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lundi 27 février 2012

Calice

Dame à la Licorne






























Il est temps de revenir au Poème
Revenir au jardin
du Palais

Sous l'oranger
frémissant
d'oiseaux

Je l'entends
Il revient
Mon Bien-aimé revient

Les pas de son cheval
Battant la poussière
dans mes veines
Ardentes


Pour Lui
L'attente est un calice
Sous l'oranger en fleur
Tout est promesse de Lui

La chambre est fleurie
Mes cheveux tressés
Les coupes sont remplies

J'ai vidé le Palais
Pour Lui
Je n'ai gardé
que les serviteurs
fidèles




Ecouter les anges aux racines du ciel






lundi 16 janvier 2012

Au commencement...

Photo trouvée ici


En archè, au commencement, au principe, à l'origine, au fondement, à la source, en tête...

Quel  mot choisir pour traduire cet archè, ce béréshit - premier mot de toute genèse? Qu'en est-il du commencement?

Quel était notre visage avant notre naissance?
La question de l'origine est la plus fondamentale de l'homme, elle l'oblige aux racines; elle le force à l'identification: quel est le lieu d'où tu viens? il faut question garder du premier au dernier souffle, car connaître son origine, c'est aussi connaître sa fin, ce pour quoi nous sommes faits.
Au commencement, il y a un programme, un projet, une destination, une destinée; mais de quel commencement s'agit-il?
S'agit-il des débuts du Temps, de l'Autrefois?
Au commencement, c'est d'abord cela: le commencement du monde, de cet espace-temps. Certains se poseront alors la question: mais qu'y avait-il avant ce commencement, "car de rien, rien ne peut sortir"?
A cela les Rabbins font finement remarquer la lettre beth, de bereshit, première lettre par laquelle s'ouvre la Bible et le Prologue, s'il était écrit en hébreu, avant beth: il y a aleph.
Cet aleph, la pemière lettre de l'alphabet, est le symbole de Dieu dans son Unité, son Aséité; beth, la seconde, symbolisera la dualité.
Ainsi, bereshit, en archè =au commencement, c'est l'entrée dans le monde de la dualité, de la temporalité. C'est le commencement de ce qui doit finir, le monde composé qui doit se décomposer, le monde de l'entropie ou encore, pour reprendre le mot de Paul: "ce monde tel que vous le voyez, ce monde qui est entrain de disparaître..."

Avant le commencement, il y a l'"aleph", le mystère de cette liberté "qui est" et qui fait qu'il y a quelque chose plutôt que rien...

Qu'y a-t-il au commencement? La question peut aussi se poser d'une autre manière, plus subjective: qu'y at-t-il au commencement de nos actes, à la source de nos pensées? de nos émotions? de nos sentiments?

Qu'est-ce qui est au commencement d'un amour, d'un rêve? Qu'est-ce qui est à la source d'une pulsion, d'un cri, d'une angoisse?

Se tenir dans la proximité de l'origine aiguise la conscience et nous ramène au présent, car le commencement n'est peut-être pas à chercher hier, autrefois, mais ici et maintenant. Qu'est-ce qui nous pose dans l'Être en cet instant? Qui, en nous, pose cette question?

Voir toute chose, dans son origine, dans son commencement, nous met en fraternité avec les vivants; l'arbre, l'étoile, l'oiseau nous sont étrangers parce que nous les percevons en dehors de l'origine qui nous est commune.

Boire à la Source de tout ce qui vit et respire élargit le coeur et fait gronder le sang en écho de toutes les sèves du monde. Se tenir dans la proximité des commencements, c'est se rendre infiniment proche de ce qui fait être l'unité et la multitude des "étants".

L'Évangile de Jean commenté et traduit par Jean-Yves Leloup, éditions Albin Michel.


Accepter de faire de chaque jour, chaque instant, une page blanche
Accepter de faire de chaque souffle un nouveau poème




vendredi 2 décembre 2011

Pèlerinage à la Sainte IV





"La période où on a beaucoup insisté sur Marie-Madeleine pécheresse et pénitente est celle du jansénisme, rappelle le frère Nicolas-Jean, l'un des gardiens du sanctuaire. Ainsi, à cette époque, le lieu supposé de son séjour a été appelé le "Rocher de la pénitence". Au Moyen-Age, on parlait plutôt de la "Chambre" de Marie-Madeleine et on insistait beaucoup plus sur la notion de contemplation.



Elle est toujours présentée dans l’Évangile comme celle qui donne l'impression de saisir au mieux possible le mystère du Christ et elle est ensuite celle qui annonce la résurrection. Elle est donc "prêcheresse" et non pas pécheresse. 


Elle passe ici trente ans de solitude, non pas tant de pénitence que de contemplation. Dans l'esprit de l'Eglise primitive où les disciples du Christ sont épris de l'absolu d'aller vers Dieu dans la solitude, ce lieu de la Sainte-Baume apparaît comme un désert, un entre-deux, entre terre et ciel."




"Ce lieu est étrange, c'est vrai, achève Nicolas-Jean. Il dit quelque chose, un appel. Cette cavité immense rappelle à la fois le tombeau du christ, vide, et évoque peut-être aussi notre coeur qui est fait pour être rempli d'une présence d'amour.




Une plaque en manière d'ex-voto signée d'André Chouraqui reproduit un extrait du Cantique des cantiques qui illustre peut-être le sens de la présence de Marie-Madeleine en ce lieu.
Il y a aussi une citation de Pétrarque sur une plaque citée dans tous les écrits dur la grotte: 

Ma colombe, cachée dans le creux du rocher, en une retraite escarpée, 
montre moi ton visage, fais-moi entendre ta voix, 
Car ton visage est beau, et belle est ta voix.




Ce poème d'amour doit être lu aussi comme une allégorie de l'union mystique. Peut-être les relectures récentes de Marie-Madeleine, qui ont cru voir en elle une sorte de maîtresse du Christ, ont-elles dit quelque chose de vrai malgré elles, c'est à dire qu'il y a une union d'amour, non pas simplement charnelle, entre le Christ et Marie-Madeleine, mais une union mystique.

Marie-Madeleine est cette figure de l'humanité, éprise de Dieu et dont Dieu est épris lui aussi."


Propos recueillis dans l'ouvrage Sur les pas de Marie-Madeleine de Frédérique Jourdaa et Olivier Corsan, éditions Ouest-France


vendredi 7 octobre 2011

Où que j'aille
me voila à jamais
Être-Ange erre...




Melusine (Inachevée... )- Juillet 2008


Je m'envole pour quelque temps...



jeudi 29 septembre 2011

S'accumuler...



S'accumuler comme un tonnerre
à sa limite -
Puis s'écrouler - grandiose
alors que la création se cache -
Voilà qui serait - Poésie -

Ou amour - ils ont le même âge -
On les éprouve - Sans les prouver.
On les vit - Ils vous consument -
car à la vue de Dieu nul ne survit.

E.D.



Rêve de cette nuit:

Nous marchons sur un chemin désert, sans âme qui vive. En contre-bas, sur les pentes qui descendent vers la mer, des chèvres sauvages paissent. Elles ont de grandes cornes femelles et mâles. Elles ont un air inconnu, effrayant. Je ne les reconnais pas.

Nous arrivons devant l'antre d'un homme cruel, un tueur. Il possède un véhicule très performant, très beau et d'un rouge flamboyant. Il me met au défi. Si je parviens à fabriquer le même véhicule que lui, il me libère (je sais qu'il ment).

L'atelier est un immense gouffre rempli de machines infernales, de rouages à diriger avec des manettes compliquées. L'homme "rouge" me demande de trouver un capot (croyant que je n'y parviendrais pas). 

Et je m'exécute. Je commence à élaborer le même véhicule que le sien mais je sais que je dois ruser. Qu'il ne me libérera jamais. Il fulmine de me voir y arriver.
Il se penche au-dessus du gouffre pour voir mon oeuvre et là avec la manette que j'ai arraché, je le transperce sur le côté droit.

Je me précipite dans sa voiture rutilante et je démarre en trombe de peur qu'il ne me rattrape.

Image du film: Insidious (insidieux...)




Pale de Within Temptation (traduction)

Le monde semble différent
Même si je sais que rien n'a changé
C'est juste mon état d'esprit
Je ne peux laisser tout derrière
Je dois me relever pour être plus forte

Je dois essayer de me libérer
De ses pensées dans ma tête
Utiliser le temps que j'ai
Je ne peux pas dire adieu
Je dois bien le faire
Je dois me battre car je sais
Qu'au bout du compte, ça en vaut la peine
Que la douleur au fond de moi disparaitra doucement
Tout ira bien

Je sais et je dois prendre conscience
Que le temps est précieux et en vaut la peine
Quoique je ressente en moi
Je dois croire que ça ira mieux
Je dois me relever pour être plus forte

Je dois essayer de me libérer
De ses pensées dans ma tête
Utiliser le temps que j'ai
Je ne peux pas dire adieu
Je dois bien le faire
Je dois me battre car je sais
Qu'au bout du compte, ça en vaut la peine
Que la douleur au fond de moi disparaitra doucement
Tout ira bien

Oh cette nuit est trop longue
Je n'ai pas la force de continuer
Plus de douleur, je m'en vais, flottante
A travers le brouillard je vois le visage
D'un ange qui appelle mon nom
Et je me rappelle que c'est pour toi que je dois rester

Je dois essayer de me libérer
De ses pensées dans ma tête
Utiliser le temps que j'ai
Je ne peux pas dire adieu
Je dois bien le faire
Je dois me battre car je sais
Qu'au bout du compte, ça en vaut la peine
Que la douleur au fond de moi disparaitra doucement
Tout ira bien


Illustration: Annie Louisa Swynnerton, The sens of sight, 1844 - 1933


jeudi 22 septembre 2011

Ma voix



            Ma voix comme le grain divin semé sur ton cœur fraîchement labouré par la houe d’Enlil, seigneur du vent. Ma voix, semence verbe, dans ce giron virginal que tu m’offres, fille d’argile.

           Je t’appelle de si loin, mon cri porté au fond de toi  par le souffle des origines, faisant jaillir en toi les ramures  de l’arbre céleste. L’arbre inversé nourri du soleil de tes entrailles, dont les racines en  fleur parfument ton esprit.

          Tu es l’eau pétrie de feu.
          Tu es l'Isha


     Toi, couronnée de remparts, répandant tes voiles verdoyants jusqu’aux plaines infinies de ton lit. Lit d’argent, d’où s’écoulait  la liqueur de ta jouissance en mille canaux dans les replis de la terre, dans les royaumes de l’Apsû terrassé, devenu l’abîme des grandes eaux primordiales.

          Toi dont le visage est un horizon tremblant cerné d’azur.

Tu m’as nourrie de ta brûlure. Tu m’as meurtrie de ta fièvre. Je porte en moi ta splendeur comme une cicatrice.

Je suis fille du feu. Mais ce feu qui m’a faite me dévore. Toute vie est une flamme qui se dévore elle-même et je contemple à présent ce grand brasier que toute l’eau des crues ne peut éteindre.


Permets-moi de rassembler les cendres de ma vie, de mouiller mes mains dans le fleuve des larmes pour lui donner un sens, une réponse au pourquoi éternel, d’un souffle lui donner corps et la rendre prête pour l’holocauste final.

Laisse ton cœur monter comme le fleuve à la saison des crues, laisse-le inonder de ses eaux les rives de l’oubli. Voila l’unique source du verbe. Un cœur saignant d’amour pour une terre aride.

Tu es la bien-aimée portée par les flots du déluge, portée jusqu’aux cieux déchirés de larmes, comme un flambeau.

O ma fleur de rédemption, chante la vie dans son  naufrage sublime, chante-là jusqu’à ce que nos voix se brisent sur les écueils de l’infini voyage.

          Dans la plaine fumante sous le bûcher du ciel. Je me souviens de toi, enfant, ce jour-là, le long du dieu fleuve, l'opulence de ce jour embrasé où s'immolait la terre, ces grands dattiers courbés comme des arcs, et ces bruits, ces grésillements sourds anéantis par la densité de l'air. L'air sec et pétrifié, caniculaire. Cette odeur forte, limoneuse.

          Tout commence là…



mercredi 21 septembre 2011

Hieros Gamos

Dragon de Marduk - fresque émaillée sur la porte d'Ishtar


Le Hieros Gamos ou mariage sacré est une tradition qui a traversé de nombreuses traditions mais dont les plus éclatantes traces nous reviennent sans doute des mythes issus de la Mésopotamie, mot dont l'étymologie grecque signifie pays entre deux fleuves (le Tigre et l'Euphrate dont on soupçonnait être deux des quatre fleuves de l'Eden).





Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras.
Le nom du premier est Pishôn; c'est celui qui entoure tout le pays de Havilah, où se trouve l'or.
L'or de ce pays est pur; on y trouve aussi le bdellium et la pierre d'onyx.
Le nom du second fleuve est Guihôn; c'est celui qui entoure tout le pays de Coush (Éthiopie ? Hindi Kush ?).
Le nom du troisième est Hiddèkel; c'est celui qui coule à l'orient d'Ashour (l'Assyrie, donc leTigre). Le quatrième fleuve, c'est l'Euphrate. (wikipedia)



Entre deux fleuves...symboliquement déjà cette terre est une évocation aux épousailles des eaux intérieures.
Vu de façon superficielle, ce rituel du mariage sacré pourrait évoquer d'éventuels rites de fertilité ou une recherche d'abondance matérielle (agricole et humaine). Depuis une bonne dizaine d'année, j'ai été attiré par l'étude de cette ancienne civilisation fondatrice de ce qui m'a en quelque sorte moi-même fondée: l'écriture, cette ancienne civilisation porteuse d'une richesse mythologique que les quelques millénaires qui nous en séparent n'ont pas altérée.

Précisions que le texte même de la genèse hébraïque possède de nombreuses corrélations avec la genèse mésopotamienne. Cela n'est guère étonnant vu le contexte historique et les déportations subies par le peuple hébreu lors des conquêtes des rois babyloniens (relatés dans la Bible et historiquement reconnus) du royaume de Judée.

Cependant on ne peut, comme le font certains historiens, limiter l'influence de cette mythologie à la situation d'exil et la nécessité d'adaptation. Il serait bien naïf de croire que l'élite judéenne, ramenée à Babylone, ne se soit inspirée de ces anciens rituels de la Hiérogamie seulement par souci d'intégration. Il est plus probable que ces rituels, cette connaissance dont les racines s'enfoncent aux fondations même de l'humanité (prenant leur source temporellement et ontologiquement au moment de la "chute"), porteurs d'un savoir essentiel, encore vivant à cet époque, ont laissé des traces profondes dans le fondement même des mythes judéo-chrétiens.



Je ne crois pas personnellement que le sens du Hieros Gamos se limite simplement à l'abondance des récoltes ou à la fertilité des femmes de la cité. Cette interprétation des spécialistes modernes n'est qu'une preuve de plus de l'incroyable fossé qui aujourd'hui nous sépare du Sacré, du numineux.

Voici ce que l'on trouve dans un mythe dédié à Enlil dieu du Souffle par excellence qui évoque fortement le Verbe biblique:

Touche-t-elle le ciel (Sa Parole): voici la crue,
Et d'en-haut se déverse une pluie abondante!
Touche-t-elle la terre: voici l'aisance,
Et d'en-bas les richesses débordent!
Ta Parole, ce sont les plantes! Ta Parole, c'est le grain!
Ta Parole, c'est la crue: la vie du pays tout entier!...

Dans les textes relatant les chants et les poèmes dédiés à la déesse Inanna-Ishtar lors du rituel du Hiéros Gamos, on peut déceler une véritable et profonde invocation aux épousailles intérieures entre le féminin et le masculin de l'Être. Dans certains textes, elle est appelée la toute-blanche ce qui nous renvoie immédiatement à la Vierge, symbolisant un féminin libéré de ses ténèbres, apte à "accueillir" le masculin.

Nous retrouvons cela dans la caste des prostituées sacrées  (nommées ainsi par les grecs dont Hérodote), la caste de ishtaritus, qui offraient leurs corps aux fidèles du temple mais n'en restaient pas moins vierges. J'ai écrit, il y a quelques années, un texte inspiré par cette quête de mon féminin, recherche qui me conduisit jusqu'aux rempart de la grande Babylone dont j'avais l'intuition secrète d'y découvrir quelque chose d'essentiel mais que je ne pouvais encore dire...

A l'arrière du temple, au cœur de petites chapelles, les Ishtaritu, prostituées sacrées, se donnaient aux passants en échange d’offrandes pour le temple. Tout homme déposant sa semence dans la chair consacrée d’une Ishtaritu devait être à son tour ensemencé par le divin. Le ventre de ces femmes, éternellement vierge, symbolisait la terre sainte, terre mère primordiale, que l’homme avait perdue dans les eaux souterraines de sa mémoire et qu’il devait labourer, fertiliser, abreuver de sa sueur et de son désir pour la reconquérir, tel Nabuchodonosor faisant surgir des pierres les jardins suspendus pour la princesse Amytis.

            Le don de l’Ishtaritu ne se réduisait pas au corps, à l’instar de ces prostituées profanes, hommes et femmes, qui vendaient leurs services dans les tavernes et aux abords de la ville.

            Le don de l’Ishtaritu exigeait de l’homme qu’il s’abandonne au divin dans sa totalité, corps et âme, qu’il se laisse ébranler jusque dans ses profondeurs, que tous les repères illusoires de ce monde se dissolvent dans ce retour à la terre originelle, pour qu’il embrasse son reflet et qu’au creux de ce corps sacré, dans le cri muet de l’orgasme, nish libi, ou "lever du cœur", il puisse accoucher de lui-même.

            Ishtar régnait sur l'amour comme sur la guerre car l’amour initié par Ishtar impliquait la mort de toutes les certitudes, l’effondrement de tous les remparts. Pour accéder à cet amour, il fallait mener un  combat acharné contre soi-même, contre la peur inspirée par la béance des femmes, accepter de s’y perdre, de plonger dans ses ténèbres. Cet amour-là ne pouvait naître qu’à travers la mort, non pas la mort stérile, fin de toute vie, réservée aux ignorants, mais la mort qui conduit à la mutation de l’être, à la germination de l’homme nouveau. La mort qui engendre la vie.

            Ishtar était sœur d’Ereshkigal, reine de la mort et des enfers, mais aussi sœur de Shamash, seigneur du soleil et de la lumière. Elle était la clé qui mène à l’un ou l’autre de ces aspects de l’être.

            "Ce qui est noir, je le fais blanc et je fais blanc ce qui est noir."
           
            Encore fallait-il être humble, tel Dumuzi le berger, pour  accepter de mourir en elle.

            Tel n’était pas le cas de la majorité des hommes. Tel n’était pas le cas du grand héros Gilgamesh, valeureux mais aveuglé par son orgueil, auquel Ishtar s’était pourtant offerte. Lui qui cherchait éperdument le secret d’immortalité, perdit à jamais la possibilité d’y accéder en refusant de partager la couche de la déesse. Comment un tel héros qui avait combattu avec tant de fougue Humbaba, le monstre gardien de la forêt de cèdres, avait-il pu craindre de mourir dans les bras d’une déesse?

Les textes anciens faisant mention du Hieros Gamos décrivent le processus qui conduit à cette unité synonyme de prospérité et d'abondance (d'ailleurs le jardin d'Eden, ou celui de Babylone, renvoie symboliquement à cette opulence vitale, ce foisonnement fertile d'un être qui s'est réunifié).

Ishtar choisit donc le berger Dumuzi ou Tammuz (tel qu'il est cité dans la Bible Ezechiel, VIII, 14) pour en faire son "époux":



Quand à moi, à ma vulve, à moi, tertre rebondi,
Moi, Jouvencelle, qui me labourera?
Ma vulve, ce terrain humide que je suis,
Moi, Reine, qui y mettra ses boeufs (de-labour)?...

Sitôt que du "giron" du roi l'eau (-du-coeur) eût jailli,
A ses côtés sortirent les plantes, à ses côté poussa le grain:
Steppe et vergers, près de lui, se chargèrent de luxuriance!

Tandis qu'en la Maison-de-vie (ou Arbre de Vie???...)*, dans le Palais royal,
Sa "femme" demeurait près de lui en liesse;
Qu'en la Maison-de-Vie, dans le Palais royal,
Inanna demeurait près de lui en liesse!









Source: Le mariage sacré de S.N. Kramer

 *Annotation personnelle


Pour connaitre l'origine des illustrations cliquez dessus.



mardi 20 septembre 2011

***






Quand je l'ai vu
Quand je l'ai vu
pour la première fois
j'avais les yeux fermés
je n'étais pas encore née
il y avait du soleil
derrière moi
plein la rue
mon coeur sur le seuil
attendait comme un chien


Quand je l'ai vu
je n'ai rien vu
j'étais comme l'enfant
en train de naître
fermée comme un bourgeon


Il m'a tendu la main
et je l'ai attrapée
comme un enfant
qui ne sait pas nager


Il voyait
et je ne voyais rien
mon coeur attendait 
dans le soleil
sur le pas de la porte
mais il tenait ma main
bien serrée
sans pouvoir me la rendre
tout aveuglée
que j'étais
d'être si bien tenue
d'être si bien portée


et ses mots faisaient claquer leurs ailes
jusqu'aux plus hautes branches


Dans sa coupe
j'ai versé tout le vin
jusqu'à la lie


un vin noir
comme ses yeux
qui enivre
et me tient
comme sa main...






Illustration: Ensisheim, lieu-dit " Les Octrois " : sépulture 
néolithique en position repliée Néolithique ancien (Rubané)(© Fouilles et photo Ch. Jeunesse,
Service Régional de l'Archéologie d'Alsace)

dimanche 18 septembre 2011

Trialité


Au début du chemin (naissance corporelle), nous centrons notre existence à partir de ce que nous voyons, percevons de façon évidente par l'intermédiaire de nos sens communs.
Ce processus tout naturel est sans aucun doute le moyen pour l'être en devenir de s'adapter au monde dans lequel il débarque. La conscience s'attache à engranger le maximum d'informations sur ce qu'il perçoit de l'extérieur afin que l'être puisse se développer et parvenir à une certaine maîtrise du monde qui l'entoure, à s'auto-suffire. 

Notre vision du monde englobe alors tout ce que la mémoire enregistre durant les premières années.
Si tout ce que nous vivions restait au niveau de la conscience, elle serait vite saturée et ne remplirait plus sa fonction d'"éclaireur". Elle est en quelque sorte un faisceau que l'on dirige selon la direction que l'on veut prendre.

Or, ce dont la conscience n'a pas besoin, ce qui semble inutile à l'adaptation dans ce monde matériel, est refoulé dans les "sous-sols" de l'être. Ce "sous-sol" (que les philosophes puis les psy nomment l'inconscient) est situé de telle sorte qu'il ne puisse pas gêner le travail d'éclaireur de la conscience.
 Mais cette information doit bien aller quelque part puisque même reléguée dans ce sous-sol, elle reste quand même accessible... 

Cependant, plus l'être se développe, prend de l'assurance et s'habitue à ce monde, plus il oublie ce refouloir, anti-chambre de ses profondeurs,  bien pratique mais qui n'en reste pas moins réel. Plus il l'oublie et plus il se coupe d'une part de lui-même, ce dont il a du mal à se rendre compte puisqu'il s'est habitué à cette idée qu'il faut voir pour croire...
Ce lieu d'oubli, cet inconscient ne contient pas seulement les informations à recycler (parce que douloureuses ou incomprises par le mental). Il contient forcément TOUT ce qui n'est pas focalisé par la conscience depuis la naissance et sans doute bien avant. Donc il contient aussi des informations qui ne sont jamais passées sous le faisceau conscient durant la vie corporelle. 

Cet inconscient semble donc être un contenant. Mais une fois vidé de son contenu, qu'est-il?

On peut dire que le spirituel n'est pas le plus essentiel à développer dans les premières années humaines. Il faut apprendre à tenir debout, se nourrir, communiquer...beaucoup de choses basées sur le simple fonctionnement du corps qui nous rendent dépendants de la matière, des parents physiologiques. Mais arrivée à maturité, le corps n'a plus besoin d'apprentissages ni de ses parents. C'est le psychisme qui prend alors le relais et doit arriver à se développer assez pour que l'être puisse créer des liens harmonieux avec son entourage, avec le monde en général. Les parents doivent être alors intériorisés...

C'est une seconde naissance à partir de laquelle l'être doit se positionner, trouver sa place unique au coeur de l'univers vivant. Il doit arriver à cerner ce qui fait de lui un être différent des autres donc irremplaçable, il doit accéder à son identité propre et se libérer de toutes les projections, les transferts qui lui ont caché son véritable moi.
Beaucoup d'êtres restent mort-nés à ce niveau du développement humain. Certains restent cantonnés au stade du développement corporel, ne centrant leur identité qu'à partir de ce corps sur lequel ils misent toute leur existence. Leur conscience ne perçoit que les apparences, les formes, les contours mais ne perce jamais plus loin.
D'autres encore nombreux, dépassant le stade corporel, ne parviennent pas à se détacher des fausses identités qu'ils ont accumulées au fil de projections plus ou moins conscientes. Ils se contentent d'être des reflets, des ersatz de leurs propres parents, ou de gens qui les ont marqués émotionnellement (négativement ou positivement puisqu'à ce stade il n'y a aucune conscience vrai du Bien et du Mal), sans jamais chercher ce qui fait d'eux l'Être unique. Ils restent prisonniers du cercle sans fin, de la répétition. Leur conscience ne focalisant que sur ce qu'il croient être, ce qui selon eux fonde toute leur identité.
L'être est comme une balle dans un jeu de tennis de table. Il ne cesse de rebondir d'une idée à l'autre, d'un reflet à l'autre, sans se trouver lui-même. C'est ce qu'on appelle la dualité. 
A ce niveau, l'être est un inconnu pour lui-même donc pour autrui; il n'est que réactivité dans l'impossible d'agir en toute conscience. Il est téléguidé par les idées qu'il a lu, la morale qu'on lui a appris, les comportements qu'il a mémorisé et bien d'autres choses encore. Il flotte à la surface du monde comme un bouchon ballotté par le courant.

Si le développement du stade psychique est dépassé, même à moindre niveau, survient dans la vie de l'être humain un nouveau potentiel à développer, une nouvelle naissance: le niveau spirituel. L'être n'a alors plus besoin de références  pour se situer ou pour situer l'autre. Il se connait. Sa conscience le contient à 360° et ne focalise plus seulement sur une toute petite partie de l'existence. Sa perception ne se cantonne plus à celle du corps mais à de nouveaux sens qui semblent se développer au fur et à mesure qu'il découvre ce niveau. Il accèdent à une réalité qui ne se limite plus aux trois dimensions de la matière. 
Ce niveau contient comme les précédents des étapes  franchir. L'Être expérimente alors la non-dualité, ce sentiment d'unité totale avec tout ce qui est,  mais il doit prendre garde à ne pas en faire un nouveau dogme et de rester bloqué à cette seule étape. La dualité puis la non-dualité sont des étapes nécessaires pour accéder à la trialité qui est paradoxalement une unité (Trinité). La conscience est maîtrisée, c'est à dire qu'elle peut passer du 360° au 1° instantanément, focaliser lorsque nécessaire et pouvoir revenir à la totalité. La morale ne vient plus de l'extérieur mais devient une expression toute naturelle du Centre ou du Soi. Les choses (extérieures et intérieures puisqu'à ce stade les deux sont un) se mettent en place d'elles-même contribuant au développement de l'être vers...l'inconnu. 

Nul ne sait ce qu'il y a au-delà. Peut-être d'autres naissances encore, peut-être ce que l'on nomme Dieu, Nirvana, l'Aïn Soph de l'arbre des Sephiroth...


Pour exprimer ces trois naissances, je me suis inspirés d'un schéma de Thomas Harding trouvé dans la revue 3ème Millénaire n°83:




Le schéma que j'ai dessiné au début de l'article est non exhaustif est peut être complété. Il est l'expression de ma compréhension actuelle qui peut illustrer plus clairement ce que j'entends par "masculin" et "féminin". 
La relecture de mon article guérir le mâle peut être éventuellement éclairé par ce schéma. La conscience (masculin) n'est-elle pas ce qui permet de mettre en lumière l'inconscient (féminin) ce qui est caché? Cette conscience qui en s'abandonnant s'ouvre, se déploie, se relie à ce qui remonte naturellement de sa part cachée et parvient à délivrer des potentiels en soi insoupçonnés. Le masculin et le féminin s'interpénètrent mais parfois la conscience en se focalisant sur l'extérieur l'occulte. Dès que la conscience se retourne vers l'intériorité, l'être s'enrichit alors de ce qui lui manquait: sa moitié en quelque sorte...

Le mot "trialité" m'est venu instinctivement en méditant sur le symbole de la madorle donc n'y cherchez aucune référence à quoique ce soit d'autre.

Le travail de lecture des rêves nocturnes n'est-il pas une mise en conscience de ce que l'inconscient tente de révéler? Il y a, chez l'être qui a entrepris cette dialectique entre conscience et inconscient, une Reliance qui peu à peu s’effectue d'elle-même et permet de Vivre cette unité retrouvée.



I'm trav'lin' light
Because my man has gone
And from now on
I'm trav'lin' light

He said goodbye
And took my heart away
So from today
I'm trav'lin' light

No one to see
I'm free as the breeze
No one but me
And my memories

Some lucky night
He may come back again
But until then
I'm trav'lin' light

{instrumental break}

No one to see
I'm free as the breeze
No one but me
And my memories

Some lucky night
He may come back again
But until then
I'm trav'lin' light

I'm trav'lin' light

I'm trav'lin' light

I'm trav'lin' light

jeudi 15 septembre 2011

La valse "minute" (lecture)





Faire la lecture d'un rêve c'est un comme trouver le mot d'amour d'un inconnu plié dans sa poche. Un être aimé qui nous écrit et dont on aurait oublié jusqu'à l'existence...


Mais "faire" est un verbe à nuancer. Il s'agit véritablement d'une "dialectique", d'une reliance entre deux aspects de soi, le dialogue entre des parties que l'on pourrait croire inconciliables...Ce serait alors "faire" dans un sens alchimique, un peu comme en cuisine... un brin de volonté, un brin d'inattendu et surtout l'élément indispensable: le temps (pour arriver à maturation ou bonne cuisson... donc patience et longueur de temps...). Il y a la "touche" du cuisinier allié au côté imprévisible du résultat final. Le tout étant très excitant... (plus j'avance dans ma quête, mieux je cuisine...Est-ce forcément lié? ;) )

Dans ce rêve de la valse minute de Chopin ( ou Chaud-pain...un jeu de mot facile que j'ai déjà vu comme enseigne de boulangerie! Pour rester dans le domaine des fourneaux...), il y a une notion incontournable de temps. La valse-minute me fait penser à ces enseignes de magasins qui vous promettent un service optimum en un temps minimum (symbolisé par LA minute). Mais là il ne s'agit pas de "service" mais de valse, c'est à dire quelque chose normalement lié au plaisir, au partage (ça se danse à deux...en général),  et à l'amusement.

Ce thème de l'amusement est encore souligné par le premier lieu: un parc.
Le parc est par excellence le lieu de loisir, lié évidemment à l'enfance, thème du jeu appuyé par la musique puisqu'on dit textuellement: "jouer" du piano.

Je voudrais faire à ce sujet une petite réflexion. L'expression de "jouer du piano" est relative au plaisir évident que l'on prend à jouer un morceau. Mais ce "jeu" passe d'abord par un long travail. Je le sais pour avoir pratiqué la musique pendant une dizaine d'année depuis l'âge de huit ans.
L'enfant par nature aime jouer mais je me souviens aussi de l'aspect rébarbatif, contraignant, qu'il y a avait à "travailler" son piano, faire ses gammes interminables, apprendre les subtilités du solfèges, la lecture des notes, des nuances et le respect du rythme appris à coup de métronome.
Il est vrai que le résultat est jouissif mais il y a un "travail" indispensable inhérent à ce plaisir qu'il ne faut pas nier sous peine de perdre la base même de ce plaisir (en jouant de travers ou en faisant des fausses notes).

Inutile de préciser qu'il y a une évocation de l'oreille. "Avoir de l'oreille" est indispendable en musique car cela nous permet de savoir si nous jouons juste ou non. 
Avoir de l'oreille me renvoie à la notion de vigilance et à pouvoir entendre tout enseignement spirituel. Avoir aussi assez d'oreille pour "entendre" le message du rêve, être attentive à la petite voix de l'inconscient (si petite et pourtant expression de quelque chose de si vaste...humilité donc).

Et "avoir de l'oreille" demande certes un minimum de compétence naturelle mais une grande, très grande part de travail comme c'est le cas pour tous les arts. La poésie, la peinture, le théâtre par exemple ne demande pas seulement du talent. Le talent n'est qu'un "coup de pouce" mais l'important est de s'y a-donner...

Dans ce rêve de la valse minute, il y a donc cette notion de plaisir, de loisir (lié à la création artistique donc à l'expression d'une part inconnue-inconsciente de soi), inextricablement lié avec la notion de travail.
Et je dois avouer qu'il s'agit d'un questionnement actuel auquel le Rêve semble répondre spontanément.

Le second commentaire d'Amezeg m'a titillé l'"oreille" (!) car au sujet de cette éducation castratrice représentée par le personnage de la maîtresse qui dit "chut!", le piano est pour moi chargé de sens. Je peux même dire que ces deux phrases m'ont percées le coeur par la vérité qu'elles expriment:


J'étais enfant douée en dessin; c'est à dire que sans jamais avoir appris, je savais dessiner assez facilement ce qui se présentait à mon esprit (alors que je n'avais aucun goût de "copier" ou dessiner ce que je voyais extérieurement). Ma tante Annie (voir un de mes commentaires de Anne ma soeur Anne...) ramenait pour moi chaque jour de son "travail" des carnets que je remplissais fiévreusement de mes gribouillages, représentation de mes fantasmes de petite fille (je dois souligner que je dessinais presque exclusivement des personnages féminins et que les personnages masculins avaient plutôt un rôle de figurant...:D je sens venir les commentaires...). Quel bonheur d'aller dans le placard de mes grand-parents, prendre un nouveau carnet, rempli de pages blanches en attente de nouvelles images...!

Or, ma mère est une artiste-peintre par vocation. Mais elle avait, à ma naissance (ce qu'elle n'a eu de cesse de me répéter), mis cette activité en parenthèse afin de m'élever, ce que j'entendais comme un mensonge de sa part car son père (en parlant d'éducation castratrice), n'a jamais voulu qu'elle fasse de cette activité artistique un métier et lui a imposé, avec l'argument imparable de la raison, de faire un travail plus stable et plus sûr (fonctionnaire!). Donc le problème ne venait certainement pas de moi mais plutôt de sa relation au père, restée immergée dans l'ombre, puisque jusqu'à aujourd'hui, elle n'est pas allé au bout de sa rage de ne pas avoir pu se réaliser (son idéalisation de son papa le lui interdisant...).

Il y a donc un noeud à la base. Noeud bien sûr qu'en tant qu'enfant je personnifiais concrètement avec mon don en dessin. Les enfants nous mettent toujours face à nos limites, révélateurs de nos manques, de nos blessures les plus secrètes (même de nous-même). Ma mère, ne pouvant faire porter la responsabilité de sa non-réalisation ni sur son père, ni sur elle-même, la projeta (inconsciemment bien sûr) sur moi. Et je sentis très tôt une forme de jalousie, de concurrence entre elle et moi, accentuée sans doute par la relation très forte entre mon grand-père et moi. 

Lorsqu'il fut question d'apprendre à jouer d'un instrument, je choisis le violon (instrument à cordes apparentes symbolisant sans doutes mon désir de créer un lien alors que les cordes du piano sont toutes "intérieures"...). Mais ma mère ayant toujours voulu jouer du piano, m'imposa son choix. Et cette discordance entre nous se révéla par la personnalité "castratrice" de mon premier professeur de piano, une femme, qui semblait vouloir m'inculquer la musique par les larmes plutôt que par le plaisir indispensable à toute pratique artistique.
Aujourd'hui avec le recul et l'âge adulte, je ne m'imagine pas imposer à mes propres filles un tel enfer juste pour leur apprendre un instrument...au risque de leur inculquer le désamour définitif de la musique.

Dans le rêve de cette valse minute, je ne peux qu'entendre cette frustration et cette urgence (car exprimer ce flot continuel en moi est vital et je sens bien qu'à défaut j'en mourrais certainement) de petite fille de devoir toujours pratiquer ce que j'aime, ce qui m’épanouis en cachette, de façon secrète et solitaire...Et cette petite fille qui hurle en moi se révèle aujourd'hui dans le peu de temps que j'accorde dans mes journées bien chargées à faire ce que j'aime, ce qui m'épanouis... 
Comparé à tout ce temps que je donne de façon excessive (je le sens bien) comme une hémorragie à des choses que je m'impose comme un devoir, des choses qui étrangement ont avoir avec le travail, la tâche rébarbative et obligatoire que tous les hommes de ma vie (grand-pères, pères, compagnons) se sont imposés avec une violence inouïe, occultant de ce fait leur féminin intérieur, n'évaluant leur valeur masculine qu'à cette négation d'eux-même... Leur valeur ne se mesurant qu'au sacrifice d'une grande partie d'eux-même. 


Sacrifice qui fait des femmes de la famille des "endettées" par nature. Ce féminin extérieur coupable  d'être les représentantes bien en "chair" d'une intériorité totalement niée, voire tournées en ridicule ou jugée "pathétiques" dès qu'elles osent aborder la question. 


Toute personne ressentant un appel intérieur ou osant même évoquer ce sujet se verra chargé d'un poids assez lourd de quelques générations de sacrifié(e)s, d'où peut-être ce "chhhhut!" soufflé rageusement par cette maîtresse femme un peu "masculinisée" sur les bords...


La notion de sacrifice est en vérité une notion de "don" mal équilibré. Le travail est essentiel et bénéfique pour l'être humain; il est un don que nous faisons à la communauté à laquelle nous appartenons. Mais pour être un don valorisant et nourricier, propice à l'évolution du tout (les autres et moi), il doit s'effectuer dans l'amour et la mesure. 


Le sacrifice en apparence semble être un don en excès mais c'est tout le contraire. Il est une façon déguisée d'être constamment en "demande". Je me sacrifie pour toi, ce qui équivaut à te mettre constamment en "dette" envers moi! (voir le rêve des yeux bleus au sujet de la dette: Berne-à-dette...)


Je remarque aussi le fait que l'enfant qui joue au piano se trouve sur une pente. Etre sur la "mauvaise pente"...la pente symbolise sans doute un équilibre fragile, ou quelque chose qui manque de stabilité. Qui risque de glisser à tout instant...

Je laisse un temps reposer ce message en moi car il remue beaucoup de choses (je répondrais  à vos précieux commentaires ultérieurement car me voila prise dans la valse à minute! :) ). A suivre...





Illustration: Photo de moi...à trois ans.