La grande touffe d'herbe d'Albrecht Dürer
Dürer (1471-1528), peintre, graveur et mathématicien allemand de la Renaissance fut le premier dans l'histoire de l'art à représenter ce que l'on nomme une nature morte.
On dit qu'il peignit cette touffe d'herbe sur le retour d'un de ses voyages en Italie, après avoir été initié à la guilde des peintres (à laquelle appartenait entre autres Leonard de Vinci, Botticelli etc ) aux mystères ésotériques. Sa vision du monde s'était ouverte comme le suggèrent ses nombreuses visions de l'Apocalypse représentées sur ses gravures de l'époque.
Rien n'est plus banal, plus "invisible" qu'une touffe d'herbe.
Et pourtant...

La Renaissance marque un tournant important de l'histoire. Non pas l'histoire qu'on apprend dans les lives scolaires, mais l'histoire secrète et souterraine, la véritable histoire.
La Renaissance n'est pas un renouveau; croire cela serait aussi naïf que de croire à un Moyen-Âge obscurantiste...
La Renaissance est le moment tragique du dernier sursaut de conscience idéaliste avant que le monde ne soit englouti par le poison mortel du matérialisme et du progrès moderniste. La science, à cette époque, va commencer à se séparer définitivement de l'esprit et de l'art (du moins en apparence, pour la galerie des profanes, car en vérité de nombreux scientifiques de renoms seront férus d'ésotérisme...). Elle va en quelque sorte perdre ses racines métaphysique pour devenir l'instrument d'une force écrasante qui va envahir les conscience, faucher les dernières touffes d'herbes inutiles du jardin de l'âme humaine.
C'est à cette époque qu'est dessiné le premier tarot qui, à l'instar de Melencolia de Dürer, ramènera jusqu'à nous les symboles foisonnants d'une connaissance secrète destinés uniquement aux initiés. Connaissance qui va peu à peu s'extérioriser, pourtant destinée à l'origine à être surtout intériorisée, conscientisée sans être relayée par l'intellect. La chape de plomb d'un monde uniquement basé sur la matière va peu à peu étouffer les secrets transmis depuis la nuit des temps à travers les mythes, les contes de fée et la présence de vestiges comme les pyramides, inexplicables avec les seuls outils de la rationalité tant valorisée de nos jours.
Du coup, et de façon ironique, l'expression nature morte, apparue au XVIIIème sicèle, prend tout son sens, puisque née justement au siècle des Lumières, dans quelque salon philosophique d'un humaniste convaincu. Lumières prometteuses tant mises en valeurs dans nos livres d'histoire, lumières ténébreuses d'une époque moderne en perte de Souffle, aux valeurs déracinées, qui vont conduire l'humanité jusqu'à l'étouffement grandiose et planétaire auquel nous assistons aujourd'hui.
Comment reconnaître un véritable "initié"?
L'initié est celui qui peut, durant des heures, s'émerveiller au point de la peindre, une chose aussi insignifiante qu'une grande touffe d'herbe qui borde un chemin quelconque...

