons besoin de les apprendre, de trouver un moyen d'évoquer tout d'abord le problème, la vérité, contre la destruction, et ensuite de trouver un moyen d'utiliser le langage pour remettre les choses à leur place, de vivre dans le respect, de chanter et de célébrer la Terre, d'aimer.»


John Lash Septembre 2002.

John Lamb Lash/Traduction par Dominique Guillet de l'essai "Tree and Well. The Logo and Credo of Metahistory".(Source)

samedi 20 octobre 2012

Le sacrifice d'Odin




Je sais que je pendis
A l'arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d'une lance
Et donné à Odin
Moi-même à moi-même donné,
- A cet arbre
Dont nul ne sait
D'où proviennent les racines.

Point de pain ne me remirent
Ni de coupes;
Je scrutai en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai, De là, retombai.

Neuf chants suprêmes
J'appris du fils renommé
De Bölthorn, père de Bestla,
Et je pus boire
Du précieux hydromel
Puisé dans Odredir.

Alors je me mis à germer
Et à savoir,
A croître et à prospérer,
- De parole à parole
La parole me menait,
D'acte en acte
L'acte me menait. 


(Havamal 138-141)

Dans la mythologie nordique, il est raconté qu'Odin, le dieu borgne (qui voit de l'oeil droit, côté de la Connaissance) s'est pendu à l'arbre monde Yggdrasil afin de sacrifier son moi inférieur et ainsi permettre à son moi divin, son essence véritable, d'émerger et de "croître". 

Ce mythe est représenté par l'arcane XII du tarot de Marseille: le pendu.


On remarque sur cette arcane, la position des jambes du personnage qui ressemble à une sorte de 4. Ce chiffre est lié au symbole de la croix, de la mise à l'épreuve dans la matière. Or, si l'on fait le lien avec le mythe nordique, on aperçoit la rune Thurisaz.


Cette rune est considérée comme l'épine dans l'arbre et symbolise en quelque sorte les affres de l'incarnation. Ce qui n'est guère éloigné de la problématique du 4 et de la croix. Elle porte en elle-même la force primordiale qui doit être maîtrisée et transmutée. C'est un symbole guerrier (marteau de Thor dieu de l'orage) qui mène à la libération.

Le chiffre douze de l'arcane représente bien un cycle complet, un accomplissement qui va passer par la confrontation avec l'existence terrestre. Mais il représente aussi un perpétuel recommencement, cycle des incarnations, dont il va falloir se libérer en usant de sa force intérieure.

A suivre...