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lundi 22 octobre 2012

L'arcane de la Justice


Dans tous les anciens lieux de culte à la Déesse-Mère, à Sumer, à Babylone, au pays de Canaan, à Carthage, à Chypre, en Anatolie, en Grèce…, « les femmes qui faisaient l’amour dans les temples étaient appelées dans leur propre langue les “femmes sacrées”, “les pures” » 

     La chanteuse kabyle Houria Aïcha était fascinée, dans sa jeunesse, par les femmes libres qui allaient au café, chantaient sur la place du village. Résurgences d’une tradition pré-islamique, ces femmes étaient « célibataires, veuves ou divorcées, mais pouvaient avoir les amants qu’elles voulaient, tout en jouissant d’un statut d’artiste très respecté. » 

      C’est la Filière dite de la Fille du Feu, «  Filière de Réceptivité pour l’Incarnation et la Transmission de l’Energie “illustrée” par les Vestales, les Danseuses sacrées, etc.  » 

      Mais cette Energie n’est pas faite pour se déployer à ce seul niveau sexuel et toutes les Traditions authentiques le disent : « Ferme tes issues », « Bouche tes portes », pour atteindre la Réalisation. Sinon, grande déperdition de l’énergie qui n’atteint pas son but ultime. Sept portes sont à ouvrir qui correspondent aux sept vallées dont parle l’enseignement de Ramakrishna.

Extrait d'un article intitulé la montée du serpent Kundalini trouvé sur le blog très documenté de Robert Régor: Vivre Vouivre.





Découverte ici...

jeudi 5 avril 2012

Le bas-te-leurre


Il n'y a pas de meilleur ennemi que toi-même car qui d'autre est plus apte à te leurrer?

Il n'y a pas meilleurs amis que les autres car ils te mettront sans cesse face à ce que tu ignores (ou feins d'ignorer) de toi-même.

 "Nul n'est plus esclave que celui qui se croit libre sans l'être."

(Goethe)

jeudi 29 mars 2012

Le médiateur divin


Chut, écoute le Vav...Que dit-il?



Valeur numérique: 6
Signe astrologique: le Taureau
Signification: le Crochet
Rayonnement: vert profond, rubis rouge central

Notions-clefs:

  • Axe vertical, reliant la terre et le Ciel
  • La colonne vertébrale
  • Action d'unir, de relier.
  • Le discernement sur l'orgueil et les pouvoirs.
Homme, Femme de la Terre, depuis longtemps tu marches. Mais en cet instant tu me rencontres, et cet instant est béni. Uni à moi, tu peux mieux réaliser la grandeur de ton être dans toute sa vastitude. 
Acceptes-tu de te contempler toi-même en entier?

Les mots ne peuvent évoquer la dimension de ton être qui est hors du temps, mais tu peux en pressentir la beauté. Au coeur de ton âme vibre ton Nom secret, imprononçable, qui est vibration pure.

Tu transportes en toi toute la richesse de tes expériences qui dépassent largement ta vie actuelle. Rien ne t'arrive que tu n'aies choisi, quelque soit le niveau de ton être qui ait émi ce choix. Tu portes aussi en toi les mémoires d'une hérédité humaine, et de différents chocs reçus qui peuvent t'influencer. Cette partie-là est comme un enfant qui se croit orphelin et que le monde terrifie, qu'il se l'avoue ou non. Il construit une carapace pour se protéger. Je t'aiderai à lui faire comprendre que le Père-Mère lui ouvre les bras.

Enfin si tu veux être entier, il te faut pleinement intégrer ton corps physique. Il est intelligent, sensible, et souffre depuis des millénaires d'être ainsi vécu comme une prison, une limite intolérable pour l'âme avide de liberté. Il aspire pourtant à la Vie véritable - en résonance avec la Terre - et manifeste son appel de mille façons possibles.

Je suis le Vav, bien-aimé, et Je suis tout cela, car Je suis ton Être réunifié.

Extrait du Tarot des Lettres Hébraïques de Marie Elia


jeudi 8 mars 2012

Le coeur invisible


 ... Notre existence tout entière, jusque dans ses plus vulgaires manifestations doit donc tendre vers la forme de vie la plus haute, vers la vie éternelle : qu'est ce que cette dernière ? C'est le sacrifice constant d'un pour tous, de tous pour un, de tous pour tous. C'est l'Amour qui est le Centre des centres ; c'est donc à l'Amour qu'il faut rendre un culte vivant, en agissant, en pensant, en travaillant pour lui.

   Les entraînements ésotériques sont donc des trompe-l'oeil, en ce sens qu'ils ne s'adressent pas au centre de l'homme, mais à un de ses organes externes: magnétisme, mental, psychisme, etc. Le jardinier, qui coupe des feuilles et des rameaux pour obtenir une fleur belle et monstrueuse, mais éphémère, fait comme l'initié qui tue en lui telle ou telle forme de la vie, l'énergie sexuelle par exemple, pour la sublimer en une faculté plus rare : cette faculté ne sera pas viable ni saine.

   Ainsi il ne faut appeler à son aide aucune créature, aucun adepte, aucun sage, aucun saint, aucun génie, aucun archange : toute créature est, parce que créature, capable d'erreur : il ne faut appeler que Dieu, et l'appeler d'une façon vivante, non seulement par le désir mais aussi et surtout par l'acte.

   Toute créature, même la plus élevée, est chargée des chaînes du temps et de l'espace : elle répondra donc moins vite à notre appel que le Ciel qui est libre ; il ne faut rien déranger dans le monde ; mais Celui qui vit hors du monde, le Ciel, se dérange et est auprès de celui qui l'évoque, non pas avec des cérémonies, mais par l'holocauste de ses désirs propres : le Ciel est l'inverse de la Nature ; celle-ci vit par l'individualisme, ou l'essaie tout au moins; celui-là vit par l'universalisme ; toutes les fois donc que l'homme oublie son individu pour s'occuper d'un autre, il évoque le Ciel, et le Ciel vient à côté de lui et en lui. « Celui qui fait la volonté du Père est ma mère, dit le Verbe. »

   Les enseignements des hommes célèbres ne doivent donc être pour nous que des gymnastiques intellectuelles ; le vrai travail est au centre de nous-mêmes à la racine de notre volonté, de notre moi, dans cet organe qu'on peut appeler le cœur invisible qui est la lampe où couve l'étincelle de la lumière incréée.

vendredi 24 février 2012

Se tenir à quatre pattes

Source



Vassilissa commença à remercier la Yaga, mais la poupée se mit à s'agiter dans sa poche et Vassilissa se rendit compte qu'elle devait prendre le crâne et s'en aller. Elle courut jusque chez elle à travers la forêt obscure, suivant les méandres du chemin selon les indications de la poupée. 
Vassilissa traversait la forêt, portant le crâne avec le feu qui jaillissait des trous à l'endroit de ses oreilles, de ses yeux, de son nez et de sa bouche. Soudain, elle eut peur de son poids et de sa lumière surnaturelle et eut envie de le jeter au loin.
Mais le crâne lui adressa la parole. Il lui enjoignit de se calmer et de continuer à marcher vers la demeure de sa belle-mère et de ses filles. Ce qu'elle fit.*

Après le travail des profondeurs, vient le moment de l'ascension, le retour au monde comme une nouvelle naissance. Il est étrange d'employer ce terme d'ascension pour exprimer un retour aux réalités de ce monde généralement employé pour décrire l'élévation de la conscience vers les hautes sphères divines...
Il s'agit pourtant d'un point essentiel de toute voie et je le mets en parallèle avec la symbolique de l'Ascension du Christ. Il est commun de considérer la voie spirituelle comme un chemin conduisant à se libérer définitivement de ce monde.
Dans le conte de Vassilissa, souvenez-vous, Baba Yaga presse la jeune héroïne du conte à repartir, à rentrer chez elle avec son nouveau Soi symbolisé par le crâne flamboyant (chakra couronne...). Elle la pousse à ne pas s'attarder dans ce monde sous-terrain qui est aussi le creuset de sa part divine. 


Il s'agit là d'un piège spirituel  très subtil: s'attarder dans l'illumination qui est, disons-le sans mentir, un lieu bien plus confortable que les vicissitudes terrestres. Quand nous vivons la fusion, l'unité du Soi, il est très tentant de ne plus "revenir", d'alimenter de façon à peine perceptible par le mental (qu'à force de diaboliser , on alimente...) ce détachement vis-à vis du monde. 


Or, je ne crois pas que le Christ soit venu en ce monde pour en suite s'en retirer. Il est venu au contraire s'offrir dans sa totalité. Croire en une séparation entre le royaume des Cieux et le royaume terrestre est le propre même de la dualité. Cette idée d'Ascension au Ciel du Christ peut s'apparenter au retour de Vassilissa armée de son Soi flamboyant vers le monde d'en haut, c'est à dire le monde extérieur (le monde ontologique des contes étant un monde renversé ce qui est en haut est en bas et inversement. De nombreux mythes et contes évoquent cet inversement des valeurs).


Sans doutes s'agit-il de la véritable naissance qu'évoque Jésus à Nicodème quand il lui parle de "naître d'en haut". Le Royaume des Cieux où l'on établit communément la demeure de Dieu, se situe en réalité dans nos profondeurs et c'est là qu'il nous faut aller chercher si nous voulons accéder à la Vie réelle, si nous voulons réellement incarner le divin reconnu au fond de soi. La science ne dit-elle pas que nos cellules sont composées de la même matière originelle que les étoiles? Dieu est semble-t-il encodé dans chaque particule de notre être; c'est donc en nous, dans l'espace perceptible de notre champ de conscience que nous devons Le chercher et Le trouver.


Le crâne flamboyant contient le Soi, c'est à dire la lumière divine obtenue après une remontée jusqu'au chakra Couronne symbolisé dans l'arbre de vie de la Kabbale par la sephiroth Kether. Mais si l'Arbre de Vie propose justement une remontée de l'initié vers les hautes sphères, il propose aussi un retour dans le sens inverse pour amener la lumière recueillie en kether vers le royaume dit Malkuth (la sphère matérielle et terrestre). C'est tout le cheminement de l'homme suivant la Voie du milieu. 








Quand on observe l'arcane de la Tempérance, nous voyons bien comment l'énergie d'en haut est reliée à celle d'en bas, mais cela exige une transmutation de la matière vivifiée par l'Esprit (ou étymologiquement Pneuma=Souffle). C'est ce souffle justement qui doit franchir les étapes de l'arbre des Séphiroth, dépasser les blocages inhérents à chaque passage (ou portes) afin d'habiter pleinement son  Arbre, ou plus directement habiter son Corps dont l'Arbre est l'image archétypale (Annick de Souzenelle). Mais la tâche la plus ardue n'est sans doute pas celle de monter vers l'Aïn  Soph Aur (Lumière infinie) qui nous lance un appel déchirant depuis nos profondeurs au plus loin que remonte l'exil, mais bien celle d'accepter d'en être momentanément privé le temps de l'incarnation afin d'accomplir la descente de cette lumière dans les sphères opaques de la matière. C'est ce que symbolise sans doute les ailes couleur chair de l'ange de Tempérance: le Souffle allié à la matière.


La véritable spiritualité ne se mesure pas seulement à la façon dont vous savez dissoudre l'ego (même si au départ c'est un travail utile) mais à la façon dont à travers l'ego (qui ne peut complètement disparaître tant que les corps est là...), ou la persona, vous exprimer la spiritualité. Elle se mesure à la façon dont vous allez réaliser chaque énergie rencontrée sur votre chemin dans le concret, la matière.


C'est une façon de soumettre la matière aux lois nouvellement intégrées de l'Esprit. Et non le contraire (comme le pratique le magicien qui soumet les lois de l'Esprit à des désirs purement matériels...). C'est ce qu'est en train d'accomplir la jeune Vassilissa; elle se rend bien compte à quel point la tâche est vertigineuse et à quel point elle n'y a pas été préparée (nous marchons à tâtons guidé seulement par l’intuition et la Connaissance peu à peu acquise).


Soudain, elle eut peur de son poids et de sa lumière surnaturelle et eut envie de le jeter au loin.*


En effet, l'enjeu n'est plus le même; nous devenons responsable de ce que nous allons exprimer de cette connaissance, de la façon dont nous allons la transmettre et l'incarner.


Se tenir à quatre pattes que je reprends en titre signifie bien sûr selon l'expression de Pinkola Estés retrouver ses instincts perdus, sa nature véritable et sauvage. Mais cela signifie aussi, à ma façon, se tenir verticalement au coeur même de la matière (le quatre ou le symbole du carré). Vous notez que le 14 de la Tempérance est le Un allié au 4, le carré dans le cercle...


L'homme de Vitruve - L. de Vinci


Se tenir à quatre pattes, c'est aussi faire confiance en son flair, en sa guidance spirituelle; c'est être parfaitement stable et proche de ses racines. C'est pouvoir se glisser dans les sous-bois épineux sans perdre l'équilibre.


Dans cette vidéo, Arouna Lipschitz, explique comment après avoir porté dix ans la robe orange (tradition hindouiste), elle dut retourner au monde et réaliser sa spiritualité de façon plus concrète...




* Extraits du conte la Belle Vassilissa selon Clarissa Pinkola Estés dans Femmes qui courent avec les loups.

samedi 11 février 2012

Poser la bonne question


Oedipe et la Sphinge - Odilon Redon 

Après avoir beaucoup marché, elle rencontra un cavalier blanc sur un cheval blanc, et l'aube apparut: puis vint un cavalier habillé de rouge, et le soleil se leva. Elle marcha tout le jour. Le soir, elle vit une cabane faite d'ossements humains dont la barrière était ornée de crânes. Alors passa un cavalier  vêtu de noir et montant un cheval noir. La nuit tomba et les yeux des crânes se mirent à briller; Baba Yaga arriva, volant dans les airs, assise dans un mortier, ramant à l'aide d'un pilon et effaçant ses traces avec un balai. Elle s’allongea et demanda à Vassilissa de lui apporter à manger, n'offrant à la jeune fille qu'un croûton de pain. Puis elle lui ordonna, pour le lendemain, de tout nettoyer et de trier le tas de blé, grain par grain, si elle ne voulait pas être dévorée.*

Il y a bien une énigme dans ce passage, un message dissimulé derrière ces trois personnages qui surviennent dès que Vassilissa franchit le seuil de la forêt, lieu frontière entre le monde d'en haut et le monde d'en bas...Ces trois cavaliers aux couleurs du Grand Oeuvre mènent notre héroïne à la sorcière. 
L'Oeuvre au noir peut être dans ce conte symbolisée par la mort de la trop bonne mère (qui elle serait la materia prima) et l'apparition de la marâtre. Puis l'Oeuvre au blanc par le cavalier de la même couleur, et l'Oeuvre au rouge par le cavalier du midi. 
Ils me renvoient au mythe d'Oedipe, et de la description qu'Annick de Souzenelle dans le symbolisme du corps humain fait de la Sphinge:

"Un gardien du seuil se tient à l'entrée et dévore ceux des habitants qui ne peuvent répondre à son énigme. Frère de tous les monstres dévoreurs des mythes, ce gardien est à son tour dévoré, c'est à dire intégré par celui qui saisit les énergies-informations qu'il est. Celui-là devient l'informé, le connaissant."

Nous avons déjà vu que le Féminin refoulé, non conscientisé, apparaît sous diverses formes à travers le conte. Son aspect le plus menaçant est sans doute représenté par la marâtre et ses deux filles. Elles symbolisent en quelque sorte ce gardien de l'entrée qui menace de détruire le héros si ce dernier ne donne pas la réponse en adéquation avec l'énigme posée. Pourtant, d'une certaine façon, c'est elles qui poussent Vassilissa à s'enfoncer dans la forêt (elles posent en quelque sorte l'énigme). Sans leur intervention, la jeune fille ne se serait sûrement pas aventurée dans sa nuit intérieure. La rencontre avec Baba Yaga contient en elle-même la bonne réponse. En fait, Vassilissa ne donne pas de réponses mais pose LA bonne question...ce qui est le plus judicieux. 

"Ce gardien est nous-même dans une dimension effrayante tant que nous ne le sommes pas devenus et pour le devenir, car il nous oblige à aller vers nous-même, vers ces épousailles avec nous-même, avec la mère intérieure, pour y atteindre. Ces gardiens sont souvent des femmes terrifiantes car c'est le féminin intérieur, nous l'avons vu, qui détient la force que nous sommes appelés à épouser, et qui, à la limite, détient le noyau, le NOM.

La Sphinge tétramorphe est Oedipe dont l'accomplissement sera symbolisé par les quatre enfants qui lui naîtront de Jocaste, quatre dimensions de lui-même au fur et à mesure de ses épousailles de plus en plus profondes avec lui-même, avec les énergies de la Mère.
"La Sphinge, selon ce que certains disent, était une fille bâtarde de Laïos..." Cette version vient confirmer la lecture du mythe, selon laquelle la Sphinge est "soeur d'Oedipe", autrement dit, son aspect féminin non encore accompli.


Pour ceux qui se passionnent
pour l'énigme du Tarot,
 cliquer sur le Monde...

Ismène ("force vigoureuse") est le taureau: première étape de la vie, ancrage en terre, fécondité promise et promesse de la couronne que les cornes de l'animal symbolisent. **(Le cavalier blanc de l'aube)

Polynice ("nombreuses victoires") est le lion: deuxième étape de la vie centrée sur une qualité solaire d'amour vrai qui permet toutes les victoires sur soi-même (épousailles des énergies). **(Le cavalier rouge du midi)

Etéocle ("vraie clef") est l'aigle, gardien de la "porte des dieux" qui détient le pouvoir des "clefs" (...) *(le cavalier noir qui rentre dans la cabane)

Antigone ("avant le naissance") est le retour aux normes ontologiques, dimension dans laquelle seule l'Homme peut accomplir le NOM qu'il est.**(la rencontre avec Baba Yaga)"(A. de Souzenelle)




"Pose-les (les questions) mais souviens-toi que toute question n'est pas sage: trop de savoir rend vieux."*

Ainsi parle Baba Yaga avant que Vassilissa l'interroge.

Or, la question de Vassilissa pointe justement sur l'essentiel. Ce n'est pas une question futile issue d'un esprit curieux et immature mais bien celle qu'un bon disciple poserait à son maître.  En questionnant Baba-Yaga sur les mystérieux cavaliers, la jeune fille montre de façon subtile qu'elle a compris le bon chemin à prendre pour descendre dans sa vérité profonde et celui qui va lui permettre d'en revenir. 

Sphinge au Louvres
Nous remarquons que la sphinge ou sphynx, mi-bête mi-humaine apparait dans de nombreuses mythologies: en Mésopotamie ( où l'on retrouve de semblables créatures gardiennes de la déesse Ishtar ), en Egypte, en Grèce et en Europe en particulier durant la période la Renaissance où elle connaîtra un véritable essor. Il suffit de se promener dans Paris pour s'apercevoir que ce symbole est encore bien présent et que son énigme est loin d'avoir été résolue...




Notre pensée intime est un vaste royaume
Dont le drame profond se déroule tout bas.
Toute chair emprisonne un fantôme
Toute âme est un secret qui ne se livre pas.


Et c'est en vain Ô front! que tu cherches l'épaule,
Refuge en qui pleurer, aimer ou confesser;
L'être vers l'être va comme l'aimant au pôle,
Mais l'obstacle entre eux vient entre eux se dresser.


Car, au fond de nous tous, ennemie et maîtresse,
La Sphinge s'accroupit sur son dur piédestal,
Et tout épanchement du coeur, toute caresse,
Soudain se pétrifie à son aspect fatal.


Sa présence toujours aux nôtres se mélange,
Sa croupe désunit les corps à corps humains;
Au fond de tous les yeux vit son regard étrange
Ses griffes sont parmi les serrements de mains.

Et lorsque nous voulons regarder en nous-même
Pour nous y consoler et nous y reposer,
La sphinge est là tranquille en sa froideur suprême,
L'énigme aux dents prête à nous la proposer.


Occident - Lucie Delarue Mardrus


* Extrait de la version du conte la Belle Vassilissa issu de l'interprétation des contes de fées par Marie-Louuise Von Franz

**Notes personnelles



lundi 30 janvier 2012

Huit ans...


Sa femme mourut alors que la petite avait huit ans...

(extrait du conte la Belle Vassilissa)

"A l'instar du Yi King, oracle chinois, le Tarot est aussi un livre des transformations. Or se transformer c'est devenir soi-même. Faire de son identité au-delà de sa personnalité. Le nombre 8 est le nombre des transformations et il évoque souvent un passage par une mort initiatique. L'arcane VIII, la Justice, est une des lames qui illustrent le mieux ce thème. "(Georges Colleuil - Tarot l'Enchanteur)

Baba Yaga est présente sous diverses formes dans ce conte. Dès le départ, elle apparaît sous la forme de ce huit. Chez les égyptiens la justice était représentée par la déesse Maât ou chez les grecs la déesse Thémis, épouse de Zeus:

Grasset

"Il existait, jadis, près d'Eleusis, haut lieu initiatique de la planète, un puits consacré à Thémis. Les femmes soupçonnées d'adultère devaient s'en approcher avec inscrit en elles le serment de leur fidélité, et poser leurs mains sur la margelle du puits. Si la réalité n'était pas conforme à ce qui était inscrit, alors, telle une furie, Thémis sortait du puits et les entraînait avec elle vers l'abominable gouffre."(Georges Colleuil - Tarot l'Enchanteur) Voir les réserves de la Licorne dans les commentaires de cet article au sujet de cet extrait.

Cette forme de justice peut sembler à première vue bien cruelle, tout comme le personnage de Baba Yaga qui, selon la légende aimait se repaître de chairs d'enfants. Mais si nous intériorisons ces archétypes, nous nous rendons compte que cette balance de la justice existe belle et bien en nous. 

Si nous pouvons aisément mentir ou cacher nos secrets au monde extérieur, nous ne pouvons le faire aux yeux de la conscience. Tout ce que nous faisons, pensons, ressentons est enregistré en nous. Parfois cela reste inscrit dans la mémoire; mais quand ce qui survient ne nous plait pas, ou ne correspond pas à ce que nous aimerions être  (au moi artificiel ou ego), nous engloutissons cela dans l'inconscient comme Baba Yaga l'ogresse engloutit les nourrissons. Nous envoyons la vérité se perdre dans les méandres de la forêt...  Et voila qu'une part de nous-même devient dans ces sous-bois inextricables une ombre omniprésente.

Et nous voila à vivre, à partir de miettes de nous-même qui, à l'instar du petit Poucet seront les seuls repères pour retrouver le chemin du retour.

L'épée de la justice représentée sur l'arcane nous renvoie aux paroles du Christ: 

Je ne suis pas venu ici pour apporter la paix, mais l'épée, l'épée à double tranchant.

Saint-Michel Pesant les âmes
Parole qui pourrait sembler énigmatique mais qui rejoint bien notre cheminement initiatique entrepris à travers le conte de la belle Vassilissa. Quitter "la trop bonne mère" c'est à dire quitter cette paix factice de l'homme inconscient, ignorant de son potentiel et des forces antagonistes qui l'habitent. Puis laisser l'épée pourfendre les ténèbres intérieures, l'épée de la conscience lumineuse. Ce double tranchant étant sans doute sur les forces équilibrées du Tao, le Yin et le yang, la dualité unifiée dans la verticalité de la lame. L'épée n'est pas là une arme destructrice mais plutôt une arme guérisseuse, un moyen d'ouverture à soi-même et donc au monde.

"L'épée de la Justice est aussi l'épée qui sacre et adoube le chevalier: au nom de saint Michel et au nom de saint George. Saint Michel l'archange exprime la notion de justice à un très haut niveau de signification. Son nom, Michael, quasiment l'anagramme d'alchimie, lui confère ses lettres de noblesse. En hébreu, il se traduit par: "Qui est comme Dieu?" Question sans appel qui retentit avec force et place l'homme face à sa condition.(...)

Saint Michel terrasse le dragon, c'est à dire le scorpion. Nous jouons ici sur une gamme de symboles porteurs du même sens, même si nous devons les comprendre à un niveau vibratoire différent. Scorpion, Dragon, Serpent à plumes, Kundalini, Vouivre, etc.

Cette allégorie représente le combat de l'homme contre ses instincts, émotions, pulsions libidinales et toutes ces énergies primordiales, bouillonnantes aussi bien dans l'homme que sur la Terre (pensons au tellurisme) et au sein desquelles l'introduction de "l’Épée de conscience" permettra la transformation et la sublimation de l’énergie ancestrale (Note personnelle: énergie archaïque de Baba Yaga , figure sans doute de la Mère Sauvage) en énergie spirituelle."(Georges Colleuil - Tarot l'Enchanteur)