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mardi 4 octobre 2011

Au fondement de l'animal...

Lamassu  (Louvres)


Rêve du week-end dernier:

Nous sommes en cours de sciences naturelles. La prof nous demande pour la prochaine fois que les enfants (chaque élève est accompagné de son enfant) apportent en cours le cadavre de leur animal de compagnie. Elle explique que nous devrons "regarder par le fondement"(!) à l'intérieur du corps.
L'image survient alors. Je regarde à l'intérieur d'un animal (par l'arrière du corps...restons poli) et je vois...le vide. Il n'y a plus que la peau et à l'intérieur il ne reste qu'un vide.
Je dis à la prof que ça risque d'être traumatisant pour les enfants d'avoir une telle approche de leur animal de compagnie mort. Mais elle semble ne pas s'en inquiéter et semble blasée. Elle sait que c'est une étape nécessaire à la compréhension.

La part animale, le fondement animal, est largement représenté à travers de nombreux mythes. De nombreuses créatures fantastiques présentent ce "fondement animal" en complément de leur part humaine.

La recherche de cette animalité m'a conduit étrangement à m'interroger sur les origines de l'ange.
L'ange semble être l'antithèse même de l'animal. Mais si nous regardons ces anciennes figures telles les Lamassu (créatures à torse humain ailées au fondement de taureau), on s'aperçoit que le mot même de Cherubin est inspiré de ces créatures assyriennes:

"Le mot chérubin vient du latin ecclésiastique cherub (pluriel cherubin), transcription de l'hébreuכרוב (kerūb), pluriel כרובים (kerubīm). Mais le terme serait d'origine assyrienne. Dans cette langue « kéroub » ou « karibu » signifierait « celui qui prie » ou « celui qui communique »1. En Assyrie, Le taureau ailé ou « kéroub » était souvent placé au seuil des temples et des palais2."(wikipedia)

Oedipe et le Sphinx - Gustave Moreau


Ces êtres mi-homme mi-bête (et qui semblent avoir inspiré le Minotaure du Labyrinthe) sont les gardiens du passage puisqu'on les retrouve souvent de part et d'autres des portes des villes et des temples (dont le temple de Salomon). Selon les croyances de l'époque, chaque être humain serait "guidé" par une entité femelle et une entité mâle (Lamassu et Shedu personnifiant sans doute les deux pôles de l'être), selon le même principe que l'ange gardien judéo-chrétien. Comme si le corps, l'incarnation était en soi un "passage", une porte à franchir...
On remarquera l'air de rien qu'à partir de la renaissance (qui est en réalité une mort) ces chérubins prendront soudain l'apparence d'angelots joufflus, figuration quand même bien éloignée de nos "barbus" assyriens. L'animalité encore très présente durant l'époque médiévale tend à être complètement refoulé voire interdite (diabolisée) à partir de cette époque. 

L'animalité de ces créatures peut être révélées par un fondement de taureau mais aussi comme pour le sphinx par celui d'un lion. Le symbole de l'aigle étant en quelque sorte suggéré par les ailes déployées.
Ce qui me permet d'introduire l'arcane du Tarot de Marseille: le Monde. Vingt-et-unième et dernière arcane avant celle du Mat (arcane sans nombre à moins que le zéro y soit sous-entendu...) qui est donc une représentation d'un accomplissement de l'être, une Unité atteinte au bout du chemin initiatique (qui en lui-même n'a pas de fin). 



On  y retrouve bien l'ange et l'aigle dans la partie haute, ainsi que dans le "fondement" le taureau et le lion. Au centre se trouve la Mandorle dans laquelle une figure féminine se tient dans une position qui n'est pas sans rappeler celle du dieu grec hermès.


Peut-être aussi une allusion à Hermès Trismégiste...Il existe une polémique au sujet de l'arcane du monde dont le sujet central est une femme. Certains prétendent qu'à l'origine, il devait s'agir d'un homme mais rien n'est sûr puisque l'origine même du tarot reste un mystère. 
Mais regardons cela d'un oeil ouvert, dégagé des principes duels. Pour qu'un homme soit accompli à l'image de Jésus (souvent représenté dans une Mandorle), ne faut-il pas qu'il aie intégré son pôle féminin?

"Si vous transcendez l'animalité, votre divinité sera quelque chose d'authentique, mais la transcender veut dire l'accepter, la vivre avec vigilance, ne pas vous y perdre, la vivre et la dépasser. La renier signifie ne jamais y pénétrer, ne jamais y passer, simplement la contourner. Dans la vie, rien ne peut être contourné; et si vous contournez quoi que ce soit, vous restez toujours immature, puéril, vous ne serez jamais un adulte.

La vie doit être vécue - alors seulement vous croissez." (Osho - L’Évangile de Saint-Thomas)



La Croix rouge - E.P. de Morgan
Logion 114:


Simon Pierre leur dit:
Que Marie sorte parmi nous,
parce que les femmes ne sont pas digne de la vie.


Jésus dit:
Voici que je la guiderai afin de la faire mâle,
pour qu'elle soit, elle aussi un esprit vivant,
semblable à vous, les mâles.


Car toute femme qui se fera mâle
entrera dans le Royaume des Cieux.
 





lundi 26 septembre 2011

L'Oeuvre au blanc (suite du rêve "le sac")






Je suis dans la cuisine avec mon compagnon. Je parle au téléphone avec un homme, une relation professionnelle, en plaisantant, riant puis je raccroche. 

Voila à nouveau le lieu de la cuisine, lieu où se prépare les transformations alchimiques. Il y a un contact qui s'est semble-t-il établi avec l'animus positif (l'homme au téléphone) mais celui-ci n'est pas visible car ce rêve va me faire visiter l'aspect négatif de ma relation au masculin. La relation professionnelle souligne le travail en cours, l'activité qui s'est déclenchée suite à ce contact établi avec moi-même sans doute à travers mes rêves. 

Mon compagnon semble contrarié. Il me dit que ce n’est pas convenable qu’une femme ait des contacts téléphoniques avec un autre homme. Je lui réplique que lui-même ne cesse de recevoir des appels de femmes inconnues et que je ne le lui aie jamais reproché. La discussion s’envenime jusqu’à ce qu’il me jette avec mépris que de toute façon, je suis inutile. Je ne lui sers à rien. 

Le compagnon est surement un aspect de l'ancien moi-même, un "compagnon de longue date donc", l'ombre qui se nourrit de l'énergie de toutes les douleurs refoulées dans l'inconscient. Cette relation étouffante, est ressortie maintes fois dans ma vie (avec femmes et hommes, de moi-même aussi, en amitié comme en amour, pas systématiquement mais assez souvent pour être soulignée). Relation ou l'autre est un objet, un moyen de se fuir.

Cela me renvoie à nouveau à ma relation à ma mère avec laquelle j'ai joué le rôle du bouc-émissaire, endossant toutes les blessures familiales. J'étais en quelque sorte le "vilain petit canard", celle qui ne trouvait nulle part sa place, en perpétuelle révolte, celle qui savait si bien provoquer les colères du père, ce" maître" qu'elle tentait  de ménager au détriment de ses propres enfants. 
Combien de fois ai-je "oublié" ou "perdu" les clés alors qu'on partait en voyage? Combien de fois, j'ai oublié le khôl noir sur mes yeux alors que cela m'était interdit, au risque d'entendre mon père me traiter de... Combien de fois me suis-je insurgée de ses idées politiques douteuses et radicales? 
Je ne voulais pas être ma mère. Je me suis fabriquée un personnage... Toujours vêtue de noir en oppositions aux couleurs vives qu'elle aime tant porter...Je lui disais que je ne me marierai jamais, que je ne serai jamais l'esclave d'un homme. Je me voulais cynique, implacable et au fond de moi je l'étais. Surtout envers moi-même. 

Je me souviens très bien de la sensation d'étouffement quand j'approchais de la maison. Cette angoisse qui scellait ma poitrine, me faisant redouter ces repas pris en famille où le silence pesait comme un orage prêt à éclater. L'interrogatoire de mon père au sujet de ma vie, dont il ne retenait rien, écoutant à peine ce que je voulais bien lui répondre.  Quand je parlais, il ne m’écoutait pas; quand je ne parlais pas, il me disait que j'étais un mur, "un museau", qu'on ne pouvait rien espérer de moi. Souvent cela finissait par mon abdication. je me levai, quittai la table et pleurai dans ma chambre. Toujours la même danse; et la douleur inexprimable de se voir la danser chaque jour, comme ce conte du joueur de flûte... Cette impression d'être sur un manège qui ne veut pas cesser de tourner.

Jusqu'au jour où, après une conversation douloureuse au téléphone avec mon père, une conversation stérile où il parle seul et je me tais, je suis montée dans ma chambre, j'ai rempli un sac de choses inutiles et je suis partie. Sans savoir où j'allais, bien décidée à ne jamais revenir. Je n'ai plus donné signe de vie pendant plusieurs mois. J'avais dix-neuf ans.

 Parfois, je m'arrêtais dans une cabine,je décrochais le combiné et je restai là, impuissante, dans l'incapacité de "dire" ce vide intérieur qui me dévorait. 

Je les avais quitté mais ils étaient toujours là, à l'intérieur de moi, remuant comme des serpents crachant leur venin. J'ai coupé mes cheveux, me suis mise à vivre la nuit, à m'entourer d'une foule de gens perdus et immatures comme moi, incapable de mener à terme le moindre projet. Incapable d'avancer, de faire des études, de me laisser enfermer dans un travail. J’étouffais perpétuellement. Je ne savais même pas ce que je voulais, qui j'étais. Je fumais  allongées par terre, ne supportant plus la lumière du jour, ni les êtres qui l'habitaient encore, tout ce bruit à l'extérieur qui ne couvrait pas celui que je portais...aucune drogue ne parvenait à me guérir de moi-même, aucun amour ne me touchait vraiment.

Je ressens une sensation de colère et d’étouffement mêlés ; il faut que je sorte, que je parte.Je veux prendre mon sac posé sur le plan de travail(un sac noir comme sur la photo, mon sac dans la réalité...). C’est la seule chose que je veux emporter pour ne plus revenir. Mais il me l’enlève des mains et je dois partir sans. Je sens alors que sans mon sac (mes papiers d'identité, mon agenda, mon argent etc.), je vais devoir repartir à zéro.

Je crois que le sac noir sur "le plan de travail" représente la blessure fouillée, remuée et intégrée, la femme noire du rêve de la valse minute. Il est temps de partir, d'aller vers autre chose et je dois laisser derrière moi certains aspects de cette blessure, qui même si elle fait partie de moi, ne doit plus entraver ma façon de me conduire. Je l'ai dépassée intérieurement mais il faut que cela s'étende à mon comportement, des habitudes, de façons de voir, qui restent imprégnées, alourdies par la blessure.


(dans la réalité, j'ai plusieurs fois vécu cette "remise à zéro du compteur", et j'avoue que cela ne me déplaît pas de faire table rase et recommencer...une part de moi aime la nouveauté, le changement, et l'autre aime la stabilité, la profondeur...)

Quand je dis ça, je décris bien les deux aspects diamétralement opposés qui m'habitent. Celle qui fuit et celle qui veut approfondir, ou se rassurer... Il m'arrive encore aujourd'hui ne pas pouvoir répondre à un appel téléphonique ou ne pas arriver à appeler quelqu'un. Je regarde l'appareil, impuissante, comme si "celle-qui-ne-peut-pas-dire" était toujours là, agissante et présente en moi. Il faut parvenir à un équilibre.

A l’extérieur, mon père vient d’arriver au volant d’une très belle voiture. Je monte dans la voiture et je découvre que mon compagnon lui a quand même laissé mon portefeuille (avec l’argent... je vérifie) mais a gardé le reste du sac. Je pense immédiatement qu'il va sans doute fouiller mon sac et cela me gêne car il va mal interpréter ce qu'il contient. Mais il se peut aussi qu'il ne le fasse pas, d'une part parce qu'il respecte généralement mon intimité, d'autre part à cause d'une forme de négligence de ce que je ressens réellement. Je demande à mon père de démarrer rapidement et de m’emmener ailleurs.

Ce masculin guéri dont j'ai commencé à prendre conscience en moi semble être une aide précieuse pour dépasser les anciennes blessures et aller vers un renouveau. Il y a quand même une crainte encore que l'ancien schémas masculin, envahisse à nouveau mon intériorité mais les billets de 10 que, comme Amezeg, je vois bien symboliser l'unité ou du moins le potentiel suffisant pour accéder à cette unité me rassure.
Et c'est vrai que dans ma conscience quelque fois, d'anciens schémas resurgissent, remontent en moi comme des eaux en crue, mais le Soi retrouvé, le Un du dix (qui alors porte une notion d'aboutissement) me relie au divin, et je me sécurise. Cela se ressent dans ma vie quotidienne, concrètement, les évènements semblent se délier d'eux-même dès que je relâche la pression, dès que je m'en remets à cette Connaissance intérieure. Les choses se rééquilibrent même si cela ne me dispense pas de rencontrer des problèmes, ou de ressentir encore de l'angoisse parfois, j'arrive toujours à les dépasser.
Je ne suis plus enchaînée à mon passé. J'arrive à vivre sans m'y référer. Marcher sans me retourner comme devait le faire Orphée pour délivrer sa belle.
Il s'agit véritablement du grand oeuvre alchimique puisque si je me réfère au mage wikipédia:

Œuvre au noir (mélanosis en grec, nigredo en latin), sous le signe de Saturne : il y a mort, dissolution du mercure et coagulation du soufre. « Notre alchimiste commence par préparer, dans un mortier d'agate, un mélange intime de trois constituants. Le premier, qui entre pour 95 %, est un minerai : un pyrite arsénieux. Le second est un métal : fer, plomb, argent ou mercure. Le troisième est un acide d'origine organique : acide tartrique, ou citrique. Il va broyer à la main et mélanger ces constituants durant cinq ou six mois. Ensuite il chauffe le tout dans un creuset... Il dissout enfin le contenu du creuset grâce à un acide... Il évapore ensuite le liquide et recalcine le solide, des milliers de fois, pendant plusieurs années... Au bout de plusieurs années, il ajoute à son mélange un oxydant : le nitrate de potasse, par exemple. Il y a dans son creuset du soufre provenant de la pyrite et du charbon provenant de l'acide organique... Il va recommencer à dissoudre, puis à calciner, durant des mois et des années... Le mélange [soufre, charbon, nitrate : explosif] est placé dans un récipient transparent, en cristal de roche, fermé de manière spéciale ['fermeture d'Hermès ou hermétique']... Le travail consiste désormais à chauffer le récipient... Le mélange change en un fluide bleu-noir ['aile de corbeau']. (couleur de la voiture...)»

L'oeuvre au noir semble se terminer (noir qui se retrouve tout le long du rêve...)...D'ailleurs je quitte actuellement l'appartement dans le quel j'ai vécu toute la transmutation en rapport avec ce travail...


Nous allons à l’extérieur de la ville dans un centre commercial. Nous discutons avec une grande facilité ; je me sens parfaitement comprise et soutenue par lui. Nous parlons du fait que la police met facilement des contraventions sur ce parking, mais je constate que finalement, l’endroit est bien ordonné et bien fréquenté grâce à ce contrôle policier régulier. Mon père approuve totalement. Je pense que pendant qu’il va travailler, je vais pouvoir conduire sa belle voiture. J’ai une légère appréhension comme si j’avais peur de l’abîmer mais en même temps, je sens aussi une forme d’excitation.
(la suite du rêve devient floue)

L'ordre intérieure du à l'intégration de mes anciennes blessure se répercutent dans mes relations aux autres, au monde. Je n'ai plus peur de la rencontre, de me livrer telle que je suis; j'ai gagné une assurance qui m'ouvre des portes jadis complètement fermées.
Le masculin n'a pas pour autant fini de "travailler", mais je suis prête toutefois pour vivre de façon "unifiée", de faire mes premiers pas dans ce nouveau moi qui se révèle.


Nous sommes dans un nouvel appartement très vaste et bien chauffé (un poêle dans chaque pièce). Mais nous devons le repeindre. Mon compagnon veut peindre par-dessus l’ancienne tapisserie avec une peinture noire mais je refuse et lui dit que je veux l’arracher. Je me mets à la tâche et il se trouve que la vieille tapisserie s’enlève très facilement. Une fois enlevée nous peignons tout en blanc même les boiseries de l’appartement.

Le "nouvel appartement" confirme l'accomplissement de ce nouveau moi. Ce contenant, ce féminin réorganisé, plus spacieux, plus lumineux et chaleureux, c'est à dire accueillant...malgré la présence reconnue de l'ancien masculin innaccompli (dit négatif), je n'ai plus besoin de m'appesantir sur le noir, ni mes ténèbres intérieures, et je tâche d'accomplir l'oeuvre blanc dans les règles de l'art en arrachant toute l'ancienne peau...

samedi 24 septembre 2011

Le sac (rêve à interpréter)


Je suis dans la cuisine avec mon compagnon. Je parle au téléphone avec un homme, une relation professionnelle, en plaisantant, riant puis je raccroche. Mon compagnon semble contrarié. Il me dit que ce n’est pas convenable qu’une femme ait des contacts téléphoniques avec un autre homme.
Je lui réplique que lui-même ne cesse de recevoir des appels de femmes inconnues et que je ne le lui aie jamais reproché. La discussion s’envenime jusqu’à ce qu’il me jette avec mépris que de toute façon, je suis inutile. Je ne lui sers à rien.

Je ressens une sensation de colère et d’étouffement mêlés ; il faut que je sorte, que je parte.
Je veux prendre mon sac posé sur le plan de travail (un sac noir comme sur la photo, mon sac dans la réalité...). C’est la seule chose que je veux emporter pour ne plus revenir. Mais il me l’enlève des mains et je dois partir sans. Je sens alors que sans mon sac (mes papiers d'identité, mon agenda, mon argent etc.), je vais devoir repartir à zéro.

(dans la réalité, j'ai plusieurs fois vécu cette "remise à zéro du compteur", et j'avoue que cela ne me déplaît pas de faire table rase et recommencer...une part de moi aime la nouveauté, le changement, et l'autre aime la stabilité, la profondeur...)

A l’extérieur, mon père vient d’arriver au volant d’une très belle voiture. Je monte dans la voiture et je découvre que mon compagnon lui a quand même laissé mon portefeuille (avec l’argent... je vérifie) mais a gardé le reste du sac. Je pense immédiatement qu'il va sans doute fouiller mon sac et cela me gêne car il va mal interpréter ce qu'il contient. Mais il se peut aussi qu'il ne le fasse pas, d'une part parce qu'il respecte généralement mon intimité, d'autre part à cause d'une forme de négligence de ce que je ressens réellement. Je demande à mon père de démarrer rapidement et de m’emmener ailleurs.

Nous allons à l’extérieur de la ville dans un centre commercial. Nous discutons avec une grande facilité ; je me sens parfaitement comprise et soutenue par lui. Nous parlons du fait que la police met facilement des contraventions sur ce parking, mais je constate que finalement, l’endroit est bien ordonné et bien fréquenté grâce à ce contrôle policier régulier. Mon père approuve totalement. Je pense que pendant qu’il va travailler, je vais pouvoir conduire sa belle voiture. J’ai une légère appréhension comme si j’avais peur de l’abîmer mais en même temps, je sens aussi une forme d’excitation.

(la suite du rêve devient floue)

Nous sommes dans un nouvel appartement très vaste et bien chauffé (un poêle dans chaque pièce). Mais nous devons le repeindre. Mon compagnon veut peindre par-dessus l’ancienne tapisserie avec une peinture noire mais je refuse et lui dit que je veux l’arracher. Je me mets à la tâche et il se trouve que la vieille tapisserie s’enlève très facilement. Une fois enlevée nous peignons tout en blanc même les boiseries de l’appartement.

mercredi 21 septembre 2011

Hieros Gamos

Dragon de Marduk - fresque émaillée sur la porte d'Ishtar


Le Hieros Gamos ou mariage sacré est une tradition qui a traversé de nombreuses traditions mais dont les plus éclatantes traces nous reviennent sans doute des mythes issus de la Mésopotamie, mot dont l'étymologie grecque signifie pays entre deux fleuves (le Tigre et l'Euphrate dont on soupçonnait être deux des quatre fleuves de l'Eden).





Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
Le nom du premier est Pishôn; c'est celui qui entoure tout le pays de Havilah, où se trouve l'or.
L'or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d'onyx.
Le nom du second fleuve est Guihôn; c'est celui qui entoure tout le pays de Coush (Éthiopie ? Hindi Kush ?).
Le nom du troisième est Hiddèkel; c'est celui qui coule à l'orient d'Ashour (l'Assyrie, donc leTigre). Le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate. (wikipedia)



Entre deux fleuves...symboliquement déjà cette terre est une évocation aux épousailles des eaux intérieures.
Vu de façon superficielle, ce rituel du mariage sacré pourrait évoquer d'éventuels rites de fertilité ou une recherche d'abondance matérielle (agricole et humaine). Depuis une bonne dizaine d'année, j'ai été attiré par l'étude de cette ancienne civilisation fondatrice de ce qui m'a en quelque sorte moi-même fondée: l'écriture, cette ancienne civilisation porteuse d'une richesse mythologique que les quelques millénaires qui nous en séparent n'ont pas altérée.

Précisions que le texte même de la genèse hébraïque possède de nombreuses corrélations avec la genèse mésopotamienne. Cela n'est guère étonnant vu le contexte historique et les déportations subies par le peuple hébreu lors des conquêtes des rois babyloniens (relatés dans la Bible et historiquement reconnus) du royaume de Judée.

Cependant on ne peut, comme le font certains historiens, limiter l'influence de cette mythologie à la situation d'exil et la nécessité d'adaptation. Il serait bien naïf de croire que l'élite judéenne, ramenée à Babylone, ne se soit inspirée de ces anciens rituels de la Hiérogamie seulement par souci d'intégration. Il est plus probable que ces rituels, cette connaissance dont les racines s'enfoncent aux fondations même de l'humanité (prenant leur source temporellement et ontologiquement au moment de la "chute"), porteurs d'un savoir essentiel, encore vivant à cet époque, ont laissé des traces profondes dans le fondement même des mythes judéo-chrétiens.



Je ne crois pas personnellement que le sens du Hieros Gamos se limite simplement à l'abondance des récoltes ou à la fertilité des femmes de la cité. Cette interprétation des spécialistes modernes n'est qu'une preuve de plus de l'incroyable fossé qui aujourd'hui nous sépare du Sacré, du numineux.

Voici ce que l'on trouve dans un mythe dédié à Enlil dieu du Souffle par excellence qui évoque fortement le Verbe biblique:

Touche-t-elle le ciel (Sa Parole): voici la crue,
Et d'en-haut se déverse une pluie abondante!
Touche-t-elle la terre: voici l'aisance,
Et d'en-bas les richesses débordent!
Ta Parole, ce sont les plantes! Ta Parole, c'est le grain!
Ta Parole, c'est la crue: la vie du pays tout entier!...

Dans les textes relatant les chants et les poèmes dédiés à la déesse Inanna-Ishtar lors du rituel du Hiéros Gamos, on peut déceler une véritable et profonde invocation aux épousailles intérieures entre le féminin et le masculin de l'Être. Dans certains textes, elle est appelée la toute-blanche ce qui nous renvoie immédiatement à la Vierge, symbolisant un féminin libéré de ses ténèbres, apte à "accueillir" le masculin.

Nous retrouvons cela dans la caste des prostituées sacrées  (nommées ainsi par les grecs dont Hérodote), la caste de ishtaritus, qui offraient leurs corps aux fidèles du temple mais n'en restaient pas moins vierges. J'ai écrit, il y a quelques années, un texte inspiré par cette quête de mon féminin, recherche qui me conduisit jusqu'aux rempart de la grande Babylone dont j'avais l'intuition secrète d'y découvrir quelque chose d'essentiel mais que je ne pouvais encore dire...

A l'arrière du temple, au cœur de petites chapelles, les Ishtaritu, prostituées sacrées, se donnaient aux passants en échange d’offrandes pour le temple. Tout homme déposant sa semence dans la chair consacrée d’une Ishtaritu devait être à son tour ensemencé par le divin. Le ventre de ces femmes, éternellement vierge, symbolisait la terre sainte, terre mère primordiale, que l’homme avait perdue dans les eaux souterraines de sa mémoire et qu’il devait labourer, fertiliser, abreuver de sa sueur et de son désir pour la reconquérir, tel Nabuchodonosor faisant surgir des pierres les jardins suspendus pour la princesse Amytis.

            Le don de l’Ishtaritu ne se réduisait pas au corps, à l’instar de ces prostituées profanes, hommes et femmes, qui vendaient leurs services dans les tavernes et aux abords de la ville.

            Le don de l’Ishtaritu exigeait de l’homme qu’il s’abandonne au divin dans sa totalité, corps et âme, qu’il se laisse ébranler jusque dans ses profondeurs, que tous les repères illusoires de ce monde se dissolvent dans ce retour à la terre originelle, pour qu’il embrasse son reflet et qu’au creux de ce corps sacré, dans le cri muet de l’orgasme, nish libi, ou "lever du cœur", il puisse accoucher de lui-même.

            Ishtar régnait sur l'amour comme sur la guerre car l’amour initié par Ishtar impliquait la mort de toutes les certitudes, l’effondrement de tous les remparts. Pour accéder à cet amour, il fallait mener un  combat acharné contre soi-même, contre la peur inspirée par la béance des femmes, accepter de s’y perdre, de plonger dans ses ténèbres. Cet amour-là ne pouvait naître qu’à travers la mort, non pas la mort stérile, fin de toute vie, réservée aux ignorants, mais la mort qui conduit à la mutation de l’être, à la germination de l’homme nouveau. La mort qui engendre la vie.

            Ishtar était sœur d’Ereshkigal, reine de la mort et des enfers, mais aussi sœur de Shamash, seigneur du soleil et de la lumière. Elle était la clé qui mène à l’un ou l’autre de ces aspects de l’être.

            "Ce qui est noir, je le fais blanc et je fais blanc ce qui est noir."
           
            Encore fallait-il être humble, tel Dumuzi le berger, pour  accepter de mourir en elle.

            Tel n’était pas le cas de la majorité des hommes. Tel n’était pas le cas du grand héros Gilgamesh, valeureux mais aveuglé par son orgueil, auquel Ishtar s’était pourtant offerte. Lui qui cherchait éperdument le secret d’immortalité, perdit à jamais la possibilité d’y accéder en refusant de partager la couche de la déesse. Comment un tel héros qui avait combattu avec tant de fougue Humbaba, le monstre gardien de la forêt de cèdres, avait-il pu craindre de mourir dans les bras d’une déesse?

Les textes anciens faisant mention du Hieros Gamos décrivent le processus qui conduit à cette unité synonyme de prospérité et d'abondance (d'ailleurs le jardin d'Eden, ou celui de Babylone, renvoie symboliquement à cette opulence vitale, ce foisonnement fertile d'un être qui s'est réunifié).

Ishtar choisit donc le berger Dumuzi ou Tammuz (tel qu'il est cité dans la Bible Ezechiel, VIII, 14) pour en faire son "époux":



Quand à moi, à ma vulve, à moi, tertre rebondi,
Moi, Jouvencelle, qui me labourera?
Ma vulve, ce terrain humide que je suis,
Moi, Reine, qui y mettra ses boeufs (de-labour)?...

Sitôt que du "giron" du roi l'eau (-du-coeur) eût jailli,
A ses côtés sortirent les plantes, à ses côté poussa le grain:
Steppe et vergers, près de lui, se chargèrent de luxuriance!

Tandis qu'en la Maison-de-vie (ou Arbre de Vie???...)*, dans le Palais royal,
Sa "femme" demeurait près de lui en liesse;
Qu'en la Maison-de-Vie, dans le Palais royal,
Inanna demeurait près de lui en liesse!









Source: Le mariage sacré de S.N. Kramer

 *Annotation personnelle


Pour connaitre l'origine des illustrations cliquez dessus.



dimanche 18 septembre 2011

Trialité


Au début du chemin (naissance corporelle), nous centrons notre existence à partir de ce que nous voyons, percevons de façon évidente par l'intermédiaire de nos sens communs.
Ce processus tout naturel est sans aucun doute le moyen pour l'être en devenir de s'adapter au monde dans lequel il débarque. La conscience s'attache à engranger le maximum d'informations sur ce qu'il perçoit de l'extérieur afin que l'être puisse se développer et parvenir à une certaine maîtrise du monde qui l'entoure, à s'auto-suffire. 

Notre vision du monde englobe alors tout ce que la mémoire enregistre durant les premières années.
Si tout ce que nous vivions restait au niveau de la conscience, elle serait vite saturée et ne remplirait plus sa fonction d'"éclaireur". Elle est en quelque sorte un faisceau que l'on dirige selon la direction que l'on veut prendre.

Or, ce dont la conscience n'a pas besoin, ce qui semble inutile à l'adaptation dans ce monde matériel, est refoulé dans les "sous-sols" de l'être. Ce "sous-sol" (que les philosophes puis les psy nomment l'inconscient) est situé de telle sorte qu'il ne puisse pas gêner le travail d'éclaireur de la conscience.
 Mais cette information doit bien aller quelque part puisque même reléguée dans ce sous-sol, elle reste quand même accessible... 

Cependant, plus l'être se développe, prend de l'assurance et s'habitue à ce monde, plus il oublie ce refouloir, anti-chambre de ses profondeurs,  bien pratique mais qui n'en reste pas moins réel. Plus il l'oublie et plus il se coupe d'une part de lui-même, ce dont il a du mal à se rendre compte puisqu'il s'est habitué à cette idée qu'il faut voir pour croire...
Ce lieu d'oubli, cet inconscient ne contient pas seulement les informations à recycler (parce que douloureuses ou incomprises par le mental). Il contient forcément TOUT ce qui n'est pas focalisé par la conscience depuis la naissance et sans doute bien avant. Donc il contient aussi des informations qui ne sont jamais passées sous le faisceau conscient durant la vie corporelle. 

Cet inconscient semble donc être un contenant. Mais une fois vidé de son contenu, qu'est-il?

On peut dire que le spirituel n'est pas le plus essentiel à développer dans les premières années humaines. Il faut apprendre à tenir debout, se nourrir, communiquer...beaucoup de choses basées sur le simple fonctionnement du corps qui nous rendent dépendants de la matière, des parents physiologiques. Mais arrivée à maturité, le corps n'a plus besoin d'apprentissages ni de ses parents. C'est le psychisme qui prend alors le relais et doit arriver à se développer assez pour que l'être puisse créer des liens harmonieux avec son entourage, avec le monde en général. Les parents doivent être alors intériorisés...

C'est une seconde naissance à partir de laquelle l'être doit se positionner, trouver sa place unique au coeur de l'univers vivant. Il doit arriver à cerner ce qui fait de lui un être différent des autres donc irremplaçable, il doit accéder à son identité propre et se libérer de toutes les projections, les transferts qui lui ont caché son véritable moi.
Beaucoup d'êtres restent mort-nés à ce niveau du développement humain. Certains restent cantonnés au stade du développement corporel, ne centrant leur identité qu'à partir de ce corps sur lequel ils misent toute leur existence. Leur conscience ne perçoit que les apparences, les formes, les contours mais ne perce jamais plus loin.
D'autres encore nombreux, dépassant le stade corporel, ne parviennent pas à se détacher des fausses identités qu'ils ont accumulées au fil de projections plus ou moins conscientes. Ils se contentent d'être des reflets, des ersatz de leurs propres parents, ou de gens qui les ont marqués émotionnellement (négativement ou positivement puisqu'à ce stade il n'y a aucune conscience vrai du Bien et du Mal), sans jamais chercher ce qui fait d'eux l'Être unique. Ils restent prisonniers du cercle sans fin, de la répétition. Leur conscience ne focalisant que sur ce qu'il croient être, ce qui selon eux fonde toute leur identité.
L'être est comme une balle dans un jeu de tennis de table. Il ne cesse de rebondir d'une idée à l'autre, d'un reflet à l'autre, sans se trouver lui-même. C'est ce qu'on appelle la dualité. 
A ce niveau, l'être est un inconnu pour lui-même donc pour autrui; il n'est que réactivité dans l'impossible d'agir en toute conscience. Il est téléguidé par les idées qu'il a lu, la morale qu'on lui a appris, les comportements qu'il a mémorisé et bien d'autres choses encore. Il flotte à la surface du monde comme un bouchon ballotté par le courant.

Si le développement du stade psychique est dépassé, même à moindre niveau, survient dans la vie de l'être humain un nouveau potentiel à développer, une nouvelle naissance: le niveau spirituel. L'être n'a alors plus besoin de références  pour se situer ou pour situer l'autre. Il se connait. Sa conscience le contient à 360° et ne focalise plus seulement sur une toute petite partie de l'existence. Sa perception ne se cantonne plus à celle du corps mais à de nouveaux sens qui semblent se développer au fur et à mesure qu'il découvre ce niveau. Il accèdent à une réalité qui ne se limite plus aux trois dimensions de la matière. 
Ce niveau contient comme les précédents des étapes  franchir. L'Être expérimente alors la non-dualité, ce sentiment d'unité totale avec tout ce qui est,  mais il doit prendre garde à ne pas en faire un nouveau dogme et de rester bloqué à cette seule étape. La dualité puis la non-dualité sont des étapes nécessaires pour accéder à la trialité qui est paradoxalement une unité (Trinité). La conscience est maîtrisée, c'est à dire qu'elle peut passer du 360° au 1° instantanément, focaliser lorsque nécessaire et pouvoir revenir à la totalité. La morale ne vient plus de l'extérieur mais devient une expression toute naturelle du Centre ou du Soi. Les choses (extérieures et intérieures puisqu'à ce stade les deux sont un) se mettent en place d'elles-même contribuant au développement de l'être vers...l'inconnu. 

Nul ne sait ce qu'il y a au-delà. Peut-être d'autres naissances encore, peut-être ce que l'on nomme Dieu, Nirvana, l'Aïn Soph de l'arbre des Sephiroth...


Pour exprimer ces trois naissances, je me suis inspirés d'un schéma de Thomas Harding trouvé dans la revue 3ème Millénaire n°83:




Le schéma que j'ai dessiné au début de l'article est non exhaustif est peut être complété. Il est l'expression de ma compréhension actuelle qui peut illustrer plus clairement ce que j'entends par "masculin" et "féminin". 
La relecture de mon article guérir le mâle peut être éventuellement éclairé par ce schéma. La conscience (masculin) n'est-elle pas ce qui permet de mettre en lumière l'inconscient (féminin) ce qui est caché? Cette conscience qui en s'abandonnant s'ouvre, se déploie, se relie à ce qui remonte naturellement de sa part cachée et parvient à délivrer des potentiels en soi insoupçonnés. Le masculin et le féminin s'interpénètrent mais parfois la conscience en se focalisant sur l'extérieur l'occulte. Dès que la conscience se retourne vers l'intériorité, l'être s'enrichit alors de ce qui lui manquait: sa moitié en quelque sorte...

Le mot "trialité" m'est venu instinctivement en méditant sur le symbole de la madorle donc n'y cherchez aucune référence à quoique ce soit d'autre.

Le travail de lecture des rêves nocturnes n'est-il pas une mise en conscience de ce que l'inconscient tente de révéler? Il y a, chez l'être qui a entrepris cette dialectique entre conscience et inconscient, une Reliance qui peu à peu s’effectue d'elle-même et permet de Vivre cette unité retrouvée.



I'm trav'lin' light
Because my man has gone
And from now on
I'm trav'lin' light

He said goodbye
And took my heart away
So from today
I'm trav'lin' light

No one to see
I'm free as the breeze
No one but me
And my memories

Some lucky night
He may come back again
But until then
I'm trav'lin' light

{instrumental break}

No one to see
I'm free as the breeze
No one but me
And my memories

Some lucky night
He may come back again
But until then
I'm trav'lin' light

I'm trav'lin' light

I'm trav'lin' light

I'm trav'lin' light

vendredi 16 septembre 2011

La valse "minute" (final...)



Dans ce rêve de la valse minute, il y a à la fois une notion de vitesse mais de vitesse facile. C'est à dire que l'enfant joue très bien son morceau et de plus, je l'accompagne dans mon esprit, emportée par les notes qui s'enchaînent. Il y a un accord entre l'enfant (l'enfance..) et moi. Je me laisse entraîner par ce flot vital qu'il représente et dont la musique en est la meilleure expression.
Cette vitesse a quelque chose de jouissif, comme une revanche sur cette maîtresse qui impose le silence mais n'entame nullement ma joie et le partage avec mes filles. La présence de ces dernières assises à mes côtés et riant avec moi m'indique que cette joie de vivre se transmet de génération en génération tout aussi bien que les souffrances. De plus ce flux naturel (symbolisé par la pente, qui descend avec fluidité, facilité comme le rythme de la musique) a un fort pouvoir de rédemption car au final, la petite fille qui hurle se retire avec la maîtresse comme si elles ne faisaient plus vraiment partie du tableau. Elles sont de "trop".

Comme je l'exprimais en commentaire, cette valse est l'exact reflet de mon intériorité présente. Je sens un grand flux me traverser et remplir ma vie, concrètement et spirituellement. 

De plus, une chose à préciser, la musique de Chopin est un peu "magique" dans le sens que jouée mains séparées ou sans rythme, elle est totalement discordante. Il faut trouver le bon rythme et l'accord exact entre la main gauche et droite pour entendre la bonne mélodie.

Le bon rythme semble a voir été trouvé. Mais nous sommes là dans un lieu de loisir (le parc) et trouver le bon rythme est encore aisé...

Dans la seconde partie du rêve, nous voilà dans un lieu de "travail", un lieu clos. Il peut s'agir d'une évocation de mon activité professionnelle effectivement très prenante, qui fait peser sur moi de grandes responsabilités puisque je suis mon propre patron (la femme noire est le chef), mais dont je me suis crue pendant longtemps inapte (!). D'où une grande rigidité, une tension intérieure constante, et un problème avec la gestion du temps...

Ce lieu clos peut être aussi un lieu de travail alchimique, gestatoire, où les matériaux de la psyché s'unissent afin de trouver un meilleur "accord" et de donner ainsi une musique plus harmonieuse...
L'aspect de la femme noire est attirant car elle recèle un potentiel insoupçonné. Mais elle reste encore attachée au vieilles références masculines (mon père travaille dans le même milieu que moi) d'où la couleur de sa peau. En la serrant dans mes bras, dans cette atmosphère de communion, de partage, je lui donne la possibilité de rester elle-même, de laisser sa joie naturelle et maintenant intégrée, conscientisée, la libérer de son carcan de stress et de raideur. La libérer surtout de cette notion déformée de "travail-sacrifice".
Elle peut ainsi assumer pleinement sa féminité alliée à un masculin intérieur guéri.



jeudi 15 septembre 2011

La valse "minute" (lecture)





Faire la lecture d'un rêve c'est un comme trouver le mot d'amour d'un inconnu plié dans sa poche. Un être aimé qui nous écrit et dont on aurait oublié jusqu'à l'existence...


Mais "faire" est un verbe à nuancer. Il s'agit véritablement d'une "dialectique", d'une reliance entre deux aspects de soi, le dialogue entre des parties que l'on pourrait croire inconciliables...Ce serait alors "faire" dans un sens alchimique, un peu comme en cuisine... un brin de volonté, un brin d'inattendu et surtout l'élément indispensable: le temps (pour arriver à maturation ou bonne cuisson... donc patience et longueur de temps...). Il y a la "touche" du cuisinier allié au côté imprévisible du résultat final. Le tout étant très excitant... (plus j'avance dans ma quête, mieux je cuisine...Est-ce forcément lié? ;) )

Dans ce rêve de la valse minute de Chopin ( ou Chaud-pain...un jeu de mot facile que j'ai déjà vu comme enseigne de boulangerie! Pour rester dans le domaine des fourneaux...), il y a une notion incontournable de temps. La valse-minute me fait penser à ces enseignes de magasins qui vous promettent un service optimum en un temps minimum (symbolisé par LA minute). Mais là il ne s'agit pas de "service" mais de valse, c'est à dire quelque chose normalement lié au plaisir, au partage (ça se danse à deux...en général),  et à l'amusement.

Ce thème de l'amusement est encore souligné par le premier lieu: un parc.
Le parc est par excellence le lieu de loisir, lié évidemment à l'enfance, thème du jeu appuyé par la musique puisqu'on dit textuellement: "jouer" du piano.

Je voudrais faire à ce sujet une petite réflexion. L'expression de "jouer du piano" est relative au plaisir évident que l'on prend à jouer un morceau. Mais ce "jeu" passe d'abord par un long travail. Je le sais pour avoir pratiqué la musique pendant une dizaine d'année depuis l'âge de huit ans.
L'enfant par nature aime jouer mais je me souviens aussi de l'aspect rébarbatif, contraignant, qu'il y a avait à "travailler" son piano, faire ses gammes interminables, apprendre les subtilités du solfèges, la lecture des notes, des nuances et le respect du rythme appris à coup de métronome.
Il est vrai que le résultat est jouissif mais il y a un "travail" indispensable inhérent à ce plaisir qu'il ne faut pas nier sous peine de perdre la base même de ce plaisir (en jouant de travers ou en faisant des fausses notes).

Inutile de préciser qu'il y a une évocation de l'oreille. "Avoir de l'oreille" est indispendable en musique car cela nous permet de savoir si nous jouons juste ou non. 
Avoir de l'oreille me renvoie à la notion de vigilance et à pouvoir entendre tout enseignement spirituel. Avoir aussi assez d'oreille pour "entendre" le message du rêve, être attentive à la petite voix de l'inconscient (si petite et pourtant expression de quelque chose de si vaste...humilité donc).

Et "avoir de l'oreille" demande certes un minimum de compétence naturelle mais une grande, très grande part de travail comme c'est le cas pour tous les arts. La poésie, la peinture, le théâtre par exemple ne demande pas seulement du talent. Le talent n'est qu'un "coup de pouce" mais l'important est de s'y a-donner...

Dans ce rêve de la valse minute, il y a donc cette notion de plaisir, de loisir (lié à la création artistique donc à l'expression d'une part inconnue-inconsciente de soi), inextricablement lié avec la notion de travail.
Et je dois avouer qu'il s'agit d'un questionnement actuel auquel le Rêve semble répondre spontanément.

Le second commentaire d'Amezeg m'a titillé l'"oreille" (!) car au sujet de cette éducation castratrice représentée par le personnage de la maîtresse qui dit "chut!", le piano est pour moi chargé de sens. Je peux même dire que ces deux phrases m'ont percées le coeur par la vérité qu'elles expriment:


J'étais enfant douée en dessin; c'est à dire que sans jamais avoir appris, je savais dessiner assez facilement ce qui se présentait à mon esprit (alors que je n'avais aucun goût de "copier" ou dessiner ce que je voyais extérieurement). Ma tante Annie (voir un de mes commentaires de Anne ma soeur Anne...) ramenait pour moi chaque jour de son "travail" des carnets que je remplissais fiévreusement de mes gribouillages, représentation de mes fantasmes de petite fille (je dois souligner que je dessinais presque exclusivement des personnages féminins et que les personnages masculins avaient plutôt un rôle de figurant...:D je sens venir les commentaires...). Quel bonheur d'aller dans le placard de mes grand-parents, prendre un nouveau carnet, rempli de pages blanches en attente de nouvelles images...!

Or, ma mère est une artiste-peintre par vocation. Mais elle avait, à ma naissance (ce qu'elle n'a eu de cesse de me répéter), mis cette activité en parenthèse afin de m'élever, ce que j'entendais comme un mensonge de sa part car son père (en parlant d'éducation castratrice), n'a jamais voulu qu'elle fasse de cette activité artistique un métier et lui a imposé, avec l'argument imparable de la raison, de faire un travail plus stable et plus sûr (fonctionnaire!). Donc le problème ne venait certainement pas de moi mais plutôt de sa relation au père, restée immergée dans l'ombre, puisque jusqu'à aujourd'hui, elle n'est pas allé au bout de sa rage de ne pas avoir pu se réaliser (son idéalisation de son papa le lui interdisant...).

Il y a donc un noeud à la base. Noeud bien sûr qu'en tant qu'enfant je personnifiais concrètement avec mon don en dessin. Les enfants nous mettent toujours face à nos limites, révélateurs de nos manques, de nos blessures les plus secrètes (même de nous-même). Ma mère, ne pouvant faire porter la responsabilité de sa non-réalisation ni sur son père, ni sur elle-même, la projeta (inconsciemment bien sûr) sur moi. Et je sentis très tôt une forme de jalousie, de concurrence entre elle et moi, accentuée sans doute par la relation très forte entre mon grand-père et moi. 

Lorsqu'il fut question d'apprendre à jouer d'un instrument, je choisis le violon (instrument à cordes apparentes symbolisant sans doutes mon désir de créer un lien alors que les cordes du piano sont toutes "intérieures"...). Mais ma mère ayant toujours voulu jouer du piano, m'imposa son choix. Et cette discordance entre nous se révéla par la personnalité "castratrice" de mon premier professeur de piano, une femme, qui semblait vouloir m'inculquer la musique par les larmes plutôt que par le plaisir indispensable à toute pratique artistique.
Aujourd'hui avec le recul et l'âge adulte, je ne m'imagine pas imposer à mes propres filles un tel enfer juste pour leur apprendre un instrument...au risque de leur inculquer le désamour définitif de la musique.

Dans le rêve de cette valse minute, je ne peux qu'entendre cette frustration et cette urgence (car exprimer ce flot continuel en moi est vital et je sens bien qu'à défaut j'en mourrais certainement) de petite fille de devoir toujours pratiquer ce que j'aime, ce qui m’épanouis en cachette, de façon secrète et solitaire...Et cette petite fille qui hurle en moi se révèle aujourd'hui dans le peu de temps que j'accorde dans mes journées bien chargées à faire ce que j'aime, ce qui m'épanouis... 
Comparé à tout ce temps que je donne de façon excessive (je le sens bien) comme une hémorragie à des choses que je m'impose comme un devoir, des choses qui étrangement ont avoir avec le travail, la tâche rébarbative et obligatoire que tous les hommes de ma vie (grand-pères, pères, compagnons) se sont imposés avec une violence inouïe, occultant de ce fait leur féminin intérieur, n'évaluant leur valeur masculine qu'à cette négation d'eux-même... Leur valeur ne se mesurant qu'au sacrifice d'une grande partie d'eux-même. 


Sacrifice qui fait des femmes de la famille des "endettées" par nature. Ce féminin extérieur coupable  d'être les représentantes bien en "chair" d'une intériorité totalement niée, voire tournées en ridicule ou jugée "pathétiques" dès qu'elles osent aborder la question. 


Toute personne ressentant un appel intérieur ou osant même évoquer ce sujet se verra chargé d'un poids assez lourd de quelques générations de sacrifié(e)s, d'où peut-être ce "chhhhut!" soufflé rageusement par cette maîtresse femme un peu "masculinisée" sur les bords...


La notion de sacrifice est en vérité une notion de "don" mal équilibré. Le travail est essentiel et bénéfique pour l'être humain; il est un don que nous faisons à la communauté à laquelle nous appartenons. Mais pour être un don valorisant et nourricier, propice à l'évolution du tout (les autres et moi), il doit s'effectuer dans l'amour et la mesure. 


Le sacrifice en apparence semble être un don en excès mais c'est tout le contraire. Il est une façon déguisée d'être constamment en "demande". Je me sacrifie pour toi, ce qui équivaut à te mettre constamment en "dette" envers moi! (voir le rêve des yeux bleus au sujet de la dette: Berne-à-dette...)


Je remarque aussi le fait que l'enfant qui joue au piano se trouve sur une pente. Etre sur la "mauvaise pente"...la pente symbolise sans doute un équilibre fragile, ou quelque chose qui manque de stabilité. Qui risque de glisser à tout instant...

Je laisse un temps reposer ce message en moi car il remue beaucoup de choses (je répondrais  à vos précieux commentaires ultérieurement car me voila prise dans la valse à minute! :) ). A suivre...





Illustration: Photo de moi...à trois ans.