Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Poésie. Afficher tous les articles

dimanche 12 août 2012


Je suis
le voyageur immobile

samedi 11 août 2012



Magnifique et vrai
Comment l'un pourrait être sans l'autre
les deux rives
d'un même fleuve

jeudi 9 août 2012

L'arbre

Source
























Je suis la force
verticale
ma main racine
tient la terre 
dans son poing

Ecoute

pourtant

mon coeur
est plus léger
qu'un frisson
dans les feuillages.

et tous les oiseaux du ciel
chantent 
à travers ma voix.

lundi 9 juillet 2012

Agnus Dei





Étymologie de "Holocauste":


Terme hébreux 'Olah qui apparaît souvent sous la forme du féminin du participe présent 'Alah qui signifie "monter"... (source René Dussaud)




Je suis l'agneau
sur l'autel de ma vie.


L’épreuve
est une invitation
au sacrifice
de ce qui n'est pas.

Quelle est cette part animale
en moi
qui doit être immolée.


Jeter au feu
ce que je ne suis pas.


A chaque instant,
une offrande.

Devenir ainsi
assez léger
pour...monter.


Devenir SOI.








dimanche 8 juillet 2012

Holocauste



Shin




























Je brûle tout
Le temps
Toujours
Perdu
Une vie
Et son cortège
De morts
De mots
De mers
Sans retour
Tous les Livres
Toutes les Larmes
Le cercle du jour et de la nuit
Les barreaux
De ma cage
Le souffle
Qui me porte
Cette peau
Cette chair
Insoumise
Corrompue
De désir
De vers
De pensées
Que crépitent
Les flammes
Sur ce que j’ai de plus cher
Qu’elles dévorent
Mon sang
Ma voix
Le craquement sourd
De mes os
Quand le matin m’arrache
Au rêve
Tournoyant
Holocauste
Etoiles folles
Silence
Fumée
L’ennui
Le beau
Le vrai
Le faux
Tout est  feu
Tout est flamme
Dansante
Je ne veux plus de cendres
Le piège de renaitre
Incessamment
Comme un oiseau
Cloué
Au ciel
Au bûcher
Je ne veux plus
Bruler
Tout
Même le bon
Surtout le bon
Même les chairs d’enfant
Les poèmes sanglants
Qui font du bois vivant
Pour l’incendie

Je suis feu
Et ceux qui me voient
Bruleront avec moi
Eux qui se croient libres

lundi 28 mai 2012

Les trois matrices et la Pentecôte

Fresque du monastère orthodoxe de Kykko


...Si nous nous penchons sur un mythe, le mythe biblique de Noé par exemple, il nous donne à voir que l'humanité, le collectif en situation d'exil, se débat et se noie dans ce que symbolise le Déluge - inconscience, violences, destructions, tragédies..., qui stérilisent la Semence et mènent l'Homme à la mort.

Au coeur de ce drame, le patriarche Noé, homme juste, entend la voix divine et s'extrait du Déluge, que nous verrons être pour lui "matrice d'eau" et non plus tombeau, afin de construire son "arche", la Tébah en hébreu; proche du nom de Thèbes, ville sainte chez les Grecs, la Tébah est le nouvel espace intérieur du patriarche, qui sera pour lui "matrice de feu"; en elle il s'accomplira et deviendra le fruit promis de sa Semence, le fruit de l'Arbre de la Connaissance. 

Ce fruit, symbolisé en ce mythe par celui de la vigne, fait de Noé un homme ivre et nu: ivresse, jubilation de la connaissance acquise par le travail accompli dans l'arche; et nudité, dépouillement des savoirs que le monde lui a fait revêtir.

Il s'avance alors vers sa "tente", 'Ohel en hébreu, où il rencontrera son 'Elohim - sans doute symbolise-t-elle une ultime matrice, celle du crâne. 

La dynamique de croissance de la Semence implique la présence de ces trois matrices en notre corps...

A.de Souzenelle - Le baiser de Dieu




Source




Dans la bouche, la langue image de l'Epée, symbolise l'Oeuvre au Rouge. Dans la tradition chrétienne, ce sont des langues de feu descendant du Ciel le jour de Pentecôte, qui embrasent les apôtres et les amènent à cette expérience.
Qu'il s'agisse de ces langues de feu, ou du char de feu qui va arracher Elie de terre, ou de l'ivresse spirituelle de Noé, l'Oeuvre au Rouge est vécu dans le feu, non plus destructeur, mais libérateur, dont le couleur rouge est le symbole.


La Pentecôte (50 jour) - NDR: le même nombre que la lettre noun citée dans les articles précédents - chrétienne ou "Pâque rouge" se greffe sur la fête juive de Shavouoth (7 semaines=49 jours) ou "Fête des moissons". Les blés et les orges ont alors mûri et donnent leurs fruits. Ils sont symboles du fruit de l'Homme, le Verbe.


A.de Souzenelle- le symbolisme du corps humain










Il est dans l'Univers rien que je ne connaisse.
Je vois même le fond de plus d'une prouesse.
Eh bien, puissé-je, ami, perdre tout mon savoir
Si je sais un état au-dessus de l'ivresse!


Omar Khayyâm - L'amour, le désir et le vin

























vendredi 18 mai 2012

Peau de lumière



La peau de lumière vêtant ce monde est sans
épaisseur



 et moi je vois la nuit profonde 
de tous les corps identique 
sous le voile varié 
et la lumière de moi-même 


c'est cette nuit que même le masque
solaire ne peut plus me cacher. 



Je suis le voyant de la nuit 


l'auditeur du silence 


car le silence aussi s'habille d'une peau sonore 


et chaque sens a sa nuit

comme moi-même

je suis ma nuit 
je suis le penseur du non-être 


et sa splendeur 


je suis le père de la mort.

Elle en est la mère 



elle que j'évoque du parfait miroir de la nuit 


je suis l'homme à l'envers

ma parole est un trou dans le silence. 



Je connais la désillusion 
je détruis ce que je deviens
je tue ce que j'aime.



René Daumal - Poésie blanche poésie noire (1924)



mercredi 28 mars 2012

V




V pour te montrer
Vers où aller
V pour Vivre
V pour voler
V
V
V
V
Battement d'aile
V relie
V
V
V
Haut/Bas



Vav
Enfonce le clou
Enfonce toi
Vis
Vibre
Viens
Verdoie
V
V
V
V est la croix
V
V
V
 6
9 inversé
L'arbre aux racines célestes
Royaume florissant

Vav 
Silence
Vivant
Spirale
Foetus
Oreille
Ecoute
Vav


Calice


Le vav  arabe hébreu,et phénicien (dans l'ordre respectif des illustrations) employé seul est une conjonction de coordination. En français il se traduit par "et". Il se prononce "ou" (qui donne à la bouche cette forme propice au baiser...). Il est employé pour relier les mots entre eux. Il est aussi la lettre qui relie les deux Hé du tétragramme divin (Yod Hé Vav Hé).







mardi 27 mars 2012

Vis!


  Abandonné à vivre
naître
    et n'être plus

venir au monde
voilà l'épreuve
   
 tu  as perdu
    le souvenir du cri
    d'être tombé si bas


    si petit
    si nu


    comme un oiseau
    tombé du nid


    Abandonné
    confus
    non-achevé
    non-accompli

    chute libre
dans cette chair étroite


ventre-spirale


te voila descendu
si bas
qu'il te faudra bâtir
un mensonge d'état
pour rester digne

je suis ceci
je suis cela

tu oublieras ce cri
quelque part
dans ton corps
verrouillé par un souffle
hésitant

Jouir de l'abandon
Rire du connaître
naître neuf
naître avec


Vis!
dit le corps
Va au bout du petit!

Prends racine!



Le V de Vis te montre la direction à suivre...





jeudi 15 mars 2012

Les oiseaux de l'âme





La tradition raconte qu'au milieu de l'âme, écrit Erri de Luca, il y a un oiseau,tsipor hanéfèch, une hirondelle à l'écoute. Personne ne l'a jamais vue, ni vous, ni l'âme, personne n'a jamais vu non plus sa propre respiration, sauf en hiver, quand elle fume dans l'air à cause du gel. (...) Mais vous avez raison de demander comment vit cet oiseau dans l'âme et à quelle occasion nous le rencontrons.


C'est simple!


Quand brusquement on sent au centre de soi la présence d'une personne disparue, qu'on plisse les yeux, et qu'on serre le poing pour la retenir encore un moment, on s'aperçoit qu'on admet l'existence de l'âme, qu'on accueille comme une aventure toujours possible à tenter.


Il convient alors, peut-être plus tard dans la nuit quand tout autour le calme se fait, de prêter l'oreille à l'hirondelle de l'âme qui est en nous, profondément enfouie dans notre corps.


 Mystère de la kabbale de Marc-Alain Ouaknin  







La parole se trouve chez les oiseaux du ciel.  (Zohar I, 183 b)


dimanche 11 mars 2012

Arbre de vie






































Je pousse vers la chair
Plus loin dans le secret

Un arbre fou

Qui fleurit dans la terre
printemps
vêtu d'hiver

Mes racines nourries d'étoiles
Mes sarments de poussière

Je fais l'arbre-droit
à l'envers
marchant sur la tête
brume d'oiseaux

Je suis le reflet
inversé
d'un amandier
perdu

Je suis
le royaume enneigé
des parfums
encore bourgeon

Par mon coeur
le monde inspire
Par mes os
il brûle
Par ma sève
il expire

Je suis l'Arbre
aux quatre fleuves
au centre
du Jardin




lundi 27 février 2012

Calice

Dame à la Licorne






























Il est temps de revenir au Poème
Revenir au jardin
du Palais

Sous l'oranger
frémissant
d'oiseaux

Je l'entends
Il revient
Mon Bien-aimé revient

Les pas de son cheval
Battant la poussière
dans mes veines
Ardentes


Pour Lui
L'attente est un calice
Sous l'oranger en fleur
Tout est promesse de Lui

La chambre est fleurie
Mes cheveux tressés
Les coupes sont remplies

J'ai vidé le Palais
Pour Lui
Je n'ai gardé
que les serviteurs
fidèles




Ecouter les anges aux racines du ciel






samedi 7 janvier 2012

Epiphanie



Doucement,

une lueur nouvelle fissure
les ténèbres.

Après avoir touché
le fond noir de l'hiver
nous voilà cheminant
vers un nouveau printemps.

Intime

Infime

Un bourgeon neuf

Germe au secret de la nuit

Aux antipodes des feux
ostentatoires
des cités
dont les lueurs mercantiles
éclipsent les étoiles
égarant le troupeau
ébloui.

Que nos coeurs fleurissent
à l'unisson
pour ce nouvel an
et que survienne
enfin
l'Aurore...


J'ai hésité à reprendre le fil de ce blog, me demandant quelle était ma réelle motivation. Cette période de retrait m'a permis de découvrir qu'au-delà du plaisir certain du partage, d'être lue de vous, et de vous lire, ce moment de la journée (ou de la nuit ;) ) où je me pose pour écrire, recueillir des textes qui m'ont touchés, peut être considéré comme une véritable prière. Un moment privilégié en retrait des tâches quotidiennes durant lequel je prends le temps d'écouter le silence.
L'écriture me permet de faire le tri, de séparer le bon grain de l'ivraie, d'aller à l'essentiel de ce que m'enseignent mes journées.

Ces dernières semaines ont été un véritable plongeon dans ma nuit intérieure suivant le cycle de la nature et du Tao... Froideur, obscurité et léthargie. A tel point que cette nuit j'ai fait un rêve significatif annonciateur de la fin d'un cycle et des leçons que j'ai pu en tirer (ou pas... ;) ).

Cette mort inhérente à l'hiver n'est pas une invitation à se réfugier dans les lumières toutes extérieures des fêtes de fin d'année mais au contraire, loin du tulmute, à descendre dans ses propres profondeurs, dans son obscurité afin d'y trouver la véritable lumière.

La source du printemps ne se dévoile pas en surface mais bien au coeur de la terre gelée, parfois sous un épais manteau de neige.

Plus le germe est profond, plus la sève remonte avec force pour une plus belle floraison.
La seule chose à faire sans doute est de se "laisser descendre", laisser les choses prendre le tour qu'elles souhaitent, sans forcer, sans craindre la souffrance. Balayer les dernières feuilles mortes, de vieilles croyances, des relations étouffantes, un attachement pervers aux pensées parasites. Laisser les flocons recouvrir toute trace d'un passé sans retour.

L'hiver incite au repos, c'est à dire au vide, seul propice à faire naître la paix et paradoxalement à un intense travail sous-terrain de lâcher-prise. La nuit, très présente durant cette saison, permet symboliquement aussi d'aiguiser sa vue, d'affûter sa vigilance pour accéder à une clairvoyance souveraine en ces temps de confusion.

C'est un chemin inévitable, une boucle à boucler...

Je vous souhaite à tous et toutes, bien-aimés passants, de trouver au seuil du renouveau votre lumière intérieure seule apte à réchauffer le monde et l'éclairer vraiment.

Bien à vous,

Nout

samedi 10 décembre 2011

Désir




Celui qui est charnel l'est jusque dans les oeuvres de l'esprit, celui qui est spirituel l'est jusque dans les oeuvres de la chair.

Saint-Augustin

Je suis
la main de l'amant
l'eau que tu bois
le sol
qui porte tes pas

Ne vois-tu pas les ciels toujours uniques
que je déploie pour toi
pour libérer tes yeux
de ces murs qui t'entravent

Je suis
la réponse sans voix
à tes prières
la réponse qui les précède
et celle qui mûrit avec toi

Il y a un moment
où les larmes sont
la seule réponse
au désir

vendredi 25 novembre 2011

Floraison


Les coeurs fermés sont légion

Peu importe

Ce n'est qu'une question
de floraison tardive...


Illustration: Je n'ai pas trouvé l'auteur de cette estampe mais cliquez dessus pour un peu de poésie...

jeudi 10 novembre 2011

Le chemin des nuages




Peu importe 
le gris du basalte
les vapeurs souillées

l'horizon hérissé
de cathédrales mortes
et de grues
vacillantes

Vois-tu
le chemin des nuages

 et l'ange 
aux ailes ouvertes
coiffé d'un grand soleil

la grâce s'invite
chez celui qui sait voir




vendredi 21 octobre 2011

Instantané





J'habiterai tes yeux
comme on trouve un abri après l'exil


il se peut que ma vie
ne tienne qu'à un cil


***


c'est avec des os
qu'on fait la poésie
et non des mots


d'ailleurs on ne fait rien


la coquille n'est pas le fruit


la poésie vient si elle veut
comme la Vie


***


sous ma peau
du feu du sang
des os ardents


***


je vais dormir
mais aucun rêve
ne me détournera
du jour qui vient


***


la joie est un secret
qui ne se transmet pas
elle est la moelle
les ossements du monde
la nuit déracinée
qui bourgeonne pourtant


la joie n'est à personne
mais elle se donne à tous
femme ivre
que je suis


fille de joie


je vis
flambeau vacillant
à éclairer la nuit
au prix de ma brûlure


***


tu es l'absence
qui remplit ma vie













jeudi 29 septembre 2011

S'accumuler...



S'accumuler comme un tonnerre
à sa limite -
Puis s'écrouler - grandiose
alors que la création se cache -
Voilà qui serait - Poésie -

Ou amour - ils ont le même âge -
On les éprouve - Sans les prouver.
On les vit - Ils vous consument -
car à la vue de Dieu nul ne survit.

E.D.



Rêve de cette nuit:

Nous marchons sur un chemin désert, sans âme qui vive. En contre-bas, sur les pentes qui descendent vers la mer, des chèvres sauvages paissent. Elles ont de grandes cornes femelles et mâles. Elles ont un air inconnu, effrayant. Je ne les reconnais pas.

Nous arrivons devant l'antre d'un homme cruel, un tueur. Il possède un véhicule très performant, très beau et d'un rouge flamboyant. Il me met au défi. Si je parviens à fabriquer le même véhicule que lui, il me libère (je sais qu'il ment).

L'atelier est un immense gouffre rempli de machines infernales, de rouages à diriger avec des manettes compliquées. L'homme "rouge" me demande de trouver un capot (croyant que je n'y parviendrais pas). 

Et je m'exécute. Je commence à élaborer le même véhicule que le sien mais je sais que je dois ruser. Qu'il ne me libérera jamais. Il fulmine de me voir y arriver.
Il se penche au-dessus du gouffre pour voir mon oeuvre et là avec la manette que j'ai arraché, je le transperce sur le côté droit.

Je me précipite dans sa voiture rutilante et je démarre en trombe de peur qu'il ne me rattrape.

Image du film: Insidious (insidieux...)




Pale de Within Temptation (traduction)

Le monde semble différent
Même si je sais que rien n'a changé
C'est juste mon état d'esprit
Je ne peux laisser tout derrière
Je dois me relever pour être plus forte

Je dois essayer de me libérer
De ses pensées dans ma tête
Utiliser le temps que j'ai
Je ne peux pas dire adieu
Je dois bien le faire
Je dois me battre car je sais
Qu'au bout du compte, ça en vaut la peine
Que la douleur au fond de moi disparaitra doucement
Tout ira bien

Je sais et je dois prendre conscience
Que le temps est précieux et en vaut la peine
Quoique je ressente en moi
Je dois croire que ça ira mieux
Je dois me relever pour être plus forte

Je dois essayer de me libérer
De ses pensées dans ma tête
Utiliser le temps que j'ai
Je ne peux pas dire adieu
Je dois bien le faire
Je dois me battre car je sais
Qu'au bout du compte, ça en vaut la peine
Que la douleur au fond de moi disparaitra doucement
Tout ira bien

Oh cette nuit est trop longue
Je n'ai pas la force de continuer
Plus de douleur, je m'en vais, flottante
A travers le brouillard je vois le visage
D'un ange qui appelle mon nom
Et je me rappelle que c'est pour toi que je dois rester

Je dois essayer de me libérer
De ses pensées dans ma tête
Utiliser le temps que j'ai
Je ne peux pas dire adieu
Je dois bien le faire
Je dois me battre car je sais
Qu'au bout du compte, ça en vaut la peine
Que la douleur au fond de moi disparaitra doucement
Tout ira bien


Illustration: Annie Louisa Swynnerton, The sens of sight, 1844 - 1933


vendredi 23 septembre 2011

Ces mots-dits...






Le verbe est un récif
Où je me suis brisée
Maintes fois
Je ne me souviens plus
Mais la brisure est là




Cette peau dévêtue
Ce manteau de chagrin
Comme une nuit
Usée qu’on referme au matin


Après avoir mordu
Le fruit amer
D’un amour sans écho


Ces mots germés


Au terreau des silences
Aux ruisseaux de nos larmes
Au soleil de nos croix




Ces mots


Dont le feuillage
Abrite des oiseaux
Aux ramures du songe
Et qui prennent racine
Au marbre des tombeaux




Tous ces mots


Hémophiles


Qui font serrer les dents
Et nous laissent sans voix




 Tu es si près de moi
         si près
   pourquoi parler
 alors qu'il me suffit
      de rentrer 

        en moi

   pour te trouver

           ?
           .
           .
           .
           .
           .

jeudi 22 septembre 2011

Ma voix



            Ma voix comme le grain divin semé sur ton cœur fraîchement labouré par la houe d’Enlil, seigneur du vent. Ma voix, semence verbe, dans ce giron virginal que tu m’offres, fille d’argile.

           Je t’appelle de si loin, mon cri porté au fond de toi  par le souffle des origines, faisant jaillir en toi les ramures  de l’arbre céleste. L’arbre inversé nourri du soleil de tes entrailles, dont les racines en  fleur parfument ton esprit.

          Tu es l’eau pétrie de feu.
          Tu es l'Isha


     Toi, couronnée de remparts, répandant tes voiles verdoyants jusqu’aux plaines infinies de ton lit. Lit d’argent, d’où s’écoulait  la liqueur de ta jouissance en mille canaux dans les replis de la terre, dans les royaumes de l’Apsû terrassé, devenu l’abîme des grandes eaux primordiales.

          Toi dont le visage est un horizon tremblant cerné d’azur.

Tu m’as nourrie de ta brûlure. Tu m’as meurtrie de ta fièvre. Je porte en moi ta splendeur comme une cicatrice.

Je suis fille du feu. Mais ce feu qui m’a faite me dévore. Toute vie est une flamme qui se dévore elle-même et je contemple à présent ce grand brasier que toute l’eau des crues ne peut éteindre.


Permets-moi de rassembler les cendres de ma vie, de mouiller mes mains dans le fleuve des larmes pour lui donner un sens, une réponse au pourquoi éternel, d’un souffle lui donner corps et la rendre prête pour l’holocauste final.

Laisse ton cœur monter comme le fleuve à la saison des crues, laisse-le inonder de ses eaux les rives de l’oubli. Voila l’unique source du verbe. Un cœur saignant d’amour pour une terre aride.

Tu es la bien-aimée portée par les flots du déluge, portée jusqu’aux cieux déchirés de larmes, comme un flambeau.

O ma fleur de rédemption, chante la vie dans son  naufrage sublime, chante-là jusqu’à ce que nos voix se brisent sur les écueils de l’infini voyage.

          Dans la plaine fumante sous le bûcher du ciel. Je me souviens de toi, enfant, ce jour-là, le long du dieu fleuve, l'opulence de ce jour embrasé où s'immolait la terre, ces grands dattiers courbés comme des arcs, et ces bruits, ces grésillements sourds anéantis par la densité de l'air. L'air sec et pétrifié, caniculaire. Cette odeur forte, limoneuse.

          Tout commence là…