Affichage des articles dont le libellé est Video. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Video. Afficher tous les articles

vendredi 30 mars 2012

Abeille



Rien ne ressemble à une âme comme une abeille, elle va de fleur en fleur comme une âme d'étoile en étoile, et elle rapporte le miel comme l'âme rapporte la lumière.
V.Hugo
Abeille en hébreu s'écrit à partir de la racine DBR qui veut dire parole divine. 
L'abeille fait le lien entre les végétaux; elle permet la reproduction des fleurs et du printemps et transcende sa récolte en miel...
Comme une abeille, sans nuire à la fleur, à sa couleur ou à son parfum, s’envole emportant seulement le miel, ainsi le sage doit-il parcourir le village.  
Dhammapada
L’abeille a une valeur hautement symbolique qu’elle doit principalement à ses qualités industrieuses. 
Travailleuse, ouvrière, laborieuse, productive, elle est comparable à la fourmi, mais à une fourmi « transcendée », dans la mesure où l’abeille est ailée et se rattache par conséquent au plan cosmique. Elle sublime d’ailleurs doublement la matière : par ses ailes et par la transformation du pollen en miel. De nombreux textes religieux et de nombreuses cultures font référence à l’abeille et l’honorent en l’instituant comme une représentante d’élection des principes ou des personnages sacrés. Outre son appartenance au plan céleste, sa symbolique procède également des notions de collaboration, d’entraide, de destin commun. Vivant en collectivité, elle témoigne de l’organisation en société et de l’allégeance à un chef, ce qui transparait dans le fait qu’elle a été choisie comme emblème par de nombreux rois, chefs ou prêtres. 


Allez à vos champs et à vos jardins et vous apprendrez que c’est le plaisir de l’abeille de butiner le miel de la fleur. Mais c’est aussi le plaisir de la fleur de céder son miel à l’abeille. Car pour l’abeille une fleur est une source de vie,Et pour la fleur une abeille est une messagère d’amour. Et pour les deux, abeille et fleur, donner et recevoir le plaisir sont un besoin et une extase. Peuple d’Orphalese, soyez dans vos plaisirs comme les fleurs et les abeilles. 
Khalil Gibran

D’autre part, sa capacité à transformer la matière s’apparente au lent travail initiatique et à l’accomplissement de l’œuvre, tels qu’on les trouve dans les procédés spirituels, magiques ou alchimiques. Le fruit de son travail est d’ailleurs fortement valorisé, d’un point de vue ésotérique, avec le miel servant à la préparation de l’hydromel ou de l’ambroisie, boisson sacrée chez les Celtes, les Germains et les Grecs, ou encore avec la cire entrant dans la composition des cierges, objets rituels et sacrés. 

Associée au Christ, l’abeille devient l’emblème de sa résurrection par sa disparition durant les mois hivernaux et son retour au printemps. 

Elle illustre alors le renouveau de la nature, sa perpétuelle renaissance. En Égypte, l’abeille, comparée à l’âme, était censée ramener le défunt à la vie lorsqu’elle pénétrait dans sa bouche. Les Égyptiens traduisaient son appartenance divine en la considérant née des larmes de Rê. 

Dans la tradition gréco-romaine, les prêtresses d’Éleusis étaient nommées « les abeilles ». L’abeille était également considérée, au même titre que la chèvre Amalthée, comme la nourrice de Zeus. La statue de Diane d’Éphèse montre la déesse entourée de divers animaux, dont les abeilles, exprimant ainsi l’extraordinaire richesse de la nature. 

L’abeille est, en outre, un symbole d’éloquence ; selon la légende, elle se serait posée sur les lèvres de Platon à sa naissance. 

Bénéficiant d’une valeur très positive dans la tradition musulmane, l’abeille synthétise les vertus spirituelles : En terre islamique, l’abeille retient l’attention par un grand nombre de qualités maîtresses : elle est esprit par l’organisation méticuleuse de son activité ; elle est résurrection par le retour incessant aux formes antérieures ; elle est généreuse par les dons qu’elle fait à l’homme ; elle est feu par la puissance de son action au sein du bestiaire familier. (Texte extrait du "dictionnaire, mythes et croyances" de Corinne Morel)

[Et voilà] ce que ton Seigneur révéla aux abeilles : "Prenez des demeures dans les montagnes, les arbres et les treillages que les hommes font. Puis mangez de toute espèce de fruits, et suivez les sentiers de votre Seigneur, rendus faciles pour vous." De leur ventre, sort une liqueur, aux couleurs variées, dans laquelle il y a une guérison pour les gens. Il y a vraiment là une preuve pour les gens qui réfléchissent. 
  (Sourate an-Nahl, 68-69)



jeudi 15 mars 2012

Les oiseaux de l'âme





La tradition raconte qu'au milieu de l'âme, écrit Erri de Luca, il y a un oiseau,tsipor hanéfèch, une hirondelle à l'écoute. Personne ne l'a jamais vue, ni vous, ni l'âme, personne n'a jamais vu non plus sa propre respiration, sauf en hiver, quand elle fume dans l'air à cause du gel. (...) Mais vous avez raison de demander comment vit cet oiseau dans l'âme et à quelle occasion nous le rencontrons.


C'est simple!


Quand brusquement on sent au centre de soi la présence d'une personne disparue, qu'on plisse les yeux, et qu'on serre le poing pour la retenir encore un moment, on s'aperçoit qu'on admet l'existence de l'âme, qu'on accueille comme une aventure toujours possible à tenter.


Il convient alors, peut-être plus tard dans la nuit quand tout autour le calme se fait, de prêter l'oreille à l'hirondelle de l'âme qui est en nous, profondément enfouie dans notre corps.


 Mystère de la kabbale de Marc-Alain Ouaknin  







La parole se trouve chez les oiseaux du ciel.  (Zohar I, 183 b)


vendredi 24 février 2012

Se tenir à quatre pattes

Source



Vassilissa commença à remercier la Yaga, mais la poupée se mit à s'agiter dans sa poche et Vassilissa se rendit compte qu'elle devait prendre le crâne et s'en aller. Elle courut jusque chez elle à travers la forêt obscure, suivant les méandres du chemin selon les indications de la poupée. 
Vassilissa traversait la forêt, portant le crâne avec le feu qui jaillissait des trous à l'endroit de ses oreilles, de ses yeux, de son nez et de sa bouche. Soudain, elle eut peur de son poids et de sa lumière surnaturelle et eut envie de le jeter au loin.
Mais le crâne lui adressa la parole. Il lui enjoignit de se calmer et de continuer à marcher vers la demeure de sa belle-mère et de ses filles. Ce qu'elle fit.*

Après le travail des profondeurs, vient le moment de l'ascension, le retour au monde comme une nouvelle naissance. Il est étrange d'employer ce terme d'ascension pour exprimer un retour aux réalités de ce monde généralement employé pour décrire l'élévation de la conscience vers les hautes sphères divines...
Il s'agit pourtant d'un point essentiel de toute voie et je le mets en parallèle avec la symbolique de l'Ascension du Christ. Il est commun de considérer la voie spirituelle comme un chemin conduisant à se libérer définitivement de ce monde.
Dans le conte de Vassilissa, souvenez-vous, Baba Yaga presse la jeune héroïne du conte à repartir, à rentrer chez elle avec son nouveau Soi symbolisé par le crâne flamboyant (chakra couronne...). Elle la pousse à ne pas s'attarder dans ce monde sous-terrain qui est aussi le creuset de sa part divine. 


Il s'agit là d'un piège spirituel  très subtil: s'attarder dans l'illumination qui est, disons-le sans mentir, un lieu bien plus confortable que les vicissitudes terrestres. Quand nous vivons la fusion, l'unité du Soi, il est très tentant de ne plus "revenir", d'alimenter de façon à peine perceptible par le mental (qu'à force de diaboliser , on alimente...) ce détachement vis-à vis du monde. 


Or, je ne crois pas que le Christ soit venu en ce monde pour en suite s'en retirer. Il est venu au contraire s'offrir dans sa totalité. Croire en une séparation entre le royaume des Cieux et le royaume terrestre est le propre même de la dualité. Cette idée d'Ascension au Ciel du Christ peut s'apparenter au retour de Vassilissa armée de son Soi flamboyant vers le monde d'en haut, c'est à dire le monde extérieur (le monde ontologique des contes étant un monde renversé ce qui est en haut est en bas et inversement. De nombreux mythes et contes évoquent cet inversement des valeurs).


Sans doutes s'agit-il de la véritable naissance qu'évoque Jésus à Nicodème quand il lui parle de "naître d'en haut". Le Royaume des Cieux où l'on établit communément la demeure de Dieu, se situe en réalité dans nos profondeurs et c'est là qu'il nous faut aller chercher si nous voulons accéder à la Vie réelle, si nous voulons réellement incarner le divin reconnu au fond de soi. La science ne dit-elle pas que nos cellules sont composées de la même matière originelle que les étoiles? Dieu est semble-t-il encodé dans chaque particule de notre être; c'est donc en nous, dans l'espace perceptible de notre champ de conscience que nous devons Le chercher et Le trouver.


Le crâne flamboyant contient le Soi, c'est à dire la lumière divine obtenue après une remontée jusqu'au chakra Couronne symbolisé dans l'arbre de vie de la Kabbale par la sephiroth Kether. Mais si l'Arbre de Vie propose justement une remontée de l'initié vers les hautes sphères, il propose aussi un retour dans le sens inverse pour amener la lumière recueillie en kether vers le royaume dit Malkuth (la sphère matérielle et terrestre). C'est tout le cheminement de l'homme suivant la Voie du milieu. 








Quand on observe l'arcane de la Tempérance, nous voyons bien comment l'énergie d'en haut est reliée à celle d'en bas, mais cela exige une transmutation de la matière vivifiée par l'Esprit (ou étymologiquement Pneuma=Souffle). C'est ce souffle justement qui doit franchir les étapes de l'arbre des Séphiroth, dépasser les blocages inhérents à chaque passage (ou portes) afin d'habiter pleinement son  Arbre, ou plus directement habiter son Corps dont l'Arbre est l'image archétypale (Annick de Souzenelle). Mais la tâche la plus ardue n'est sans doute pas celle de monter vers l'Aïn  Soph Aur (Lumière infinie) qui nous lance un appel déchirant depuis nos profondeurs au plus loin que remonte l'exil, mais bien celle d'accepter d'en être momentanément privé le temps de l'incarnation afin d'accomplir la descente de cette lumière dans les sphères opaques de la matière. C'est ce que symbolise sans doute les ailes couleur chair de l'ange de Tempérance: le Souffle allié à la matière.


La véritable spiritualité ne se mesure pas seulement à la façon dont vous savez dissoudre l'ego (même si au départ c'est un travail utile) mais à la façon dont à travers l'ego (qui ne peut complètement disparaître tant que les corps est là...), ou la persona, vous exprimer la spiritualité. Elle se mesure à la façon dont vous allez réaliser chaque énergie rencontrée sur votre chemin dans le concret, la matière.


C'est une façon de soumettre la matière aux lois nouvellement intégrées de l'Esprit. Et non le contraire (comme le pratique le magicien qui soumet les lois de l'Esprit à des désirs purement matériels...). C'est ce qu'est en train d'accomplir la jeune Vassilissa; elle se rend bien compte à quel point la tâche est vertigineuse et à quel point elle n'y a pas été préparée (nous marchons à tâtons guidé seulement par l’intuition et la Connaissance peu à peu acquise).


Soudain, elle eut peur de son poids et de sa lumière surnaturelle et eut envie de le jeter au loin.*


En effet, l'enjeu n'est plus le même; nous devenons responsable de ce que nous allons exprimer de cette connaissance, de la façon dont nous allons la transmettre et l'incarner.


Se tenir à quatre pattes que je reprends en titre signifie bien sûr selon l'expression de Pinkola Estés retrouver ses instincts perdus, sa nature véritable et sauvage. Mais cela signifie aussi, à ma façon, se tenir verticalement au coeur même de la matière (le quatre ou le symbole du carré). Vous notez que le 14 de la Tempérance est le Un allié au 4, le carré dans le cercle...


L'homme de Vitruve - L. de Vinci


Se tenir à quatre pattes, c'est aussi faire confiance en son flair, en sa guidance spirituelle; c'est être parfaitement stable et proche de ses racines. C'est pouvoir se glisser dans les sous-bois épineux sans perdre l'équilibre.


Dans cette vidéo, Arouna Lipschitz, explique comment après avoir porté dix ans la robe orange (tradition hindouiste), elle dut retourner au monde et réaliser sa spiritualité de façon plus concrète...




* Extraits du conte la Belle Vassilissa selon Clarissa Pinkola Estés dans Femmes qui courent avec les loups.

lundi 13 février 2012

Servir le non-rationnel



La Roue de la Fortune - Sir Edward Burne-Jones


Baba Yaga menaça:


- Il m'est impossible de te donner du feu tant que tu n'as pas travaillé pour moi. Si tu as accomplis ces tâches pour moi, tu auras le feu. Sinon...


Et Vassilissa vit les yeux de Baba Yaga se changer en braises rougeoyantes:


- sinon, mon enfant, tu mourras.*




Dans ce monde, il est commun d'entendre dire qu'il faut "travailler" pour vivre, qu'il faut "gagner" sa vie comme si la vie n'allait pas de soi. Comme si en naissant ici-bas, nous étions inévitablement en dette...


L'humanité est actuellement au service de la marâtre.
Bloquée à cette étape du conte, elle n'a aucune conscience de son potentiel divin, ni de la sorcière sauvage qui vit au coeur de la forêt. Elle se contente de rembourser sa dette infinie, de servir des forces involutives qui l'exploitent, utilisent sa force vitale jusqu'à l'épuisement, jusqu'à l'extinction du feu vivant. Travail, distraction, spiritualité, tout est bon pour continuer à être un esclave. Continuer à croire en ce monde fabriqué de toute pièce et auquel nous n'avons d'autre choix que d' adhérer. 


Ils ont réussi à nous faire croire que seule la raison est valable. Que tout est matière, chimie, fruit d'un hasard mathématique, et que l'homme n'a d'autre ascendance que le singe...  Mais pour que nous y croyons, il a fallu nous détourner de nous-même. La marâtre du conte vous parait bien cruelle? 
Pourtant, elle a au moins la qualité d'envoyer Vassilissa dans la forêt.

La marâtre que nous servons actuellement, ne veut surtout pas que nous allions à la rencontre de Baba Yaga. Elle alimente le feu avec notre propre vie. Et lorsque nous nous éteignons, elle nous remplace par notre descendance. Il suffit pour se convaincre d'aller visiter nos maisons de retraites...
Des vies consumées à servir le rationnel, la raison scientiste et le matérialisme.


Pour nous détourner de cette plongée en nous-même, quête initiatique mille fois racontée dans les contes les mythes et les textes sacrés, la marâtre utilise un stratagème imparable: absorber notre attention. 


Il y a deux ans environ, je suis tombée sur la chronique de David Servan Schreiber dans le magazine Psychologie qui évoquait le grand pouvoir de l'attention:



"Lorsque notre attention n'est pas occupée par une activité extérieure, nous avons presque tous instantanément des idées noires!
Du coup nous cherchons à avoir l'esprit toujours "occupé". Et nous lisons nos e-mails en parlant au téléphone, nous regardons la télé en dînant, nous écoutons la radio en donnant un bain aux enfants, etc.
L'autre découverte de cette recherche, c'est que nous ne tirons du plaisir, de vrai plaisir, que lorsque notre attention est complètement investie dans une seule chose: une conversation, la confection d'un bon repas, un film qui nous fascine. Uniquement, donc lorsque nous ne divisons pas notre attention entre plusieurs tâches.
Cette attention, c'est de l'énergie pure! Elle transforme ce qu'elle touche. Les animaux et les enfants le savent souvent mieux que nous. Plus encore que de la nourriture, de la chaleur ou de l'argent, c'est de l'attention qu'ils cherchent lorsqu'ils viennent vers nous. Et ils s'y prélassent comme dans un rayon de soleil. Pareil pour l'amour passion des adultes: rien n'est plus fort que de se regarder interminablement dans les yeux...
La meilleure preuve que notre attention vaut très cher, c'est l'argent que dépensent les publicitaires ou les chaînes de télévision pour l'attirer vers elles: "Regardez-moi! Regardez-moi!" semblent-ils tous crier... Pourtant, nous ne sommes jamais assez conscient de cette richesse que nous possédons."

A l'époque, je ne m'étais pas rendu compte de la portée de cet article. Certes notre attention est précieuse mais "pourquoi" est-elle autant détournée?


La marâtre se nourrit de notre attention, cette énergie pure que nous gaspillons jusqu'à l'extinction du feu. Nous ne lui servons qu'à ça; et si nous ouvrons suffisamment les yeux, nous nous rendons compte que TOUT ce qui nous attire à l'extérieur de nous même, toute ce qui nous absorbe, est destiné à servir la marâtre. Comme dans le conte, ni la marâtre ni ses filles ne sont aptes à ramener le feu. Elles ont donc inévitablement besoin de nous. 


Mais pour que nous acceptions de les servir, de nous laisser ainsi vider jusqu'à la moelle, rien de plus efficace que la culpabilisation. Nous devons nous sentir perpétuellement en dette...


Baba Yaga semble menaçante pour un regard mal exercé à voir dans ses propres ténèbres. Habitué à regarder avec les yeux de la marâtre, nous ne savons plus discerner ce qui est bon pour nous de ce qui ne l'est pas. En réalité, la vieille sorcière est notre issue de secours. Quand elle dit à Vassilissa qu'elle risque de mourir si elle n'effectue pas le travail demandé, ce n'est pas forcément une menace. Elle lui déballe une réalité. A prendre ou à laisser.


Servir le non-rationnel, c'est à dire descendre dans nos profondeurs à la recherche de ce germe divin dont nous sommes tous porteur, demande un véritable retournement sur soi, une inversion de valeurs qui nous ont été inculquées jusque là. Au premier abord, cela n'est guère facile, d'autant plus que les effets ne se font pas sentir dans l'immédiat. Ce genre de travail demande du temps, de l'expérience, de la sagesse. Il faut se laisser patiner, user, éroder par la vie et la mort. Et faire preuve d'humilité, se contenter de peu. Ne pas demander quoique ce soit en échange. 


Ce que Vassilissa est venu chercher de l'autre côté de la forêt est bien plus précieux que toutes les richesses que peut offrir le monde extérieur. Aussi la Yaga la met à l'épreuve, mesure son endurance à supporter tant de labeur et si peu en retour...


Baba Yaga alla dans son antre en grommelant. Elle s'allongea sur son lit et demanda à Vassilissa de lui apporter ce qui mijotait dans le four. Dans le four, il y avait assez pour nourrir dix personnes et la yaga mangea tout, ne laissant à Vassilissa qu'une minuscule croûte et un dé à coudre de potage.*


Ce genre de mise à l'épreuve se rencontre chaque fois que nous décidons de tourner le dos aux anciennes  valeurs et de nous consacrer à la Voie. De telles difficultés se rencontrent au début de toute initiation, que ce soit lors d'une pratique spirituelle (méditation) ou l'apprentissage d'un art. Nous devons faire preuve de patience et d'humilité. 


Dans cette video, Jean-Luc Leguay enlumineur présente son ouvrage consacré à la légende de Perceval (dont le sens initiatique est proche du conte de la belle Vassilissa) et raconte comment il décida de consacrer sa vie à cet art spirituel. Servir le non-rationnel est ce qui donne tout son sens à la vie. C'est ce qui permet de rallumer le feu intérieur et transmettre cette verticalité vivante aux générations futures...plutôt qu'un monde en voie d'extinction.






* Extraits de la version du conte la belle Vassilissa de Clarissa Pinkola Estés dans Femmes qui courent avec les loups

lundi 12 décembre 2011

La pietà de Botticelli

En réponse à cette vidéo publiée chez Tempérance, j'ai envie de crier oui!: "on ne sait rien de l'amour", heureusement. Si on en savait quelque chose, cela signifierait que l'amour peut être contenu dans une pensée, un livre ou même l'espace d'un seul coeur. Alors que rien ne Le contient et qu'Il se donne à tout.

Il n'existe qu'une condition à l'amour: être libre. Mais être libre, ce n'est pas être célibataire, se sentir seul, être dans le besoin. Besoin d'une épaule, d'une écoute, de chaleur, de sexe... Être dans le besoin c'est justement ne pas être libre. Or, pour cueillir l'amour, il faut pouvoir être libre de tout besoin.

Je distingue nettement le besoin du désir. Le désir est la nature véritable de l'être et de la vie; c'est l'élan permanent de l'être envers les autres (et donc lui-même). C'est un force d'expansion qui nous ouvre vers le potentiel infini de chaque instant; c'est le Souffle, le pouvoir de l'être humain qui accède à ses racines célestes...le désir n'a nul besoin d'objet puisqu'il est une expression naturelle de l'Être. La sagesse ne consiste pas à ne rien désirer mais à reconnaître sa nature comme essentiellement désirante. Chercher à combler le désir à partir d'un objet matériel c'est un peu comme chercher à remplir l'océan avec un dé à coudre.

Si le désir est libre et sans condition,  le besoin en revanche est une aliénation. L'être humain contrairement aux règne animal et végétal a les capacités de se libérer de ses besoins. Il  doit grandir en distinguant bien le besoin nécessaire à la survie du corps et le désir qui est sa propre nature. Mais nous assistons au contraire dans nos sociétés à une infantilisation de l'être humain, à une confusion malsaine qui consiste à utiliser notre nature désirante à des fins mercantiles et à transformer l'élan naturel du désir en un besoin avilissant. Désirer devient alors source de souffrance puisque la nature même du désir est de ne pas être comblée... Mais qui peut régner sur des hommes libres?...

Si la matière se nourrit d'elle-même pour exister qu'en est-il de notre nature désirante?...Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, l'Être ne se nourrit de Lui-même. Cependant, si l’Esprit donne vie à la matière  (ou si l’esprit se « fait » chair), on ne peut combler le Désir de l'être à partir de choses matérielles. Pour reprendre une expression de Jésus dans l’Évangile de Matthieu (XXII,21):

Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. (Matthieu, XXII,21).
Jésus en affirmant ceci ne cherche nullement (interprétation lue récemment dans un article du Monde des religions intitulé "Jésus laïcise Dieu"...) à séparer l'état du religieux car Dieu est Tout, Il ne peut être séparé de quoique ce soit.

César représente ici la matière, et Dieu l'Esprit, le Souffle (Esprit=Pneuma) à l'origine de toute chose manifestée. Jésus montre bien ici que les deux principes ne peuvent être confondus non pas parce qu'ils sont séparables mais parce que l'un (César) dépend de l'autre (Dieu). L'un est forcément inférieur à l'autre, non pas sur une échelle de valeur mais à travers une échelle de principe.

D'ailleurs le premier mot hébreu de la Génèse Bereshit, traduit en français par "au commencement" signifierait plutôt: "au principe"...ce qui évacue soudainement tout idée de temporalité mais replace l'Esprit ou Pneuma     à la racine "permanente"de tout ce qui est.


mercredi 30 novembre 2011

mercredi 22 juin 2011

lundi 20 juin 2011

Un autre regard sur le monde ou "l'empire invisible"

J'ai commencé à écrire sur un blog en 2006. A ce moment-là de mon histoire, j'avais vécu quelque chose d'inexprimable, quelque chose qui s'approche de ce terme ambigu qu'est l'Eveil, que j'ai toutefois et de façon paradoxale eu le besoin de dire ou plus précisément d'écrire.

On ne peut dire l'Eveil et tenter de le définir est une façon de s'en soustraire, mais on peut le suggérer. A travers les mots, le rythme des mots, la présence, il se devine.

Dire l'Eveil c'est en quelque sorte le figer. Or, l'Eveil est la source même du mouvement et de la vie. C'est pourquoi, il est ce fond blanc, cette toile vierge et parfaite sur laquelle l'oeuvre de chaque jour se forme et danse au sein du multiple. L'Eveil se perçoit à la pointe fine de la conscience qui semble se forger à travers l'expérience, s'affiner, et devenir assez tranchante pour séparer la vérité de l'illusoire.

Cet Eveil entraperçu et qui m'a faite vivante moi qui ne suis autre que Cela, m'a donné le goût irrépressible de vivre, ce désir qu'évoquent les mystiques de toutes traditions, ce désir brûlant qui est la source et non le but vers lequel on tend éperdument. Quand on redevient ce désir, on ne connait plus le manque ni la soif; on ne connait que le vivant. Tout devient désir et la vérité devient l'axe autour duquel le coeur se sent nourri.

Durant ces dernières années, j'ai ouvert les yeux sur de multiples choses car mon intérêt, mon "désir" est partout; il n'y a plus de recherche. Plus rien n'est à trouver puisque tout est là. Il y a plutôt la découverte incessante, perpétuelle, toujours neuve de chaque instant. Plus j'avance et plus la vérité se dévoile avec clarté et avec tout ce que cela exige de force et d'acceptation.

La spiritualité ne doit pas être un refuge, une distraction que l'on range dans un coin de sa tête dès que la vie quotidienne reprend son cours.
La véritable spiritualité s'enracine dans les plus petites choses de la vie, au coeur même de l'insignifiant, dans l'ordinaire, et même dans les choses que dans l'inconscience on est tenté de rejeter, de contourner.
Ainsi le spirituel a sa place dans toutes les disciplines de la vie puisqu’il est à la racine de tout ce qui est. rejeter quoique ce soit ce serait trahir cette vérité-racine.

Les évènements auxquels nous avons assistés ces derniers temps dans le monde, les tragédies, les révoltes, les mensonges et le temps qui semble s'emporter, ne m'ont pas laissé indifférente. J'ai tenté de poser une regard ouvert sur tout cela, tenter d'en saisir le sens. J'ai tendu l'oreille afin d'entendre ce que signifiait cet appel, ce soulèvement du monde. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende...

J'ai conscience que le sujet de ce blog est avant tout spirituel mais je suis obligée de partager ce que je suis totalement si je ne veux pas mentir, si je veux être dans un partage vrai et authentique.

Il faut avoir conscience que le présent est toujours le résultat du passé et le terreau de l'avenir. Or, à l’échelle individuelle comme à celle du macrocosme, le déni est mortifère et destructeur. Même la pire des horreur, les ténèbres les plus compactes doivent être regardées, affrontées et non niées (tuées) à l'instar du Minotaure. Regardez la fin du mythe de Thésée quand il revient du labyrinthe, par mégarde ou trop pressé d'annoncer à tous sa pseudo-victoire, il en oublie de hisser le pavillon blanc et son père apercevant le noir se jette d'une falaise croyant que son fils est mort. Nier la part animale de l'être humain c'est perdre ses re-Père(s)...C'est choisir le mauvais axe pour accéder à la maîtrise du labyrinthe, pour obtenir la clé.

Je crois que si les mythes sont des guides, l'Histoire est un repère. Et qu'elle ne doit pas être négligée ou réduite à l'apologie de ceux qui ont remportés une pseudo-victoire (toujours au prix du sang et d'actes peu avouables). Il s'agit de regarder le monde et l'histoire dans toutes sa nudité, d'en déterrer le squelette, l'essence qui peut nous apprendre beaucoup du présent et nous donner assez d'élan pour construire l'avenir sur des bases solides.

Je vais donc au fil des jours publier certains documents sur l'histoire, sur certains aspects du monde, qui peuvent nous amener à une réflexion ( dans le sens originel du mot comme intellectuel) souverain pour affronter le Minotaure qui nous attend au coeur du labyrinthe mondial à travers lequel seul le fil d'Ariane (cette fée de vérité et d'amour) semble nous guider de façon très subtile...Il ne s'agit pas de prendre partie mais simplement de regarder autrement.
J'espère que cette réflexion vous apportera ce qu'elle m'a apportée.

Voici un film passionnant de Jason Bermas: "l'empire invisible" qui dévoile documents d'archives à l'appui, la mise en place au fil de l'histoire par une élite d'une idéologie qui est finalement devenue une réalité...un Nouvel Ordre Mondial. Certes ce sujet semble tout droit sorti d'un site dit "conspirationniste" mais je vous invite cependant à le visionner sans parti-pris et de vous faire votre propre avis là-dessus. Bon visionnage!

dimanche 29 mai 2011

777 de Pierre Jovanovic

Comment le Vatican a rayé les Anges de la carte...



Le concile Vatican II du pape Jean XXIII (11 octobre 1962) a en effet commis quelque chose d'extraordinaire: il a supprimé toutes les fêtes angéliques du calendrier, sauf une, et voici comment:

La fête indépendante de Gabriel du 24 mars a été transféré au 29 septembre, déjà jour de "fête" de Michaël.

La fête indépendante de Raphaël, traditionnellement le 24 octobre, a été, elle aussi, transposée au 29 septembre.

La grande fête des Anges Gardiens du 2 octobre, a été purement et simplement retirée du calendrier afin que les gens oublient l'idée même qu'ils ont un Ange gardien!

Et on ne parle pas d'Uriel, fêté, lui, dans le monde orthodoxe le 28 juillet. Ainsi, au lieu d'avoir 4 jours dans l'année liturgique dédiés aux Anges, il n'en restait q'un seul, plus orienté prénoms (Michel, Gabriel, et Raphaël) que fonction angélique. Les modernistes ont ainsi réussi à empêcher tous les prêtres de la planète de parler des Anges en général, et des Anges gardiens en particulier à leurs fidèles.

La journée de l'Ange gardien du 2 octobre a ainsi été "vaporisée" par l'opération du mauvais esprit, tout comme la prière quotidienne à saint Michel, supprimée par Vatican II.

Qui les prêtres modernistes ont-ils mis au 2 octobre à la place de la fête des Anges gardiens? un saint que personne ne connait bien sûr, l'anonyme saint léger, particulièrement lourd de sens.

En partant du principe qu'il y a environ 100 000 églises dans le monde, à raison de 2 messes minimum dans la journée, entre 1965 et 2009, cela représente depuis entre 30 et 35 millions de messes dédiées aux Anges supprimées! Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Multipliez par un chiffre moyen, allez, de 40 personnes seulement par messe, et cela nous donne environ 1,2 milliard de personnes à qui on n'a jamais parlé de la mission de Gabriel, ni celle de Raphaël, de Michaël et surtout de leur Ange gardien.

Du coup, les Anges ont progressivement disparu de la pensée des gens, ainsi que des centaines de milliards de pages de semainiers, calendriers et agendas imprimés chaque année dans le monde entier.

Les Anges gardiens, les Archanges et la prière de saint Michel ont bien été "vaporisés" d'un trait de plume moderniste.

Fascinante manipulation spirituelle de prêtres qui ne croient plus en grand chose, à commencer par le dieu qu'ils sont censés servir.





Résumons: 
L'église semble 

samedi 28 mai 2011

Poison quotidien





« Pour que le mal triomphe, il suffit que les hommes de bien ne fassent rien. » E. Burke