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samedi 11 février 2012

Poser la bonne question


Oedipe et la Sphinge - Odilon Redon 

Après avoir beaucoup marché, elle rencontra un cavalier blanc sur un cheval blanc, et l'aube apparut: puis vint un cavalier habillé de rouge, et le soleil se leva. Elle marcha tout le jour. Le soir, elle vit une cabane faite d'ossements humains dont la barrière était ornée de crânes. Alors passa un cavalier  vêtu de noir et montant un cheval noir. La nuit tomba et les yeux des crânes se mirent à briller; Baba Yaga arriva, volant dans les airs, assise dans un mortier, ramant à l'aide d'un pilon et effaçant ses traces avec un balai. Elle s’allongea et demanda à Vassilissa de lui apporter à manger, n'offrant à la jeune fille qu'un croûton de pain. Puis elle lui ordonna, pour le lendemain, de tout nettoyer et de trier le tas de blé, grain par grain, si elle ne voulait pas être dévorée.*

Il y a bien une énigme dans ce passage, un message dissimulé derrière ces trois personnages qui surviennent dès que Vassilissa franchit le seuil de la forêt, lieu frontière entre le monde d'en haut et le monde d'en bas...Ces trois cavaliers aux couleurs du Grand Oeuvre mènent notre héroïne à la sorcière. 
L'Oeuvre au noir peut être dans ce conte symbolisée par la mort de la trop bonne mère (qui elle serait la materia prima) et l'apparition de la marâtre. Puis l'Oeuvre au blanc par le cavalier de la même couleur, et l'Oeuvre au rouge par le cavalier du midi. 
Ils me renvoient au mythe d'Oedipe, et de la description qu'Annick de Souzenelle dans le symbolisme du corps humain fait de la Sphinge:

"Un gardien du seuil se tient à l'entrée et dévore ceux des habitants qui ne peuvent répondre à son énigme. Frère de tous les monstres dévoreurs des mythes, ce gardien est à son tour dévoré, c'est à dire intégré par celui qui saisit les énergies-informations qu'il est. Celui-là devient l'informé, le connaissant."

Nous avons déjà vu que le Féminin refoulé, non conscientisé, apparaît sous diverses formes à travers le conte. Son aspect le plus menaçant est sans doute représenté par la marâtre et ses deux filles. Elles symbolisent en quelque sorte ce gardien de l'entrée qui menace de détruire le héros si ce dernier ne donne pas la réponse en adéquation avec l'énigme posée. Pourtant, d'une certaine façon, c'est elles qui poussent Vassilissa à s'enfoncer dans la forêt (elles posent en quelque sorte l'énigme). Sans leur intervention, la jeune fille ne se serait sûrement pas aventurée dans sa nuit intérieure. La rencontre avec Baba Yaga contient en elle-même la bonne réponse. En fait, Vassilissa ne donne pas de réponses mais pose LA bonne question...ce qui est le plus judicieux. 

"Ce gardien est nous-même dans une dimension effrayante tant que nous ne le sommes pas devenus et pour le devenir, car il nous oblige à aller vers nous-même, vers ces épousailles avec nous-même, avec la mère intérieure, pour y atteindre. Ces gardiens sont souvent des femmes terrifiantes car c'est le féminin intérieur, nous l'avons vu, qui détient la force que nous sommes appelés à épouser, et qui, à la limite, détient le noyau, le NOM.

La Sphinge tétramorphe est Oedipe dont l'accomplissement sera symbolisé par les quatre enfants qui lui naîtront de Jocaste, quatre dimensions de lui-même au fur et à mesure de ses épousailles de plus en plus profondes avec lui-même, avec les énergies de la Mère.
"La Sphinge, selon ce que certains disent, était une fille bâtarde de Laïos..." Cette version vient confirmer la lecture du mythe, selon laquelle la Sphinge est "soeur d'Oedipe", autrement dit, son aspect féminin non encore accompli.


Pour ceux qui se passionnent
pour l'énigme du Tarot,
 cliquer sur le Monde...

Ismène ("force vigoureuse") est le taureau: première étape de la vie, ancrage en terre, fécondité promise et promesse de la couronne que les cornes de l'animal symbolisent. **(Le cavalier blanc de l'aube)

Polynice ("nombreuses victoires") est le lion: deuxième étape de la vie centrée sur une qualité solaire d'amour vrai qui permet toutes les victoires sur soi-même (épousailles des énergies). **(Le cavalier rouge du midi)

Etéocle ("vraie clef") est l'aigle, gardien de la "porte des dieux" qui détient le pouvoir des "clefs" (...) *(le cavalier noir qui rentre dans la cabane)

Antigone ("avant le naissance") est le retour aux normes ontologiques, dimension dans laquelle seule l'Homme peut accomplir le NOM qu'il est.**(la rencontre avec Baba Yaga)"(A. de Souzenelle)




"Pose-les (les questions) mais souviens-toi que toute question n'est pas sage: trop de savoir rend vieux."*

Ainsi parle Baba Yaga avant que Vassilissa l'interroge.

Or, la question de Vassilissa pointe justement sur l'essentiel. Ce n'est pas une question futile issue d'un esprit curieux et immature mais bien celle qu'un bon disciple poserait à son maître.  En questionnant Baba-Yaga sur les mystérieux cavaliers, la jeune fille montre de façon subtile qu'elle a compris le bon chemin à prendre pour descendre dans sa vérité profonde et celui qui va lui permettre d'en revenir. 

Sphinge au Louvres
Nous remarquons que la sphinge ou sphynx, mi-bête mi-humaine apparait dans de nombreuses mythologies: en Mésopotamie ( où l'on retrouve de semblables créatures gardiennes de la déesse Ishtar ), en Egypte, en Grèce et en Europe en particulier durant la période la Renaissance où elle connaîtra un véritable essor. Il suffit de se promener dans Paris pour s'apercevoir que ce symbole est encore bien présent et que son énigme est loin d'avoir été résolue...




Notre pensée intime est un vaste royaume
Dont le drame profond se déroule tout bas.
Toute chair emprisonne un fantôme
Toute âme est un secret qui ne se livre pas.


Et c'est en vain Ô front! que tu cherches l'épaule,
Refuge en qui pleurer, aimer ou confesser;
L'être vers l'être va comme l'aimant au pôle,
Mais l'obstacle entre eux vient entre eux se dresser.


Car, au fond de nous tous, ennemie et maîtresse,
La Sphinge s'accroupit sur son dur piédestal,
Et tout épanchement du coeur, toute caresse,
Soudain se pétrifie à son aspect fatal.


Sa présence toujours aux nôtres se mélange,
Sa croupe désunit les corps à corps humains;
Au fond de tous les yeux vit son regard étrange
Ses griffes sont parmi les serrements de mains.

Et lorsque nous voulons regarder en nous-même
Pour nous y consoler et nous y reposer,
La sphinge est là tranquille en sa froideur suprême,
L'énigme aux dents prête à nous la proposer.


Occident - Lucie Delarue Mardrus


* Extrait de la version du conte la Belle Vassilissa issu de l'interprétation des contes de fées par Marie-Louuise Von Franz

**Notes personnelles



jeudi 19 janvier 2012

Sois un lotus

Lotus chinois bleu

Jésus dit: 
Allez parmi les gens,
mangez ce que l'on mettra devant vous
et soignez ceux qui parmi eux sont malades.
Car ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera pas,
mais ce qui sortira de votre bouche,
c'est cela qui vous souillera.


(...) L'important n'est pas ce que vous prenez, l'important est ce qui sort de vous - car ce qui sort de vous indique votre qualité, l'important est: comment vous transformez ce que vous avez pris.

Un lotus naît dans la vase; la vase est transformée et devient un lotus. Jamais le lotus ne dit: " Je ne mangerai pas de cette vase, c'est sale!" Non, il ne s'agit pas de cela. Si vous êtes un lotus, rien n'est sale.Si vous avez les pouvoirs d'un lotus, si vous avez ce pouvoir transformateur, alchimique, alors vous pouvez rester dans la boue, et le lotus naîtra.

Et si vous n'avez pas la qualité d'un lotus, même si vous viviez dans l'or, il ne sortira de vous que de la boue.

Ce qui entre n'est pas l'important. L'important est que si vous êtes centré dans votre être, tout ce qui entre est changé, transformé; cela prend la qualité de votre être, puis cela sort.

L'Evangile de Saint Thomas, commenté par Osho, Editions le Relié.

Prêtons attention au mental, au cours d'une journée. Observons comment il fait la fine bouche face aux choses qui surviennent. Comment il rechigne à faire, à voir, à entendre certaines choses, comment il sélectionne selon ses préférences. Il est courant d'entendre dire: "Ah, moi je n'aime pas ça...je préfère ça...je ne peux pas le voir celui-là! Je ne peux pas le sentir!...Ah si je pouvais être ailleurs!".

Ou bien observons notre attitude face à des souvenirs, des évènements passés qui nous ont déplus, peinés, ou énervés. On y pense et se déclenche le petit mécanisme des émotions, comme si cet évènement revenait sans cesse au présent. Nous y restons attachés, au-delà du temps, parce que nous refusons de le digérer, d'être un lotus et de transformer cette boue en fleur.

Le mental seul ne peut effectuer ce travail. Impossible! il n'est pas outillé pour ça. Il faut une Présence supérieure pour effectuer ce travail d'alchimiste. Un regard bienveillant mais absolument objectif c'est à dire qui  voit le monde tel qu'il est et non déformé derrière les jugements du mental. Un regard qui regarde avec totalité.

La question du jour est: 



lundi 26 septembre 2011

L'Oeuvre au blanc (suite du rêve "le sac")






Je suis dans la cuisine avec mon compagnon. Je parle au téléphone avec un homme, une relation professionnelle, en plaisantant, riant puis je raccroche. 

Voila à nouveau le lieu de la cuisine, lieu où se prépare les transformations alchimiques. Il y a un contact qui s'est semble-t-il établi avec l'animus positif (l'homme au téléphone) mais celui-ci n'est pas visible car ce rêve va me faire visiter l'aspect négatif de ma relation au masculin. La relation professionnelle souligne le travail en cours, l'activité qui s'est déclenchée suite à ce contact établi avec moi-même sans doute à travers mes rêves. 

Mon compagnon semble contrarié. Il me dit que ce n’est pas convenable qu’une femme ait des contacts téléphoniques avec un autre homme. Je lui réplique que lui-même ne cesse de recevoir des appels de femmes inconnues et que je ne le lui aie jamais reproché. La discussion s’envenime jusqu’à ce qu’il me jette avec mépris que de toute façon, je suis inutile. Je ne lui sers à rien. 

Le compagnon est surement un aspect de l'ancien moi-même, un "compagnon de longue date donc", l'ombre qui se nourrit de l'énergie de toutes les douleurs refoulées dans l'inconscient. Cette relation étouffante, est ressortie maintes fois dans ma vie (avec femmes et hommes, de moi-même aussi, en amitié comme en amour, pas systématiquement mais assez souvent pour être soulignée). Relation ou l'autre est un objet, un moyen de se fuir.

Cela me renvoie à nouveau à ma relation à ma mère avec laquelle j'ai joué le rôle du bouc-émissaire, endossant toutes les blessures familiales. J'étais en quelque sorte le "vilain petit canard", celle qui ne trouvait nulle part sa place, en perpétuelle révolte, celle qui savait si bien provoquer les colères du père, ce" maître" qu'elle tentait  de ménager au détriment de ses propres enfants. 
Combien de fois ai-je "oublié" ou "perdu" les clés alors qu'on partait en voyage? Combien de fois, j'ai oublié le khôl noir sur mes yeux alors que cela m'était interdit, au risque d'entendre mon père me traiter de... Combien de fois me suis-je insurgée de ses idées politiques douteuses et radicales? 
Je ne voulais pas être ma mère. Je me suis fabriquée un personnage... Toujours vêtue de noir en oppositions aux couleurs vives qu'elle aime tant porter...Je lui disais que je ne me marierai jamais, que je ne serai jamais l'esclave d'un homme. Je me voulais cynique, implacable et au fond de moi je l'étais. Surtout envers moi-même. 

Je me souviens très bien de la sensation d'étouffement quand j'approchais de la maison. Cette angoisse qui scellait ma poitrine, me faisant redouter ces repas pris en famille où le silence pesait comme un orage prêt à éclater. L'interrogatoire de mon père au sujet de ma vie, dont il ne retenait rien, écoutant à peine ce que je voulais bien lui répondre.  Quand je parlais, il ne m’écoutait pas; quand je ne parlais pas, il me disait que j'étais un mur, "un museau", qu'on ne pouvait rien espérer de moi. Souvent cela finissait par mon abdication. je me levai, quittai la table et pleurai dans ma chambre. Toujours la même danse; et la douleur inexprimable de se voir la danser chaque jour, comme ce conte du joueur de flûte... Cette impression d'être sur un manège qui ne veut pas cesser de tourner.

Jusqu'au jour où, après une conversation douloureuse au téléphone avec mon père, une conversation stérile où il parle seul et je me tais, je suis montée dans ma chambre, j'ai rempli un sac de choses inutiles et je suis partie. Sans savoir où j'allais, bien décidée à ne jamais revenir. Je n'ai plus donné signe de vie pendant plusieurs mois. J'avais dix-neuf ans.

 Parfois, je m'arrêtais dans une cabine,je décrochais le combiné et je restai là, impuissante, dans l'incapacité de "dire" ce vide intérieur qui me dévorait. 

Je les avais quitté mais ils étaient toujours là, à l'intérieur de moi, remuant comme des serpents crachant leur venin. J'ai coupé mes cheveux, me suis mise à vivre la nuit, à m'entourer d'une foule de gens perdus et immatures comme moi, incapable de mener à terme le moindre projet. Incapable d'avancer, de faire des études, de me laisser enfermer dans un travail. J’étouffais perpétuellement. Je ne savais même pas ce que je voulais, qui j'étais. Je fumais  allongées par terre, ne supportant plus la lumière du jour, ni les êtres qui l'habitaient encore, tout ce bruit à l'extérieur qui ne couvrait pas celui que je portais...aucune drogue ne parvenait à me guérir de moi-même, aucun amour ne me touchait vraiment.

Je ressens une sensation de colère et d’étouffement mêlés ; il faut que je sorte, que je parte.Je veux prendre mon sac posé sur le plan de travail(un sac noir comme sur la photo, mon sac dans la réalité...). C’est la seule chose que je veux emporter pour ne plus revenir. Mais il me l’enlève des mains et je dois partir sans. Je sens alors que sans mon sac (mes papiers d'identité, mon agenda, mon argent etc.), je vais devoir repartir à zéro.

Je crois que le sac noir sur "le plan de travail" représente la blessure fouillée, remuée et intégrée, la femme noire du rêve de la valse minute. Il est temps de partir, d'aller vers autre chose et je dois laisser derrière moi certains aspects de cette blessure, qui même si elle fait partie de moi, ne doit plus entraver ma façon de me conduire. Je l'ai dépassée intérieurement mais il faut que cela s'étende à mon comportement, des habitudes, de façons de voir, qui restent imprégnées, alourdies par la blessure.


(dans la réalité, j'ai plusieurs fois vécu cette "remise à zéro du compteur", et j'avoue que cela ne me déplaît pas de faire table rase et recommencer...une part de moi aime la nouveauté, le changement, et l'autre aime la stabilité, la profondeur...)

Quand je dis ça, je décris bien les deux aspects diamétralement opposés qui m'habitent. Celle qui fuit et celle qui veut approfondir, ou se rassurer... Il m'arrive encore aujourd'hui ne pas pouvoir répondre à un appel téléphonique ou ne pas arriver à appeler quelqu'un. Je regarde l'appareil, impuissante, comme si "celle-qui-ne-peut-pas-dire" était toujours là, agissante et présente en moi. Il faut parvenir à un équilibre.

A l’extérieur, mon père vient d’arriver au volant d’une très belle voiture. Je monte dans la voiture et je découvre que mon compagnon lui a quand même laissé mon portefeuille (avec l’argent... je vérifie) mais a gardé le reste du sac. Je pense immédiatement qu'il va sans doute fouiller mon sac et cela me gêne car il va mal interpréter ce qu'il contient. Mais il se peut aussi qu'il ne le fasse pas, d'une part parce qu'il respecte généralement mon intimité, d'autre part à cause d'une forme de négligence de ce que je ressens réellement. Je demande à mon père de démarrer rapidement et de m’emmener ailleurs.

Ce masculin guéri dont j'ai commencé à prendre conscience en moi semble être une aide précieuse pour dépasser les anciennes blessures et aller vers un renouveau. Il y a quand même une crainte encore que l'ancien schémas masculin, envahisse à nouveau mon intériorité mais les billets de 10 que, comme Amezeg, je vois bien symboliser l'unité ou du moins le potentiel suffisant pour accéder à cette unité me rassure.
Et c'est vrai que dans ma conscience quelque fois, d'anciens schémas resurgissent, remontent en moi comme des eaux en crue, mais le Soi retrouvé, le Un du dix (qui alors porte une notion d'aboutissement) me relie au divin, et je me sécurise. Cela se ressent dans ma vie quotidienne, concrètement, les évènements semblent se délier d'eux-même dès que je relâche la pression, dès que je m'en remets à cette Connaissance intérieure. Les choses se rééquilibrent même si cela ne me dispense pas de rencontrer des problèmes, ou de ressentir encore de l'angoisse parfois, j'arrive toujours à les dépasser.
Je ne suis plus enchaînée à mon passé. J'arrive à vivre sans m'y référer. Marcher sans me retourner comme devait le faire Orphée pour délivrer sa belle.
Il s'agit véritablement du grand oeuvre alchimique puisque si je me réfère au mage wikipédia:

Œuvre au noir (mélanosis en grec, nigredo en latin), sous le signe de Saturne : il y a mort, dissolution du mercure et coagulation du soufre. « Notre alchimiste commence par préparer, dans un mortier d'agate, un mélange intime de trois constituants. Le premier, qui entre pour 95 %, est un minerai : un pyrite arsénieux. Le second est un métal : fer, plomb, argent ou mercure. Le troisième est un acide d'origine organique : acide tartrique, ou citrique. Il va broyer à la main et mélanger ces constituants durant cinq ou six mois. Ensuite il chauffe le tout dans un creuset... Il dissout enfin le contenu du creuset grâce à un acide... Il évapore ensuite le liquide et recalcine le solide, des milliers de fois, pendant plusieurs années... Au bout de plusieurs années, il ajoute à son mélange un oxydant : le nitrate de potasse, par exemple. Il y a dans son creuset du soufre provenant de la pyrite et du charbon provenant de l'acide organique... Il va recommencer à dissoudre, puis à calciner, durant des mois et des années... Le mélange [soufre, charbon, nitrate : explosif] est placé dans un récipient transparent, en cristal de roche, fermé de manière spéciale ['fermeture d'Hermès ou hermétique']... Le travail consiste désormais à chauffer le récipient... Le mélange change en un fluide bleu-noir ['aile de corbeau']. (couleur de la voiture...)»

L'oeuvre au noir semble se terminer (noir qui se retrouve tout le long du rêve...)...D'ailleurs je quitte actuellement l'appartement dans le quel j'ai vécu toute la transmutation en rapport avec ce travail...


Nous allons à l’extérieur de la ville dans un centre commercial. Nous discutons avec une grande facilité ; je me sens parfaitement comprise et soutenue par lui. Nous parlons du fait que la police met facilement des contraventions sur ce parking, mais je constate que finalement, l’endroit est bien ordonné et bien fréquenté grâce à ce contrôle policier régulier. Mon père approuve totalement. Je pense que pendant qu’il va travailler, je vais pouvoir conduire sa belle voiture. J’ai une légère appréhension comme si j’avais peur de l’abîmer mais en même temps, je sens aussi une forme d’excitation.
(la suite du rêve devient floue)

L'ordre intérieure du à l'intégration de mes anciennes blessure se répercutent dans mes relations aux autres, au monde. Je n'ai plus peur de la rencontre, de me livrer telle que je suis; j'ai gagné une assurance qui m'ouvre des portes jadis complètement fermées.
Le masculin n'a pas pour autant fini de "travailler", mais je suis prête toutefois pour vivre de façon "unifiée", de faire mes premiers pas dans ce nouveau moi qui se révèle.


Nous sommes dans un nouvel appartement très vaste et bien chauffé (un poêle dans chaque pièce). Mais nous devons le repeindre. Mon compagnon veut peindre par-dessus l’ancienne tapisserie avec une peinture noire mais je refuse et lui dit que je veux l’arracher. Je me mets à la tâche et il se trouve que la vieille tapisserie s’enlève très facilement. Une fois enlevée nous peignons tout en blanc même les boiseries de l’appartement.

Le "nouvel appartement" confirme l'accomplissement de ce nouveau moi. Ce contenant, ce féminin réorganisé, plus spacieux, plus lumineux et chaleureux, c'est à dire accueillant...malgré la présence reconnue de l'ancien masculin innaccompli (dit négatif), je n'ai plus besoin de m'appesantir sur le noir, ni mes ténèbres intérieures, et je tâche d'accomplir l'oeuvre blanc dans les règles de l'art en arrachant toute l'ancienne peau...