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lundi 13 février 2012

Servir le non-rationnel



La Roue de la Fortune - Sir Edward Burne-Jones


Baba Yaga menaça:


- Il m'est impossible de te donner du feu tant que tu n'as pas travaillé pour moi. Si tu as accomplis ces tâches pour moi, tu auras le feu. Sinon...


Et Vassilissa vit les yeux de Baba Yaga se changer en braises rougeoyantes:


- sinon, mon enfant, tu mourras.*




Dans ce monde, il est commun d'entendre dire qu'il faut "travailler" pour vivre, qu'il faut "gagner" sa vie comme si la vie n'allait pas de soi. Comme si en naissant ici-bas, nous étions inévitablement en dette...


L'humanité est actuellement au service de la marâtre.
Bloquée à cette étape du conte, elle n'a aucune conscience de son potentiel divin, ni de la sorcière sauvage qui vit au coeur de la forêt. Elle se contente de rembourser sa dette infinie, de servir des forces involutives qui l'exploitent, utilisent sa force vitale jusqu'à l'épuisement, jusqu'à l'extinction du feu vivant. Travail, distraction, spiritualité, tout est bon pour continuer à être un esclave. Continuer à croire en ce monde fabriqué de toute pièce et auquel nous n'avons d'autre choix que d' adhérer. 


Ils ont réussi à nous faire croire que seule la raison est valable. Que tout est matière, chimie, fruit d'un hasard mathématique, et que l'homme n'a d'autre ascendance que le singe...  Mais pour que nous y croyons, il a fallu nous détourner de nous-même. La marâtre du conte vous parait bien cruelle? 
Pourtant, elle a au moins la qualité d'envoyer Vassilissa dans la forêt.

La marâtre que nous servons actuellement, ne veut surtout pas que nous allions à la rencontre de Baba Yaga. Elle alimente le feu avec notre propre vie. Et lorsque nous nous éteignons, elle nous remplace par notre descendance. Il suffit pour se convaincre d'aller visiter nos maisons de retraites...
Des vies consumées à servir le rationnel, la raison scientiste et le matérialisme.


Pour nous détourner de cette plongée en nous-même, quête initiatique mille fois racontée dans les contes les mythes et les textes sacrés, la marâtre utilise un stratagème imparable: absorber notre attention. 


Il y a deux ans environ, je suis tombée sur la chronique de David Servan Schreiber dans le magazine Psychologie qui évoquait le grand pouvoir de l'attention:



"Lorsque notre attention n'est pas occupée par une activité extérieure, nous avons presque tous instantanément des idées noires!
Du coup nous cherchons à avoir l'esprit toujours "occupé". Et nous lisons nos e-mails en parlant au téléphone, nous regardons la télé en dînant, nous écoutons la radio en donnant un bain aux enfants, etc.
L'autre découverte de cette recherche, c'est que nous ne tirons du plaisir, de vrai plaisir, que lorsque notre attention est complètement investie dans une seule chose: une conversation, la confection d'un bon repas, un film qui nous fascine. Uniquement, donc lorsque nous ne divisons pas notre attention entre plusieurs tâches.
Cette attention, c'est de l'énergie pure! Elle transforme ce qu'elle touche. Les animaux et les enfants le savent souvent mieux que nous. Plus encore que de la nourriture, de la chaleur ou de l'argent, c'est de l'attention qu'ils cherchent lorsqu'ils viennent vers nous. Et ils s'y prélassent comme dans un rayon de soleil. Pareil pour l'amour passion des adultes: rien n'est plus fort que de se regarder interminablement dans les yeux...
La meilleure preuve que notre attention vaut très cher, c'est l'argent que dépensent les publicitaires ou les chaînes de télévision pour l'attirer vers elles: "Regardez-moi! Regardez-moi!" semblent-ils tous crier... Pourtant, nous ne sommes jamais assez conscient de cette richesse que nous possédons."

A l'époque, je ne m'étais pas rendu compte de la portée de cet article. Certes notre attention est précieuse mais "pourquoi" est-elle autant détournée?


La marâtre se nourrit de notre attention, cette énergie pure que nous gaspillons jusqu'à l'extinction du feu. Nous ne lui servons qu'à ça; et si nous ouvrons suffisamment les yeux, nous nous rendons compte que TOUT ce qui nous attire à l'extérieur de nous même, toute ce qui nous absorbe, est destiné à servir la marâtre. Comme dans le conte, ni la marâtre ni ses filles ne sont aptes à ramener le feu. Elles ont donc inévitablement besoin de nous. 


Mais pour que nous acceptions de les servir, de nous laisser ainsi vider jusqu'à la moelle, rien de plus efficace que la culpabilisation. Nous devons nous sentir perpétuellement en dette...


Baba Yaga semble menaçante pour un regard mal exercé à voir dans ses propres ténèbres. Habitué à regarder avec les yeux de la marâtre, nous ne savons plus discerner ce qui est bon pour nous de ce qui ne l'est pas. En réalité, la vieille sorcière est notre issue de secours. Quand elle dit à Vassilissa qu'elle risque de mourir si elle n'effectue pas le travail demandé, ce n'est pas forcément une menace. Elle lui déballe une réalité. A prendre ou à laisser.


Servir le non-rationnel, c'est à dire descendre dans nos profondeurs à la recherche de ce germe divin dont nous sommes tous porteur, demande un véritable retournement sur soi, une inversion de valeurs qui nous ont été inculquées jusque là. Au premier abord, cela n'est guère facile, d'autant plus que les effets ne se font pas sentir dans l'immédiat. Ce genre de travail demande du temps, de l'expérience, de la sagesse. Il faut se laisser patiner, user, éroder par la vie et la mort. Et faire preuve d'humilité, se contenter de peu. Ne pas demander quoique ce soit en échange. 


Ce que Vassilissa est venu chercher de l'autre côté de la forêt est bien plus précieux que toutes les richesses que peut offrir le monde extérieur. Aussi la Yaga la met à l'épreuve, mesure son endurance à supporter tant de labeur et si peu en retour...


Baba Yaga alla dans son antre en grommelant. Elle s'allongea sur son lit et demanda à Vassilissa de lui apporter ce qui mijotait dans le four. Dans le four, il y avait assez pour nourrir dix personnes et la yaga mangea tout, ne laissant à Vassilissa qu'une minuscule croûte et un dé à coudre de potage.*


Ce genre de mise à l'épreuve se rencontre chaque fois que nous décidons de tourner le dos aux anciennes  valeurs et de nous consacrer à la Voie. De telles difficultés se rencontrent au début de toute initiation, que ce soit lors d'une pratique spirituelle (méditation) ou l'apprentissage d'un art. Nous devons faire preuve de patience et d'humilité. 


Dans cette video, Jean-Luc Leguay enlumineur présente son ouvrage consacré à la légende de Perceval (dont le sens initiatique est proche du conte de la belle Vassilissa) et raconte comment il décida de consacrer sa vie à cet art spirituel. Servir le non-rationnel est ce qui donne tout son sens à la vie. C'est ce qui permet de rallumer le feu intérieur et transmettre cette verticalité vivante aux générations futures...plutôt qu'un monde en voie d'extinction.






* Extraits de la version du conte la belle Vassilissa de Clarissa Pinkola Estés dans Femmes qui courent avec les loups

mardi 21 juin 2011

Comment soigner Candide...



Fait intéressant, à un moment ou à un autre, la plupart des gens intelligents, les penseurs sceptiques d’aujourd’hui, étaient autrefois des gens crédules. À un moment, ils se sont simplement « réveillés, » et se sont mis à s’interroger consciemment sur le monde autour d’eux.
Les personnes intelligentes, les sceptiques informés, sont des gens qui posent des questions du style :
* Pourquoi vingt grands médias différents rapportent-ils exactement les mêmes nouvelles, au mot prêt, fidèlement le même jour ? S’ils avaient tous enquêté et écrit leur propre article, n’y aurait-il pas des différences dans les informations ?
* Comment se fait-il que Wall Street ait obtenu un plan de renflouage de moult milliards de Washington, alors que Main Street (le peuple) doit toujours pour payer des impôts impliquant l’envoi de fric à Washington ? Si Washington peut créer comme par magie des milliers de milliards durant la nuit, pourquoi donc payons-nous des impôts ?
* Pourquoi le ministère de l’Agriculture conspire-t-il activement de nos jours avec les compagnies de semences OGM pour maintenir l’homologation des graines modifiées génétiquement, alors même qu’aucune preuve scientifique de leur innocuité sur le long terme n’existe ?
* Si le mercure est l’un des éléments les plus toxiques connus de la science moderne, pourquoi est-il encore mis délibérément dans la bouche des enfants sous la forme d’amalgames d’« argent » ? Et pourquoi dit-on plombage d’« argent, » alors qu’en réalité ça contient plus de mercure que d’argent ?
* D’où sort vraiment le fluorure rajouté dans la distribution d’eau publique ? Et, si le fluorure est si bon pour les gens, pourquoi donc est-il si dangereux à manipuler ? Pourquoi est-il considéré comme un produit chimique dangereux par l’EPA (Protection de l’environnement) ?
* Que s’est-il vraiment passé le 11/9 ? Comment s’est écroulé le WTC 7 qu’aucun avion n’a jamais heurté ? Pourquoi ont-ils déblayé les décombres avant qu’une analyse convenable de la police scientifique ne puisse être effectuée ?
* Les vaccins, ils sont vraiment sûrs ? Où est l’étude comparant les enfants vaccinés et non-vaccinés ? Pourquoi l’industrie du vaccin ne permet-elle pas que ces études soient faites ?
* Pourquoi l’industrie du cancer semblent-elle bien plus intéressée par le traitement du cancer et le racolage de cancéreux que par la guérison du cancer et la fin de cette épidémie ? Pourquoi cette industrie refuse-t-elle de parler de l’effet cancérigène des produits chimiques ou des propriétés anticancéreuses de la vitamine D ?
* Pourquoi des additifs alimentaires toxiques sont-ils encore autorisés dans l’alimentation ? Quelle est la vraie histoire de l’aspartame et de la FDA ? Pourquoi la FDA étouffe-t-elle la stévia depuis tant d’années ?
* Pourquoi l’État médical policier utilise-t-il maintenant des armes pour forcer les parents à soigner leurs enfants ? Quel genre de système médical a besoin de menacer les gens de violence pour les forcer à se conformer à lui ?
* Pourquoi Clinton a-t-il bombardé le Soudan [*] au milieu de l’affaire Monica Lewinsky ? Pourquoi Obama a-t-il subitement annoncé la mort de Ben Laden au milieu de l’affaire de son faux certificat de naissance ?
[* Ndt : C'était une fabrique de produits pharmaceutiques, financée par Ben Laden, qui avait été bombardée au Soudan. Elle fabriquait des « médicaments » pas cher contre le sida pour l'Afrique, en écornant au passage les bénéfices des fabriques d'un certain Rumsfeld. La morale : Au lieu de s'engager dans la production de médicaments bidons contre la sous-alimentation, ils auraient dû investir dans l'agriculture. Même certains pays non-alignés gobent la supercherie du sida.]

* Pourquoi la DEA (Brigade des stupéfiants) fait-elle toujours la « guerre à la drogue, » en particulier puisqu’il est amplement démontré que c’est un fiasco total ne servant qu’à gonfler la population carcérale tout en enrichissant les dealers de stupéfiants des rues en rendant les prix plus élevés ?
* Si Ben Laden est mort, pourquoi les agents de la TSA (Sécurité des transports) nous baissent-ils toujours le falzar dans les aéroports ? Et d’abord, quelle était la raison de la création de la TSA et de l’engagement de 60.000 agents de sécurité ?
Tout être pensant intelligent, sceptique, poserait ces questions (et bien d’autres) sous la pression naturelle d’une curiosité humaine élémentaire. Mais Candide attaque le questionneur, parce qu’il ose simplement poser ce genre de questions.
C’est pourquoi Candide est plus que crédule : C’est un esprit lâche. Il a peur de poser les questions contradictoires qui lui viennent à l’esprit, et il attaque en même temps ceux qui ont le courage de se lever et de poser réellement ces questions (comme Jesse Ventura).
La plupart des membres de la presse convenue sont évidemment des esprits lâches. Ils gobent quasi universellement les manipulations corporatistes (ou de la Maison Blanche) et ne posent jamais aucune vraie question. Voici quelques-uns des vrais héros, des gens qui posent des questions intelligentes sur notre monde :
Alex Jones
Jeff Rense
Charlotte Gerson
Jonathan Landsman
David Icke
Jesse Ventura
Gerald Celente
Ron Paul
Robert Scott Bell
Dr Andrew Wakefield
Suzanne Somers
Dr James Forsythe
George Noorey
[et bien d’autres, comme David Duke en particulier, ndt]
Voyez-vous là une tendance ? Tous ces gens ont été marginalisés ou sauvagement attaqués et calomniés, simplement parce qu’ils ont choisi de poser des questions intelligentes sur le monde qui les entoure. Maintenant, je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit chacune de ces personnes, mais j’admire chacune d’elles pour leur courage à poser les questions qui doivent être posées si nous voulons aller de l’avant en tant que société (et civilisation ).
Les gens de cette sorte représentent le parfait opposé de Candide. Ils sont à la place les « vrais sceptiques » du monde. La raison pour laquelle ils sont violemment attaqués, c’est que notre monde est si imprégné de mensonge et de conspiration que seuls les Candides sont tolérés. Pour les pouvoirs en place, ceux qui remettent en question le statu quo ne sont pas seulement gênants, mais réellement dangereux. Aujourd’hui, l’activité la plus casse-cou dans laquelle vous pouvez vous engager, c’est aider les autres à prendre conscience de ce qui se passe réellement autour d’eux.
C’est cet « éveil » qui est si unanimement méprisé par les réseaux corporatifs, les gouvernements et les larbins des médias, qui feront tout en leur pouvoir pour éviter absolument qu’aucune sorte d’éveil ne s’installe. Après tout, le fonctionnement de la Matrice dépend de ceux qui croient en l’illusion.
Extrait d'un article publié sur Infoguérilla/ Source: naturalnews, traduction: Petrus Lombard pour alterinfo

lundi 20 juin 2011

Un autre regard sur le monde ou "l'empire invisible"

J'ai commencé à écrire sur un blog en 2006. A ce moment-là de mon histoire, j'avais vécu quelque chose d'inexprimable, quelque chose qui s'approche de ce terme ambigu qu'est l'Eveil, que j'ai toutefois et de façon paradoxale eu le besoin de dire ou plus précisément d'écrire.

On ne peut dire l'Eveil et tenter de le définir est une façon de s'en soustraire, mais on peut le suggérer. A travers les mots, le rythme des mots, la présence, il se devine.

Dire l'Eveil c'est en quelque sorte le figer. Or, l'Eveil est la source même du mouvement et de la vie. C'est pourquoi, il est ce fond blanc, cette toile vierge et parfaite sur laquelle l'oeuvre de chaque jour se forme et danse au sein du multiple. L'Eveil se perçoit à la pointe fine de la conscience qui semble se forger à travers l'expérience, s'affiner, et devenir assez tranchante pour séparer la vérité de l'illusoire.

Cet Eveil entraperçu et qui m'a faite vivante moi qui ne suis autre que Cela, m'a donné le goût irrépressible de vivre, ce désir qu'évoquent les mystiques de toutes traditions, ce désir brûlant qui est la source et non le but vers lequel on tend éperdument. Quand on redevient ce désir, on ne connait plus le manque ni la soif; on ne connait que le vivant. Tout devient désir et la vérité devient l'axe autour duquel le coeur se sent nourri.

Durant ces dernières années, j'ai ouvert les yeux sur de multiples choses car mon intérêt, mon "désir" est partout; il n'y a plus de recherche. Plus rien n'est à trouver puisque tout est là. Il y a plutôt la découverte incessante, perpétuelle, toujours neuve de chaque instant. Plus j'avance et plus la vérité se dévoile avec clarté et avec tout ce que cela exige de force et d'acceptation.

La spiritualité ne doit pas être un refuge, une distraction que l'on range dans un coin de sa tête dès que la vie quotidienne reprend son cours.
La véritable spiritualité s'enracine dans les plus petites choses de la vie, au coeur même de l'insignifiant, dans l'ordinaire, et même dans les choses que dans l'inconscience on est tenté de rejeter, de contourner.
Ainsi le spirituel a sa place dans toutes les disciplines de la vie puisqu’il est à la racine de tout ce qui est. rejeter quoique ce soit ce serait trahir cette vérité-racine.

Les évènements auxquels nous avons assistés ces derniers temps dans le monde, les tragédies, les révoltes, les mensonges et le temps qui semble s'emporter, ne m'ont pas laissé indifférente. J'ai tenté de poser une regard ouvert sur tout cela, tenter d'en saisir le sens. J'ai tendu l'oreille afin d'entendre ce que signifiait cet appel, ce soulèvement du monde. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende...

J'ai conscience que le sujet de ce blog est avant tout spirituel mais je suis obligée de partager ce que je suis totalement si je ne veux pas mentir, si je veux être dans un partage vrai et authentique.

Il faut avoir conscience que le présent est toujours le résultat du passé et le terreau de l'avenir. Or, à l’échelle individuelle comme à celle du macrocosme, le déni est mortifère et destructeur. Même la pire des horreur, les ténèbres les plus compactes doivent être regardées, affrontées et non niées (tuées) à l'instar du Minotaure. Regardez la fin du mythe de Thésée quand il revient du labyrinthe, par mégarde ou trop pressé d'annoncer à tous sa pseudo-victoire, il en oublie de hisser le pavillon blanc et son père apercevant le noir se jette d'une falaise croyant que son fils est mort. Nier la part animale de l'être humain c'est perdre ses re-Père(s)...C'est choisir le mauvais axe pour accéder à la maîtrise du labyrinthe, pour obtenir la clé.

Je crois que si les mythes sont des guides, l'Histoire est un repère. Et qu'elle ne doit pas être négligée ou réduite à l'apologie de ceux qui ont remportés une pseudo-victoire (toujours au prix du sang et d'actes peu avouables). Il s'agit de regarder le monde et l'histoire dans toutes sa nudité, d'en déterrer le squelette, l'essence qui peut nous apprendre beaucoup du présent et nous donner assez d'élan pour construire l'avenir sur des bases solides.

Je vais donc au fil des jours publier certains documents sur l'histoire, sur certains aspects du monde, qui peuvent nous amener à une réflexion ( dans le sens originel du mot comme intellectuel) souverain pour affronter le Minotaure qui nous attend au coeur du labyrinthe mondial à travers lequel seul le fil d'Ariane (cette fée de vérité et d'amour) semble nous guider de façon très subtile...Il ne s'agit pas de prendre partie mais simplement de regarder autrement.
J'espère que cette réflexion vous apportera ce qu'elle m'a apportée.

Voici un film passionnant de Jason Bermas: "l'empire invisible" qui dévoile documents d'archives à l'appui, la mise en place au fil de l'histoire par une élite d'une idéologie qui est finalement devenue une réalité...un Nouvel Ordre Mondial. Certes ce sujet semble tout droit sorti d'un site dit "conspirationniste" mais je vous invite cependant à le visionner sans parti-pris et de vous faire votre propre avis là-dessus. Bon visionnage!

vendredi 17 juin 2011

Perte de repères


"L’utilisation en marketing international des archétypes jungiens universels devrait permettre en principe la mise en place des stratégies commerciales uniformisées à travers le monde. Ce postulat correspond-il à la réalité des décisions commerciales ? Les liens entre les archétypes d’inspiration jungienne et le comportement de consommation  servent de base à leur utilisation en marketing culturellement différencié par, entre autre,  la mythologisation des marques Les méthodologies de recherche et l’efficacité commerciale de ce type d’approche pose cependant le défi de l’éthique de son utilisation. En conclusion, le marketing international ne serait-il pas le Saint Graal des archétypes jungiens? "


Illustration trouvée ici

jeudi 16 juin 2011

La crise du monde moderne


Morceaux choisis:

Donc, si l'on dit que le monde moderne subit une crise, ce que l'on entend par là le plus habituellement, c'est qu'il est parvenu à un point critique, ou, en d'autres termes, qu'une transformation plus ou moins profonde est imminente, qu'un changement d'orientation devra inévitablement se produire à brève échéance, de gré ou de force, d'une façon plus ou moins brusque, avec ou sans catastrophe. Cette acception est parfaitement légitime et correspond bien à une partie de ce que nous pensons nous-même, mais à une partie seulement, car pour nous, et en nous plaçant à un point de vue plus général c'est toute l'époque moderne, dans son ensemble, qui représente pour le monde une période de crise ; il semble d'ailleurs que nous approchions du dénouement, et c'est ce qui rend plus sensible aujourd'hui que jamais le caractère anormal de cet état de choses qui dure depuis quelques siècles, mais dont les conséquences n'avaient pas encore été aussi visibles qu'elles le sont maintenant. C'est aussi pourquoi les événements se déroulent avec cette vitesse accélérée à laquelle nous faisions allusion tout d'abord ; sans doute, cela peut continuer ainsi quelque temps encore, mais non pas indéfiniment; et même, sans être en mesure d'assigner une limite précise, on a l'impression que cela ne peut plus durer très longtemps.
...

Il y a un mot qui fut mis en honneur à la Renaissance, et qui résumait par avance tout le programme de la civilisation moderne : ce mot est celui d' «humanisme». Il s'agissait en effet de tout réduire à des proportions purement humaines, de faire abstraction de tout principe d'ordre supérieur, et, pourrait on dire symboliquement, de se détourner du ciel sous prétexte de conquérir la terre; les Grecs, dont on prétendait suivre l'exemple, n'avaient jamais été aussi loin en ce sens, même au temps de leur plus grande décadence intellectuelle, et du moins les préoccupations utilitaires n'étaient elles jamais passées chez eux au premier plan, ainsi que cela devait bientôt se produire chez les modernes. L' «humanisme», c'était déjà une première forme de ce qui est devenu le « laïcisme » contemporain ; et, en voulant tout ramener à la mesure de l'homme, pris pour une fin en lui-même, on a fini par descendre, d'étape en étape, au niveau de ce qu'il y a en celui-ci de plus inférieur, et par ne plus guère chercher que la satisfaction des besoins inhérents au côté matériel de sa nature, recherche bien illusoire, du reste, car elle crée toujours plus de besoins artificiels qu'elle n'en peut satisfaire.
....

C'est bien là, en effet, le caractère le plus visible de l'époque moderne : besoin d'agitation incessante, de changement continuel, de vitesse sans cesse croissante comme celle avec laquelle se déroulent les événements eux-mêmes. C'est la dispersion dans la multiplicité, et dans une multiplicité qui n'est plus unifiée par la conscience d'aucun principe supérieur; c'est, dans la vie courante comme dans les 'conceptions scientifiques, l'analyse poussée à l'extrême, le morcellement indéfini, une véritable désagrégation de l'activité humaine dans tous les ordres où elle peut encore s'exercer; et de là l'inaptitude à la synthèse, l'impossibilité de toute concentration, si frappante aux yeux des Orientaux. Ce sont les conséquences naturelles et inévitables d'une matérialisation de plus en plus accentuée, car la matière est essentiellement multiplicité et division, et c'est pourquoi, disons le en passant, tout ce qui en procède ne peut engendrer que des luttes et des conflits de toutes sortes, entre les peuples comme entre les individus. Plus on s'enfonce dans la matière, plus les éléments de division et d'opposition s'accentuent et s'amplifient ; inversement, plus on s'élève vers la spiritualité pure, plus on s'approche de l'unité, qui ne peut être pleinement réalisée que par la conscience des principes universels.
Ce qui est le plus étrange, c'est que le mouvement et le changement sont véritablement recherchés pour eux-mêmes, et non en vue d'un but quelconque auquel ils peuvent conduire ; et ce fait résulte directement de l'absorption de toutes les facultés humaines par l'action extérieure, dont nous signalions tout à l'heure le caractère momentané. C'est encore la dispersion envisagée sous un autre aspect, et à un stade plus accentué c'est, pourrait on dire°,, comme une tendance à l'instantanéité, ayant pour limite un état de pur déséquilibre, qui, s'il pouvait être atteint, coïnciderait avec la dissolution finale de ce monde ; et c'est encore un des signes les plus nets de la dernière période du Kali -Yuga.
...

Nous devons maintenant faire entendre aussi un avertissement à ceux qui, par leur aptitude à une compréhension supérieure, sinon par le degré de connaissance qu'ils ont effectivement atteint, semblent destinés à devenir des éléments de l'élite possible. Il n'est pas douteux que l'esprit moderne, qui est véritablement « diabolique » dans tous les sens de ce mot, s'efforce par tous les moyens d'empêcher que ces éléments, aujourd'hui isolés et dispersés, parviennent à acquérir la cohésion nécessaire pour exercer une action réelle sur la mentalité générale; c'est donc à ceux qui ont déjà, plus ou moins complètement, pris conscience du but vers lequel doivent tendre leurs efforts, de ne pas s'en laisser détourner par les difficultés, quelles qu'elles soient, qui se dresseront devant eux. Pour ceux qui n'en sont pas encore arrivés au point à partir duquel une direction infaillible ne permet plus de s'écarter de la vraie voie, les déviations les plus graves sont toujours à redouter ; la plus grande prudence est donc nécessaire, et nous dirions même volontiers qu'elle doit être poussée jusqu'à la méfiance, car l' « adversaire, qui jusqu'à ce point n'est pas définitivement vaincu, sait prendre les formes les plus diverses et parfois les plus inattendues. Il arrive que ceux qui croient avoir échappé au « matérialisme » moderne sont repris par des choses qui, tout en paraissant s'y opposer, sont en réalité du même ordre ; et, étant donnée la tournure d'esprit des Occidentaux, il convient, à cet égard, de les mettre plus particulièrement en garde contre l'attrait que peuvent exercer sur eux les « phénomènes » plus ou moins extraordinaires ; c'est de là que proviennent en grande partie toutes les erreurs « néo-spiritualistes », et il est à prévoir que ce danger s'aggravera encore, car les forces obscures qui entretiennent le désordre actuel trouvent là un de leurs plus puissants moyens d'action. Il est même probable que nous ne sommes plus très loin de l'époque à laquelle se rapporte cette prédiction évangélique que nous avons déjà rappelée ailleurs : « Il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes, qui feront de grands prodiges et des choses étonnantes, jusqu'à séduire, s'il était possible, les élus eux-mêmes. » Les « élus », ce sont, comme le mot l'indique, ceux qui font partie de l' « élite » entendue dans la plénitude de son véritable sens, et d'ailleurs, disons le à cette occasion, c'est pourquoi nous tenons à ce terme d' «élite» en dépit de l'abus qui en est fait dans le monde « profane » ; ceux-là, par la vertu de la « réalisation » intérieure à laquelle ils sont parvenus, ne peuvent plus être séduits, mais il n'en est pas de même de ceux qui, n'ayant encore en eux que des possibilités de connaissance, ne sont proprement que des « appelés » et c'est pourquoi l'Évangile dit qu'il y a« beaucoup d'appelés: mais peu d'élus». Nous entrons dans un temps où il deviendra particulièrement difficile de «distinguer l'ivraie du bon grain» d'effectuer réellement ce que les théologiens nomment le « discernement des esprits », en raison des manifestations; désordonnées qui ne feront que s'intensifier et se multiplier et aussi en raison du défaut de véritable connaissance cher ceux dont la fonction normale devrait être de guider les autres et qui aujourd'hui ne sont trop souvent que des « guides aveugles ». On verra. alors si, dans de pareilles circonstances: les subtilités dialectiques sont de quelque utilité, et si c'est une "philosophie», fût elle la meilleure possible, qui suffira à arrêter le déchaînement des « puissances infernales » ; c'est là encore une illusion contre laquelle certains ont à se défendre, car il est trop de gens qui, ignorant ce qu'est l'intellectualité pure, s'imaginent qu'une connaissance simplement philosophique, qui, même dans le cas le plus favorable, est à peine une ombre de la vraie connaissance, est capable de remédier à tout et d'opérer le redressement de la mentalité contemporaine, comme il en est aussi qui croient trouver dans la science moderne elle-même un moyen de s'élever à des vérités supérieures, alors que cette science n'est fondée précisément que sur la négation de ces vérités. Toutes ces illusions sont autant de causes d'égarement; bien des efforts sont par là dépensés en pure perte, et c'est ainsi que beaucoup de ceux qui voudraient sincèrement réagir contre l'esprit moderne sont réduits à l'impuissance, parce que, n'ayant pas su trouver les principes essentiels sans lesquels toute action est absolument vaine, ils se sont laissé entraîner dans des impasses dont il ne leur est plus possible de sortir.

Ceux qui arriveront à vaincre tous ces obstacles, et à triompher de l'hostilité d'un milieu opposé à toute spiritualité, seront sans doute peu nombreux; mais, encore une fois, ce n'est pas le nombre qui importe, car nous sommes ici dans un domaine dont les lois sont tout autres que celles de la matière. Il n'y a donc pas lieu de désespérer; et, n'y eût il même aucun espoir d'aboutir à un résultat sensible avant que le monde moderne ne sombre dans quelque catastrophe, ce ne serait pas encore une raison valable pour ne pas entreprendre une oeuvre dont la portée réelle s'étend bien au-delà de l'époque actuelle. Ceux qui seraient tentés de céder au découragement doivent penser que rien de ce qui est accompli dans cet ordre ne peut jamais être perdu, que le désordre, l'erreur et l'obscurité ne peuvent l'emporter qu'en apparence et d'une façon toute momentanée, que tous les déséquilibres partiels et transitoires doivent nécessairement concourir au grand équilibre total, et que rien ne saurait prévaloir finalement contre la puissance de la vérité; leur devise doit être celle qu'avaient adoptée autrefois certaines organisations initiatiques de l'Occident:

Vincit omnia Veritas*.

René Guénon, 1927...

Je vous invite à lire cet ouvrage condensé de Guénon, totalement visionnaire et incontournable sur ces temps troublés que nous traversons...   (cliquer sur l'image du livre en haut de la page pour accéder au texte intégral)


*La vérité triomphe de tout

mardi 19 avril 2011

Il n'y a pas de hasard...




Les informations qui nous parviennent sur le monde sont la plupart du temps du pré-mâché. Comme si l'être humain était devenu un oisillon dépendant et affamé réduit à quémander sa pitance du fond de son nid douillet et sécurisant. L'être humain est réduit à l’infantilisme d'un consommateur dont le seul droit est celui de produire et acheter chèrement ce qu'il a lui-même produit. Tout se marchande, même le temps, même la vie. Tout est utile au profit. 
Le mauvais se cache toujours derrière un visage bienveillant...On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre: principe numéro du manipulateur.
Vous n'avez pas le temps de chercher l'information par vous-même, alors nous vous l'apportons toute prête à être avalée, comme une pilule d'émotions contradictoires qui vont de l'impuissance à l'empathie stérile... Le monde s'écroule partout et pourtant, vous n'en percevez rien d'autre qu'une rumeur lointaine par l'intermédiaire d'un écran plasma. Regardez ce qui vous menace et ce dont on vous protège par tous les moyens...Tous vos désirs sont comblés, bien sûr en contrepartie, vous devez céder du temps, beaucoup de temps, des pans entiers de vie vécus à gagner fébrilement quelque chose qui pourtant vous est du dès la naissance. Devoir gagner sa vie...quelle expression violente!
Mais ne vous affolez pas, dans notre miséricorde, nous subvenons à tous vos besoins, vos innombrables besoins qui n'en sont pas mais qui vous enchaînent. Nous vous observons passer l'autre pan de votre vie, (celui qui vous reste en dehors du temps de sommeil) à pousser vos caddies, à remplir vos chariots, à transporter vos aliments, à les préparer...des émissions entières consacrées à cela: cuisiner, manger, ne pas manger. 
Vous brûlez votre vie (à défaut de calories) à ce besoin secondaire et vous oubliez l'essentiel: l'autre nourriture, celle qui ferait de vous des êtres libres, des êtres non exploitables, donc totalement sans intérêts pour nous: les nourritures de l'âme et de l'esprit. 
Vous vous contentez de ce qu'on vous jette, comme les restes d'un repas qu'on jette aux chiens, une culture entièrement destinée à vous asservir un peu plus, une spiritualité rassurantes, édulcorée, indubitablement positive et toujours orientée à combler des besoins qui n'existent pas :


Le secret n'en est pas un. Il porte un autre nom: la magie. Une magie qu'on vous vend depuis l'enfance (à travers les dessins animés) afin de vous leurrer, de vous faire croire que toute votre vie est orientée vers la réussite de quelque chose, l'obtention de quelque chose qui puisse remplir ce vide originel en vous. La magie s'appuie sur l'illusion que ce qui est est imparfait. Que l'individu est apte à savoir ce qui est mieux pour lui. Quelque soit la forme sous laquelle elle apparaît (publicité, cinéma, cosmétiques, Nouvel Age, politique etc.), la magie nous laisse entendre que nous devons soumettre la vie au lieu de nous soumettre à elle.

Et c'est ce que nous avons fait depuis la nuit des temps. Et aujourd’hui seulement nous commençons à récolter nos anciennes semences. Bientôt sonnera l'heure de la moisson si vous ne nous réveillons pas. Cela ne demande aucun effort, aucun "travail" avilissant; cela peut se faire dans l'instant, maintenant, sous nos pieds.

Des êtres ont tenté de nous avertir, de nous exhorter à l'éveil, à la vigilance, à la liberté. Prophètes, sages, éveillés, peu importe l’appellation que nous leur avons donné, ce sont des êtres qui ont réalisés la véritable nature humaine. Rien de plus. Rien de moins.
On nous a alors fait croire qu'ils étaient des êtres à part, des dieux, des anomalies. L'éveil devait rester dans l'esprit humain inaccessible...

Nous pouvons tous accéder à la réalité qui est notre essence même et le seul chemin qui pourrait combler notre désir profond. Il suffit de cesser de courir en rond et de laisser mourir toutes les certitudes qui nous ont été imposées et que nous avons absorbées. L'éveil est une naissance; une naissance qui survient à la mort de ce que nous ne sommes pas. Tous les textes sacrés en partant de la Genèse nous montrent le chemin. La graine divine en soi qui germe et pousse l'être à vivre sa propre gestation. ce que certains nomment la quête n'est autre qu'une plus ou moins longue gestation. Mais si le désir de vérité est fort et sincère, alors l'accouchement est inévitable. C'est un processus qui n'attend pas l'intervention de la moindre volonté de notre part car il s'agit d'un processus naturel issu de notre désir, de notre appel d'amour. 

Il faut garder à l'esprit que quel que soit le degré d'illusion dans lequel nous avons été englué, rien n'est jamais perdu. L'illusion n'a aucune prise sur la réalité.





vendredi 25 mars 2011

Les multiples de l'Un


Nuage d'étourneaux

L'Un est multiple...Merveille des Merveilles! Pour celui qui voit réellement, je veux dire qui voit de tout son être, qui a dépassé les notions d'intériorités et d'extériorités, deviner l'Un derrière la multitude devient un jeu. Il n'y a pas de domaine qui ne parle de l'Un. Il suffit de rester assez ouvert et entendant pour percevoir le chant de l'Un derrière tout ce bruit que fait le monde.

Si le monde était uniforme...uni-forme, il serait l'Un - ce qu'il est bien sûr pour celui qui regarde avec le coeur (et j'évoque là le coeur spirituel)- mais ce que la tradition chrétienne nomme le péché originel fait (les Écritures sont à lire au présent, "dans ma réalité" et non dans un temps passé imaginaire) que l'être humain voit le monde de façon déformée, c'est à dire avec l'illusion que ce monde et tous les éléments qui le composent, lui sont étrangers, sont séparés de lui. Le monde devient alors diabolique (voir la racine grecque du mot diable: διάβολος (diábolos) issu du verbe διαβάλλω « diabállô » qui signifie calomniateur c'est à dire "le menteur"- source Wikipedia).

Le monde devient alors mensonge car l'on fait la séparation entre ce que l'on voit et ce que l'on est. Or, ce qui est est ce que je suis. Si l'on veut établir une frontière entre le monde et soi (c'est à dire le monde que je perçois puisque c'est le seul existant pour moi), il semble difficile voire impossible de le faire car je perçois le monde essentiellement de l'intérieur. Je perçois le monde à travers ces organes, à travers ce cerveau, à travers cette conscience que Cela-est. Si je meurs, le monde meurt aussi en quelque sorte puisque je ne le perçois plus.

Or si je veux me définir, je peux dire je suis Ce qui perçoit ou Celui qui est, même si Celui désigne quelque chose d'impossible à définir. Je suis cet écran sur lequel défile les choses diverses et changeantes, cet écran traversé de pensées, d'émotions, cet écran comme perché en haut d'un corps mais qui est aussi ce corps. Je suis Cela qui est donc TOUT ce qui défile sur cet écran. Lorsque cela s'apaise, que l'écran se vide que reste-t-il? Pas même rien. Il reste...

Débarrassez-vous de vos 
opinions, préjugés et théories,
jusqu'à ce qu'il n'en reste rien.
Ensuite, débarrassez-vous de ce rien.
Mille chemins vers le zen - Robert Allen

Tout cela pour vous dire qu'il est fréquent de trouver des signes de l'Un en des endroits incongrus, là où vraiment on ne l'attendait pas. Cela peut être une enseigne de magasin, une publicité, un livre trouvé par hasard (.le hasard étant la science des ignorants, je ne sais plus qui a dit ça!), une rencontre durant laquelle soudain la conversation s'ouvre sur une véritable communion etc...

Lorsqu'on découvre cela, le monde devient comme un fruit mûr qu'on ouvre en deux. La dualité qui nous faisait vivre dans l'amertume devient la pulpe sucrée dans laquelle on goûte le noyau de l'être.La dualité devient un jeu auquel on ne croit plus. On comprend alors qu'il s'agit d'une partie de cache-cache avec l'Un dissimulé à la racine de soi. On déguste le monde (qui est soi ne l'oublions pas) avec une gratitude infini. C'est pourquoi le discours qui veut que l'on doit s'aimer d'abord pour aimer le monde, veut simplement signifier que le monde et moi sommes une seule et même chose. 

Aimer est un état avant même d'être un acte et, en temps qu'état, il n'a nul besoin d'objet.

Lorsque le regard s'ouvre sur le monde, lorsqu'on regarde le multiple à partir de l'Un, on découvre une capacité infinie d'amour qui peut dépasser toutes les formes existantes. Ces dernières deviennent comme un défi qu'il devient très facile de relever. La moindre fourmi, le moindre atome est une particule de l'Un. Tout ainsi prend la forme unique du sacré. 

Ce que l'on croyait divisé auparavant devient multiplié.

L'Un ne se divise pas; il se multiplie à l'infini et pourtant reste Un. Merveille des merveilles!

Bismillah Clip Art



                                                           1.  Dis: "Il est Dieu, Il est Un
                                                           2.  Dieu de plénitude
                                                           3.  qui n'engendra ni ne fut engendré
                                                           4.  et de qui n'est l'égal pas un.


Al Qur'an - Sourate 112 Al-Ihlas essai de traduction de Jacques Berque
(calligraphie Bismillah - Mohammed Ibrahim)