La tradition raconte qu'au milieu de l'âme, écrit Erri de Luca, il y a un oiseau,tsipor hanéfèch, une hirondelle à l'écoute. Personne ne l'a jamais vue, ni vous, ni l'âme, personne n'a jamais vu non plus sa propre respiration, sauf en hiver, quand elle fume dans l'air à cause du gel. (...) Mais vous avez raison de demander comment vit cet oiseau dans l'âme et à quelle occasion nous le rencontrons.
C'est simple!
Quand brusquement on sent au centre de soi la présence d'une personne disparue, qu'on plisse les yeux, et qu'on serre le poing pour la retenir encore un moment, on s'aperçoit qu'on admet l'existence de l'âme, qu'on accueille comme une aventure toujours possible à tenter.
Il convient alors, peut-être plus tard dans la nuit quand tout autour le calme se fait, de prêter l'oreille à l'hirondelle de l'âme qui est en nous, profondément enfouie dans notre corps.
Mystère de la kabbale de Marc-Alain Ouaknin
La parole se trouve chez les oiseaux du ciel. (Zohar I, 183 b)








